PORTRAIT: Emma Rasoanantenaina, l’espoir de la lutte malgache


Bmoi

Emma Rasoanantenaina après sa victoire au Palais des Sports de Mahamasina.
Emma Rasoanantenaina après sa victoire au Palais des Sports de Mahamasina.

A 20 ans, Emma Rasoanantenaina a décroché la médaille d’argent chez les moins de 53 kg aux Jeux de la Francophonie, au Palais des Sports de Treichville, Abidjan. Au-delà de la passion, la lutte est pour elle un moyen d’accéder à son rêve de devenir infirmière militaire.

Emma n’ estime pas que la lutte soit une discipline réservée aux hommes. En plus, elle évolue au sein du club des militaires COSFA.  La lutte, elle l’a connue grâce à son cousin Fabrice. En 2007, elle est rentrée au club COSFA où elle continue d’évoluer actuellement. « Au début,  c’était juste pour m’amuser et pour garder la forme. Je ne pensais pas que je pouvais faire carrière en tant que lutteuse, mais au fil du temps, cela a changé » a-t-elle expliqué. Depuis 2009, elle a régné en maître dans la catégorie des 48 kg, avant de s’imposer dans la catégorie des 53 kg en remportant le titre de championne de Madagascar. Elle a commencé son aventure au sein de l’équipe nationale aux Championnats d’Afrique junior à domicile en 2012. Elle a été sacrée vice-championne d’Afrique. Dans sa carrière, elle est soutenue par sa famille surtout par son père, qui croit en elle. Pour survivre dans cette discipline, il faut selon elle, beaucoup de courage tellement les entraînements sont rudes.

Battante. Considérée comme un bel espoir de médaille dans la capitale économique de la Côte d’Ivoire, la lutteuse a été envoyée par la Fédération pour participer au camp d’entraînement de la CONFEJES, une semaine avant le début des Jeux. « J’ai hérité d’un tirage clément. Ce n’était pas facile, mais une fois qualifiée pour la finale, je n’étais qu’à une marche de la médaille d’or » indique Emma. En plus, lors de ces compétitions, le niveau de stress atteint son paroxysme. « Un de mes défauts est que je me déconcentre facilement face à la pression ». Avec ses 51 kg, elle est de petite taille par rapport à ses adversaires, mais tout est question de technique et non seulement de force. « Emma a bénéficié du projet sport-études à l’Académie Nationale des Sports (ANS) à Ampefiloha. Elle est une battante et possède cette rage de vaincre. Ses efforts ont fini par payer, elle mérite cette médaille » estime le coach Rakotoniaina Aimé Michel. Pour Emma, l’important est de croire en ses rêves. « Cette année, je dois passer le Bacc, mais j’ai fait le choix d’accomplir mon rêve et de remporter une médaille aux Jeux de la Francophonie. Maintenant, mes yeux seront tournés vers les qualifications pour les Jeux Olympiques de Tokyo de 2020 ». Consciente qu’à Madagascar, la carrière sportive est éphémère et que le sport ne fait pas vivre, Emma va repasser son diplôme de baccalauréat l’année prochaine. « Je rêve de devenir infirmière militaire, c’est la raison pour laquelle, je m’accroche et surtout que je poursuis ma carrière au sein du COSFA » a-t-elle conclu.

T.H

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