Nosy-Be Jazz Festival : Une belle expérience musicale et humaine !


Jacaranda
Banky Foiben'i Madagasikara

Les jolies colonies de vacances (…) tous les jours, je voudrais que ça recommence »… Un air de Pierre Perret qui fait penser à l’ambiance de cette Nosy Be Jazz Festival 2018. Au début, on reste avec les membres de son clan et on ne veut surtout pas les perdre de vue pour avoir à sympathiser avec les autres groupes qu’on regarde avec cet air intimidé et parfois dédaigneux. Au final, on devient cependant amis avec tout le monde et on en revient avec de nombreux et beaux souvenirs.
Oui, le Nosy-Be jazz festival est une aventure musicale mais ce fut également et surtout une aventure humaine où on assiste à un concert improvisé de Silo à minuit dans le village qui a pris ses quartiers au Tropical paradise à Ambondrona, aux réveils matinaux au rythme des sax de Tsanta Randriamihajasoa, aux exercices vocaux de Manou Radonason qui résonnent dans notre chambre, aux conseils et partages d’expériences des photographes avec les musiciens. C’était aussi des rencontres et des collaborations inédites entre musiciens malgaches mais également internationaux. Retour sur quatre jours de festival !

Formations et collaborations inédites
« Tsanta et Silo joueront avec les artistes italiens » a annoncé le Président du festival Haja Ravelojaona, lors de la conférence de presse de lancement du festival. Une collaboration qui a tenu toutes ses promesses, bien qu’à la place de Silo, on retrouva Josea. Un bien pour un mal pour le batteur qui n’a aucunement boudé son plaisir, et qui s’est surpassé. L’interprète de « rimorimo », quant à lui, n’a pas laissé indifférent les artistes internationaux dont David Linx qui a d’ailleurs salué sa performance au Beach Bar Ambatoloaka.
Revenue aux sources après des années d’absence, Aina Cook a agréablement surpris les mélomanes. Les amoureux de jazz de Nosy-Be, en tout cas étaient sous le charme. Accompagnée par les gars de Nosy Be Jazz Expérience, à savoir Njaka au clavier, Andry Mika à la basse, Josea à la batterie et sa moitié : le trompettiste Kyle Allen, la jeune femme a fait un malheur aux Bungalows d’Ambonara. Entourée par la même équipe que celle d’Aina Cook, Lalatiana fait elle aussi un tabac. Solo Razaf, David Linx, Full Vao Band, le jazz club CGM… tous ont été à la hauteur des attentes du public. On regrette seulement que les artistes n’aient pu exprimer davantage leur « folie musicale » et que même à la fin du festival, une jam session n’ait pas eu lieu. A la prochaine édition peut-être ! En tout cas, on l’espère !

Tsangan’olo : la découverte de cette édition 2018
Charismatique, audacieux mais surtout original, le groupe Tsangan’olo a donné une prestation à en donner la chair de poule au peu de public qui a tenu jusqu’à la fin du festival off sur la Cour de Hell, le 1er avril. Programmé, passer en premier, le groupe a finalement clôturé cette journée qui a vu passer les plus grosses pointures et tous les artistes venus de la Capitale. Mais ce n’était pas pour les décourager car pour ces grands gaillards au look atypique, maquillé à l’africaine, avec leur leader aux dreads, le « Tsangan’olo » qui signifie « Homme debout »  n’est pas seulement un nom, il exprime surtout  l’état d’esprit des membres du groupe et de leurs textes. Oui, ils n’évoluent pas dans le milieu du jazz mais le NBJF leur a donné l’opportunité de jouer sur une grande scène et ils ont assuré. Leurs voix, leurs chœurs, la guitare électrique endiablée et le « Kazoo » qu’ils imitent sans besoin de l’instrument, ont emporté ses spectateurs dans une transe toute africaine où se côtoyaient mélange rythmique et lyrique puisant sa force dans la spiritualité animiste, dans le folklore et dans la vie quotidienne d’une génération en équilibre entre modernité et la Tradition. Le groupe Tsangan’Olo, c’est une valeur sûre qui mérite amplement de se produire sur une plus grande scène. Dommage que le Directeur du festival et les autres groupes venus de Tana ne soient pas restés jusqu’à la fin pour l’apprécier !

Quand le jazz rencontre la photographie
Ne pas s’arrêter à la musique mais s’ouvrir aux autres disciplines ! C’est le défi et la nouveauté pour cette édition 2018. C’est donc tout naturellement qu’une exposition, outre les concerts et les masterclass, a été intégrée dans la programmation de la manifestation. Mat Li et Henintsoa Rafalia ont ainsi tenu le vernissage de leur expo au Côté Jardin Hell Ville, le même jour que le coup d’envoi officiel du festival, le vendredi 30 mars. Amoureux du noir & blanc, Henintsoa a dévoilé une série d’images inédites de gens pratiquant le « moraingy ». Plus rêveur, « Sinoa », comme l’appellent ses amis ,a présenté des photos partagées entre le réel et l’imaginaire. De belles créations qui ont montré un aperçu du talent de ces jeunes photographes car le meilleur, ils l’ont réservé pour la suite, lorsqu’ils ont immortalisé la prestation de chacun des artistes à l’affiche du NBJF.

Manou Radonason, une grande diva en devenir
Le talent, dit-on, n’attend point le nombre d’années. C’est le cas Manou Radonason, cette jeune et jolie bout de femme dont le timbre vocal a séduit non seulement le public, mais également les artistes pour ne citer que Lalatiana qui s’est émerveillée devant son interprétation de « Take the A train » lors de l’ouverture officielle du festival sur le site culturel de Marodoko (Un site qu’on ne remarquerait pas en jour normal mais transformé pour l’occasion en un décor des plus inédits. C’est d’ailleurs sur ce site que Davis Synchro a projeté son vidéo mapping, qui a donné une dimension particulière à l’évènement). Elle fera mouche également lors de sa prestation au Cour de Hell lors du festival off avec sa basse.
Dossier réalisé par Mahetsaka


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