Drogue dure : Madagascar, plaque tournante du commerce illicite


Bmoi

Jacaranda

Après que les services dématérialisés de la douane de Mamory Ivato, ont découvert les 500 grammes d’héroïne, camouflés dans un panier en raphia, le doute se confirme maintenant sur le fait que la Grande Ile est devenue une plaque tournante du trafic de drogue. En effet, Madagascar est en passe de devenir le terrain fertile des narcotrafiquants. Selon les explications d’une source auprès des responsables de la lutte contre la drogue, ces hors-la-loi font entrer des substances narcotiques en terre malgache, par des moyens qui restent encore à déterminer, pour les expédier, par la suite vers leur destination finale. Un circuit insoupçonnable, vu que la Grande Ile ne figure pas sur la liste des pays, où il y a risque réel de trafic de drogue. Les paquets passent inaperçus, jusqu’au jour, où ces substances sont mises au grand jour par nos services des douanes.

Colis insoupçonnables. Pour la plupart du temps, ces drogues dures sont destinées à nos Iles voisines, que ce soit l’île Maurice ou La Réunion en passant par les Seychelles. Cette fois-ci, le circuit change de ton où le destinataire du paquet s’avère être au Canada, après une courte escale dans l’Hexagone. La douane malgache a découvert le pot aux roses, sur un vol de la Compagnie d’Air France, la semaine dernière. Le flair aguerri des employés de la douane ne s’était pas trompé lorsqu’ils ont trouvé des colis, en objets d’art malgache, pour la destination de Canada, très suspects. En effet, l’un des paniers en raphia semblait plus lourd que les autres. Armés des ces années d’expériences, les services de la douane ont immédiatement interrompu son expédition. Après fouille minutieuse, ils ont pu constater que le panier n’avait pas l’air de ce qu’il devait être. Les trafiquants ont pris le soin d’emballer un tuyau en plastique bourré de poudre blanche avec des raphias afin qu’il ait la forme d’un produit artisanal malgache. Le test de drogue sur cette substance blanchâtre s’avère positif. Il s’agit bel et bien d’héroïne. L’affaire est vite transmise aux mains des responsables et relayée par les policiers des stup. On a appris que ces derniers sont encore sur les traces de l’expéditeur de ce colis, qui, jusqu’ici, demeure introuvable.

Priseurs des drogues. En dehors des passeurs interceptés à Ivato, les amateurs des drogues dures ne manquent pas dans la Capitale. Ce sont les jeunes de 20 à 25 ans qui sont les principales cibles des narcotrafiquants. Novembre dernier, les éléments de la police des stupéfiants ont interpellé des personnes à Ankasina des dealers et des dépendants de la drogue. C’était, suite à des renseignements, portés à l’oreille des policiers, mentionnant la présence d’un couple vendant de la drogue dure que l’étau s’est resserré sur ces individus. Aussitôt, la police a effectué une descente sur place à la suite d’un ordre de perquisition émanant du tribunal. L’information s’est avérée exacte. Tout ce beau monde a été pris dans le filet. En tout, huit personnes sont arrêtées ce jour-là. Dont six d’entre elles sont des jeunes de 20 à 25 ans, tous, des lycéens, fréquentaient une école de renom dans la Capitale. Le reste, les deux individus, formaient le couple propriétaire du lieu. Par ailleurs, après une fouille de la maison, les éléments de la police ont pu mettre la main sur cinq grammes d’héroïne. L’enquête des limiers ont révélé que la dose d’héroïne (c’est-à-dire, 0,1 gramme) se négocie à 10 000 ariary. L’approvisionnement est assuré pour la plupart par des étrangers venus de l’Occident ou d’Afrique, les petits dealers achètent à 220 000 ariary le gramme, des cas parmi tant d’autres. Tout cela pour dire que le régime devrait se pencher sérieusement sur ce problème qu’est la prolifération de la drogue.

Passeurs invétérés. L’année dernière, une ressortissante kenyane a été interceptée par des éléments de la Police de l’Air et des Frontières (PAF) à l’aéroport d’Ivato. Elle était en possession d’un kilo d’héroïne. Cette personne allait s’envoler pour les Seychelles. Tout se passait normalement pour cette mule quand l’attention des policiers était attirée par l’importance de la poitrine de cette femme. Il a donc été décidé de faire une fouille plus poussée. Et c’est alors que les policiers ont découvert deux sachets en plastique bien calés dans le soutien-gorge de la Kenyane, contenant chacun 500 gr de poudre blanche. Il s’est avéré par la suite que c’était de l’héroïne. En ce qui concerne le séjour de cette personne en terre malgache, les enquêtes menées ont permis d’apprendre qu’elle était arrivée, il y a une semaine, déclarant à sa descente d’avion venue pour l’achat des fournitures en mercerie pour son travail. Après une enquête serrée, la personne a parlé. Selon ses confessions, un individu qu’elle n’a pas nommé, lui a proposé une somme de 3 000 dollars pour transporter la marchandise. Une fois arrivée à bon port, quelqu’un prendra possession du paquet.

Les producteurs traditionnels de drogues

On parle le plus souvent du cannabis et de drogues dures à Madagascar. Ces genres de stupéfiants existent bel et bien dans le pays, mais cela ne met pas ce dernier dans le rang des pays réputés producteurs traditionnels : Maroc, Ghana, Burkina Faso, République Démocratique du Congo et Kenya. En général, la production de drogue se caractérise souvent par une forte spécialisation régionale. Ainsi, la cocaïne provient essentiellement d’Amérique du Sud, en particulier de la Colombie, Bolivie et Pérou. De même, les foyers de production de l’opium, nécessaire à la fabrication de l’héroïne se concentrent dans le « croissant d’or », l’Afghanistan et le « triangle d’or », le Myanmar, Laos et la Thaïlande.

Des productions sur les lieux de consommation

Les pays producteurs de drogues sont aussi parfois les premiers consommateurs. Ces drogues consommées dans les pays producteurs sont généralement peu transformées : opium et feuilles de coca. Les drogues chimiques sont de plus en plus produites dans les pays consommateurs. Les plus grandes productions se situent aux États-Unis. Des foyers de productions secondaires existent au Mexique, Pérou et en Europe Occidentale, Afrique du Sud, Fédération de Russie, Australie et Nouvelle-Zélande. Les pays développés sont les premiers consommateurs d’amphétamines alors que le trafic d’ecstasy explose dans les pays en développement. On observe de plus en plus de lieux de production d’héroïne sur le continent américain, respectivement au Mexique (3e source mondiale) et en Colombie.

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  1. Le rongony à Madagascar c’est connu mais le reste peut faire recrudescence de trafics encore bien plus juteux !!!…. Et des trafics de toutes sortes, il y en a déjà beaucoup sur la grande Ile !!! Plutôt normal lorsque plus de 90% des malgaches ne disposent guère de plus de 6000 Ariary par jour pour vivre…. pas très décemment tout de même !!!………………………..

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