Journée mondiale de l’environnement : Initiation des lycéens de Nosy Be à la protection des mangroves



Jacaranda
Le club des francisant du Lycée Cobara

« Protégeons notre environnement ». Cette formule  résonne toujours autant surtout en cette période de l’année. Le 5 juin étant la journée mondiale de l’environnement, les activistes du monde entier s’allient pour assainir et protéger notre chère planète. A Madagascar, une pépinière de protecteurs de l’environnement s’active déjà depuis février. Des lycéens entre 14 et 17 ans, encadrés par l’Association Aframadij sont des jeunes engagés dans la protection de mangrove.

Les classes de terminale du lycée mixte de Nosy Be

Lycée Mixte et CO. BA. RA: Les lycéens, protecteurs de l’environnement

Au sein du lycée mixte Collège Baasilide Rahidy, une vingtaine de lycéens volontaires ont intégré le club des francisant depuis février. Bien conscients de l’impact nocif du changement climatique, ils sont amenés à s’interroger sur des faits réels dans leurs vies quotidiennes comme la diminution considérable des fruits de mer sur le marché, et la hausse des prix de ces denrées alimentaires.  Pour eux, la lutte principale du moment reste focalisée sur la protection des forêts de mangroves. Les activités de l’association auprès des élèves leur ont appris que la mangrove n’est pas une latrine de substitution mais entre autres, une aire de fraie pour poissons, crevettes, et un habitat de crabe.

La conscientisation de ces lycéens a produit  un changement de comportement à l’égard de l’environnement. En premier lieu, ils sont devenus sensibles à cette cause qui alarme tant de gens dans le monde entier. Pour Nosy Be particulièrement, la spoliation des mangroves peut être néfaste car ces forets empêchent également la mer à engloutir les ilots.  Selon Yohann et Jennica, deux représentants des lycéens, il leur tient à cœur de remédier à ce problème majeur et ils comptent contribuer, car ce seront eux qui récolteront ce qu’ils sèment aujourd’hui. « Une grande partie de la survie de bon nombre d’espèces dépendent de nos actions car si nous ne nous mobilisons pas dès aujourd’hui, notre génération sera la victime ». Devenant ainsi des petits protecteurs de l’environnement, ils sensibilisent leurs entourages et seront certainement des futurs policiers de la nature. Leur but étant également d’apporter de l’envergure à ces actions pour que non seulement Nosy Be mais toute la Grande île puisse être sauvée de la dévastation.  Par ailleurs, Ils patientent d’une réponse positive de Tany Meva pour leur futur projet, étant donné que toute aide est sollicitée.

Christina Taffet, chef de projet de l’association Aframadij

L’association Aframadij: Des activités ludiques pour la bonne cause

L’association Aframadij a deux  causes à défendre notamment la jeunesse et la protection de l’environnement. Basée à Nosy Be, population totale 80 578 dont 13 922Hommes et 13 405Filles entre 16 et 18 ans, selon la monographie 2017.  D’après Christina Taffet, responsable de l’association, « il est impératif de renforcer le système d’information. La majorité de la population locale ne connait pas les enjeux et les problèmes environnementaux. Pourtant, il faut arrêter de spolier et de dégrader l’environnement. Structurer la population de base, notamment les jeunes et les femmes. Voilà pourquoi nous tenons  à les prendre dès le lycée. Ils sont encore jeunes mais assez matures pour comprendre la réalité. Le but est de les intégrer dans les programmes de développement qui existent à Madagascar. Comme c’est une urgence, nous faisons par ailleurs, appel aux organismes qui peuvent agir rapidement, afin de renforcer les activités avec des écoles et des structures de jeunesse », relate-t-elle.

Harrisson Patrick Ratovonary, Maunaus Jaoravo, Judicaël Jaovita et  Jean Théodore R, quatre jeunes diplômés, sont les chefs de fil qui initient ces jeunes sur la protection de l’environnement, à travers des carnavals, formations, ateliers mais surtout des reboisements de mangrove. Leurs travaux consistent à mettre en place de club dans des établissements scolaires tout en créant des outils pédagogiques de sensibilisation et de communication.

Hery , Vice président Gaétan Hery Nantenaina, vice-président du CLB Dzamanjary

Comités local de base (CBL) : Les pêcheurs en action

L’île de Nosy Be est réputée pour sa beauté. C’est une ville à une complexité sociale, les causes peuvent être dues à la cosmopolisation. Des niveaux d’instruction très disparates. Des foyers qui vivent avec des revenus en euros, et des foyers sans revenu cohabitent la  même ville. Du côté de Dzamandzar, Pour leur part, les pêcheurs se joignent à cette noble cause.  Il a fallu presque dix ans au comité local de base des pêcheurs  pour convaincre la population, à utiliser des latrines dans les villages. Selon les coutumes, la population fait ses besoins dans les bois car il est  formellement interdit de « conserver » les excréments au village. Plus tard, avec la déforestation des mangroves, les plages sont devenues des latrines par excellence. Heureusement, ils ont pu établir tant bien que mal à appliquer une Politique de la protection de l’environnement aboutissant au reboisement.

Les CLB dans des fokontany à forte population de jeunes répondent aux appels à projet de GEF small grants programme, tels que Mamihia de Befitina, FMMT de Dzamandzar dans le but d’avoir des soutiens, car ces pêcheurs rencontrent des difficultés en matière de gestion des ressources naturelles, ils ont besoin d’être soutenus parce que le développement durable est fortement menacé. Il leur arrive même de faire des journées sans pêche, un manque à gagner certes en attendant leur beau jour, quand le projet leur sera accordé.

Zo Toniaina


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