Dossier : Les artisans du renouveau des Barea


Jacaranda

Baggio est devenu incontournable tant il est pétri de qualités.

Une quatrième victoire de rang pour ses quatre derniers matches internationaux. C’est une première pour le football malgache et cela mérite largement qu’on y revienne dans notre dossier hebdomadaire. Car c’est sûr qu’il a une explication à ce regain de vitalité aussi soudain qu’inespéré. Des explications en fait, car outre l’arrivée de nouveaux membres des Barea, il y a aussi cette absence du président Ahmad largement commentée dans les réseaux sociaux parfois à tort comme on l’explique dans un encadré.

Mais une chose est certaine, les Barea ne se sont jamais comportés aussi bien qu’en ce moment tant dans cette course aux qualifications à la Coupe d’Afrique des Nations 2019 au Cameroun donc incluant les expatriés que pour les éliminatoires de la CHAN 2018 au Kenya avec les joueurs locaux.

Une victoire de 1 à 0 lors du match aller de la CAN 2019 à Sao Tomé puis une autre victoire par 3 à 2 au retour dans un stade de Mahamasina chauffé à blanc avec comme bouquet final ce « clapping » des temps modernes qui fait vibrer toute la foule désormais acquise à la cause des Barea.

La même foule qui porta un triomphe aux Barea locaux quand, dans un sursaut d’orgueil, Dino délivre le onze malgache d’une frappe lourde des 30 m et offre la victoire face au Malawi.

Ce fut d’ailleurs sur ce même score de 1 à 0 que les Barea sont allés chercher la victoire à Lilongwe mais avec Njiva comme buteur au retour des vestiaires.

Si ce n’est pas le vent du renouveau qui est en train de souffler pour le football malgache, Dieu que cela lui ressemble et que cela fait plaisir à tout le monde. Et c’est peut-être mieux ainsi.

Souvent incompris du public, Ahmad fait pourtant tout pour offrir la victoire aux Barea.

L’effet Ahmad porte ses fruits

Ahmad devenu président de la CAF, les choses ont diamétralement changé pour les Barea qui gagnent tous leurs matches. Et pour deux raisons.

La première a trait à un très bon arbitrage de tous les matches des Barea car un arbitre, un bon qui plus est, ne s’aventurerait jamais à agir contre l’équipe malgache qui est aussi celle du président de la CAF au risque de compromettre sa carrière.

Ahmad entraîneur. La seconde raison, moins évidente certes mais véhiculée par les détracteurs d’Ahmad, est qu’après le départ de ce dernier au Caire, tout est allé au mieux pour le football malgache.

Mais en allant au fond des choses, l’absence d’Ahmad fait du bien aux Barea qui jouent maintenant libérés, car on sait très bien que ce dernier n’hésite pas lors des debriefs de remettre son habit d’entraîneur, celui de l’AC Sotema entre autres, pour fustiger les erreurs de coaching comme celle des joueurs. Logique si tout le monde a peur et joue crispé. Ce qui rend les choses encore plus difficiles.

Mais on ne peut pas en vouloir à Ahmad d’agir de la sorte, car s’il le fait, c’est plutôt par amour même si cela donne des résultats pas toujours très bons.

On citera un exemple et tant qu’à faire sur le seul « Maintirano » du lot tel Voavy Paulin.  Il brille de mille feux dans le championnat égyptien avec son club du Makassa comme il a donné le tournis aux joueurs de Sao Tomé en réalisant le doublé.

Mais il a été transparent lors du match contre le Sénégal avec Ahmad dans les tribunes qui a même confié après match que ce sera la der de Paulin.

Visite familiale. Ce qu’il oublie de dire c’est que Paulin avait ce jour-là comme adversaire direct Sadio Mané, la grande star de Liverpool. Inutile de dire qu’il n’y avait pas photo entre les deux hommes.

N’empêche, la suite donna raison à Nicolas Dupuis, le nouvel entraîneur des Barea qui a rappelé Voavy Paulin et l’a imposé comme titulaire même s’il y aussi une explication à cela, car avec un entraîneur « vazaha », les joueurs se conforment aux consignes notamment de discipline en restant dans le groupe tout au long de la préparation et non aller visiter la famille, sans nul doute élargie, comme le faisaient souvent le même Voavy Paulin, Carolus et Abel Anicet qui sont aussitôt trahis par leur forme sur le terrain.

Une attitude moins professionnelle, mais à laquelle l’encadrement technique ne peut rien faire, car assez souvent ces privilégiés ont l’autorisation de la FMF pour ne pas dire d’Ahmad. Mais que voulez-vous, c’est humain même si cela a des conséquences fâcheuses pour tout le groupe.

Comme ces visites, du moins la partie nocturne, ne sont plus de mise avec Nicolas Dupuis, on a vu que les nôtres pouvaient tenir la rencontre de bout en bout.

Les nouveaux hommes forts de ces derniers mois

Les Barea doivent cette belle série de victoires à un groupe, mais aussi à l’arrivée des nouveaux joueurs qui se sont tout de suite imposés comme des titulaires indiscutables.

Midi Madagasikara a alors revu à la loupe les quatre victoires des Barea en CAN 2018 et en CHAN 2018 pour dégager les joueurs qui ont marqué de leurs empreintes ces exploits.

Certes, on ne peut pas taire la remarquable prestation des cadres tels Ima Faneva Andriantsima ou encore Njakanirina Toby qui refait incroyablement surface pour devenir un latéral très offensif comme l’est Marcello au Real ou Alaba au Bayern.

Deba Kely en nouveau patron !

S’il y a un homme qui est sorti tout de suite du lot pour devenir un titulaire indiscutable dès ses débuts en équipe nationale, c’est bien Tsilavina Rambeloson bien connu sous son petit nom de Deba Kely d’ailleurs justifié par son autorité dans la charnière centrale où il est sur toutes les balles.

Aidé il est vrai par la puissance de Bapasy, Deba Kely s’annonce comme le tour de clé supplémentaire pour verrouiller la défense malgache et permettre ainsi au nouveau gardien Dabo de ne ramasser que des miettes sans grand danger.

La polyvalence de Deba Kely est un plus pour les Barea, car il est tout aussi à l’aise sur les flancs que dans l’axe.

C’est presque une certitude que le défenseur de l’US Tourcoing restera solide au poste comme l’a été un certain René Rabearisoa qui comme lui, joue en finesse et délivre des passes d’une précision chirurgicale.

Le réveil de Zotsara

Si la défense des Barea est montée en puissance, c’est grâce en partie au travail des sentinelles dont Zotsara Randriambololona qui a enfin trouvé ses marques après des tentatives infructueuses. Le milieu du Royal Excelsior Virton, une équipe belge, est devenu aujourd’hui un joueur très incisif et parvient à endiguer les assauts adverses avec des gestes précis et une relance qui s’est améliorée énormément au fil des rencontres.

Ce réveil de Zotsara va apporter un plus pour l’équipe dans un rôle que tenait jusqu’ici Abel Anicet Randrianantenaina, mais comme ce dernier s’inventait des raisons qui n’ont rien à voir au football pour ne pas venir, cela ouvre une voie royale pour le jeune Zotsara qui viendra pour apprendre et grandir dans la même foulée.

Dada, l’essuie-glace de service

L’ancien niçois qui est passé dans les rangs de Red Star, Stéphan Raheriharimanana, a toujours les qualités qui faisaient de lui un premier rideau des plus efficaces.

Parti au Red Star sans nul doute pour avoir un meilleur temps de jeu, car il est sous-employé à l’OGC Nice en faisant quatre apparitions pour la saison 2015-2016, Dada, comme tout le monde l’appelle, est la carte assurance des Barea dans son rôle d’essuie-glace qui laisse peu de marge aux attaquants adverses.

Son association à Zotsara est une pure merveille tant les deux hommes font correctement leur job. Et Dada n’est pas dupe, car une bonne prestation avec les Barea le remettrait à coup sûr dans un club de la Ligue 1 française et pourquoi pas la « Premier league » anglaise qui raffole des hommes aussi mobiles qu’efficaces à l’image du Français Ngolo Kanté.

Ce nouveau départ au Red Star serait alors le fameux « reculer pour mieux sauter » pour Dada qui ne demande qu’à faire ses preuves et montrer ce qu’il a réellement dans le ventre.

La révélation Baggio

Au lendemain des matches des Barea contre le Malawi, tous les techniciens faisaient l’éloge de Baggio ou Rakotoharisoa Jean Romario Baggio selon l’état civil. Tout simplement parce qu’il a été sublime.  Il courait sur toutes les balles empêchant par la même occasion les Malawites de développer leur jeu.

Infatigable, Baggio doit certainement cette qualité à la passion de ses parents qui vont jusqu’à donner à leur fils le nom combiné du Brésilien Romario et du goléador italien Baggio. C’est dire que la famille a l’amour du football dans le sang et cela se sent dans ce que fait aujourd’hui Baggio.

Autant le dire qu’il a tout le talent pour plaire à Nicolas Dupuis et faire partie de son onze de départ dans les éliminatoires de la CAN 2019 ou tout au moins faire la doublure de Zotsara qui n’a pas pour le moment le physique pour tenir 90mn.

Installé, très bien installé, dans l’effectif de Fosa Juniors qui a de gros moyens, Baggio n’aura pas du mal à trouver preneur dans un club européen et pour pas longtemps. On parie ?

Clément RABARY


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