Dossier – AVC : zoom sur un drame sanitaire


Jacaranda

Comme son nom l’indique, l’AVC touche le cerveau.

L’AVC ou accident vasculaire cérébral touche environ une personne toutes les 5 secondes dans le monde. C’est une cause majeure de décès et de handicap, et plus particulièrement à Madagascar où de nombreux sujets jeunes en sont victimes. On peut, en effet, être frappé par un AVC à tout âge, même s’il est beaucoup plus courant de le voir survenir chez les sujets âgés et que le risque augmente avec l’âge. Les signes avant-coureurs de cette maladie restent, pourtant, peu connus du public alors que chaque minute qui passe entre la survenue de l’« accident » et le moment de la prise en charge, est extrêmement précieuse. Une course contre la montre que malheureusement beaucoup trop de victimes ne parviennent pas à gagner. 

 Un AVC, c’est…
L’accident vasculaire cérébral est ainsi un « accident », sous-entendant sa survenue soudaine et brutale. Malheureusement, les proches et l’entourage ne reconnaissent pas forcément les symptômes, faute d’avoir été suffisamment informés.

Selon l’Organisation mondiale de la santé (oms), l’avc est « un déficit neurologique soudain dont l’unique cause apparente est vasculaire (infarctus ou hémorragie) ». L’AVC survient lorsque la circulation sanguine dans le cerveau ou vers celui-ci, est interrompue par un vaisseau sanguin bouché. Cette défaillance de la circulation du sang affecte une région plus ou moins importante du cerveau. Lorsqu’il s’agit d’une obstruction du vaisseau, c’est l’AVC ischémique ou encore infarctus cérébral. En cas de rupture ou d’éclatement d’un vaisseau sanguin provoquant une hémorragie, on parle d’AVC hémorragique ou hématome dans le cerveau. Il s’agit donc d’une pathologie grave qui nécessite une prise en charge immédiate. 

Les signes qui doivent alerter  
Il est essentiel de savoir reconnaître les premiers symptômes d’un AVC qui doivent mettre les proches en alerte, même lorsque ces signes sont passagers et disparaissent rapidement. Il faut dans ce cas agir le plus rapidement possible avant que les dégâts ne s’étendent, causant des lésions cérébrales irréversibles.

  • engourdissement, une faiblesse ou paralysie brutale du visage, d’une partie ou de la moitié du corps (impossibilité de sourire, la lèvre est tombante d’un côté)
  • engourdissement ou une perte de force du membre supérieur (impossibilité de lever le bras) ou inférieur ;
  • trouble de la parole (difficultés à parler ou propos incompréhensibles)
  • trouble de la vision, même temporaire
  • perte soudaine de l’équilibre ou trouble de la marche
  • mal de tête intense et soudain, n’ayant aucune cause connue.

 

Les conséquences

Les conséquences sont dramatiques, car les cellules sont privées d’oxygène et de tous les nutriments dont elles ont besoin pour fonctionner. Certaines sont endommagées, d’autres meurent et laissent des séquelles souvent difficiles à effacer, car certaines lésions deviennent irréversibles. En effet, une minute de perdue, c’est deux millions de neurones qui pourraient être définitivement détruits. La prise en charge immédiate permet de confirmer rapidement le diagnostic et de débuter aussitôt le traitement. C’est la seule façon de diminuer les lésions cérébrales et le risque de décès et de séquelles.

Chez les jeunes et les enfants aussi… !

Les AVC ne sont pas l’apanage des personnes âgées. Toutes les tranches d’âge peuvent être concernées. Les moins de 18 ans, voire les enfants, peuvent aussi en être victimes. Dans des pays comme la France, par exemple, entre 500 à 1 000 nouveaux cas par an sont enregistrés.  Il s’agit en majorité d’enfants a priori sans problème de santé majeur, mais qui sont victimes d’AVC. Une situation qui est parfois à l’origine d’un retard dans la prise en charge car les parents, et même les professionnels de santé et les soignants méconnaissent parfois cette pathologie chez l’enfant.

Les séquelles motrices et cognitives principalement, restent fréquentes et touchent 70% des enfants ayant été victimes d’un AVC. Mais, dans la mesure où la lésion survient sur un cerveau en cours de maturation, de nombreuses conséquences pourront n’apparaître que plusieurs années après l’accident. L’occasion de rappeler que les premiers signes de l’AVC chez l’enfant sont les mêmes que chez l’adulte.

Les préventions possibles
Avant tout, surveiller régulièrement la tension artérielle. En effet, l’hypertension artérielle est le principal facteur de risque de l’AVC. Avec le nombre croissant de personnes souffrant d’hypertension artérielle à Madagascar, la surveillance de la tension artérielle et surtout sa prise en charge dès qu’une hypertension est diagnostiquée, permet de réduire les risques. Bref, une personne « hypertendue » réduit son risque d’AVC en contrôlant simplement sa tension artérielle et en suivant un traitement.

 Une journée mondiale
C’est dans le dessein d’alerter et d’informer que la journée mondiale de l’accident vasculaire cérébral ou « World stroke day » a vu le jour. C’est le 29 octobre. Une occasion de mobiliser le maximum de personnes et d’en informer toujours davantage pour enfin gagner cette course contre la montre engagée en cas d’AVC. Dans certains pays, même les élèves dans les collèges et lycées sont ciblés par des séances d’information pour qu’ils soient capables d’identifier les signes d’AVC et agir en conséquence si jamais ils venaient à retrouver ces signes chez des personnes de leur entourage ou de leur famille.


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