Les partis qui ont marqué l’histoire du pays



Jacaranda

Le VVS (Vy Vato Sakelika) fut une société secrète malgache fondée en 1913 par des étudiants en médecine sur un programme nationaliste. Elle est fortement réprimée par les autorités coloniales en 1915, avec 223 arrestations, 41 peines de prison prononcées dont 8 à perpétuité. Plusieurs militants de l’association s’engagent dans l’armée française et prennent part à la Première Guerre mondiale pour éviter la répression. Ce mouvement en tant que société secrète réapparaît en 1946 sous le nom de PANAMA (Parti Nationaliste Malgache).

Le Mouvement Démocratique de la Rénovation Malgache (MDRM), créé le 11 février 1946 à Paris, par Ravoahangy, Raseta, Jacques Rabemananjara et Rakoto Ratsimamanga. Il revendique plus de 200 000 adhérents. Le parti opte progressivement pour l’indépendance. L’insurrection malgache de 1947 est, après la Guerre d’Indochine, le second événement grave survenu dans les colonies de l’Union française. Mais dans l’espace colonial africain et malgache, c’est l’insurrection dans la Grande Île qui, sous la poussée d’un mouvement nationaliste, amorce la déconstruction du système colonial français.

Le P.A.D.E.S.M, Parti des Déshérités de Madagascar, est lui aussi créé en 1946 à Tuléar par Jean-François Jarison, Pascal Velonjara, Jean Etono, Raveloson Mahasampo, Félix Totolehibe, Philibert Tsiranana, Célestin Aridy, Ramambason, Jules Ravony, Philibert Raondry, Fanodira Isandratry, les frères Zafimahova et Robert Marson.

Des hauts et des bas. Le PSD, créé en 1958, a prôné le « oui » au rattachement à la France et est devenu le parti du pouvoir pendant la 1ère république. Le soulèvement populaire de 1972 a fait tomber le régime et le parti a eu du mal à tenir sa cohésion.

AKFM (Antokon’ny Kongresin’ny Fahaleovantenan’i Madagasikara) créé le 08 novembre 1958 et présidé par le pasteur Andriamanjato, opposant au régime Tsiranana durant la 1ère République. Suite à une scission du parti, il créa l’AKFM Fanavaozana avec des membres de sa famille et des proches.

AREMA (Avant-garde de la Révolution Malgache), parti de l’amiral Didier Ratsiraka au pouvoir de 1975 à 1991 puis de 1997 à 2002. Ce parti a connu des hauts et des bas mais contre vents et marées, l’AREMA de l’amiral a su surmonter les vagues même si certains de ses membes ont quitté le navire.

MFM (Mpitolona Ho an’ny Fanjakan’ny Madinika) créé en 1972 par Manandafy Rakotonirina. Censé à ses débuts être un parti qui lutte pour le prolétariat. Malgré le fait que le parti n’ait plus ses forces d’antan,
il a traversé toutes les Républiques.

Monima (Madagasikara  Otronin’ny Malagasy), fondé par Monja Jaona déjà en son temps membre du PANAMA et à la tête du mouvement d’avril 1971 dans le sud de l’île. A l’instar du MFM, ce parti nationaliste reste encore présent dans le microcosme politique.

Leader Fanilo, créé par l’homme d’affaires Herizo Razafimahaleo, fut le premier à prôner l’éthique politique mais ne semble pas être respecté par bon nombre de formations politiques.

TIM (Tiako i Madagasikara) créé par l’industriel Marc Ravalomanana, parti politique sur lequel ce dernier
s’est appuyé de 2002 à début 2009 quand il a été au pouvoir.

MAPAR (Miaraka Amin’ny   Prezida Andry Rajoelina). Comme son nom l’indique c’est une plate-forme qui soutient l’ancien  président de la Transition.

Exercice du pouvoir. Qu’est- ce qu’un parti politique ? Sans entrer dans un débat compliqué, on peut le définir comme une structure organisée qui rassemble des citoyens unis par une philosophie ou une idéologie commune, dont elle recherche la réalisation, avec comme objectif la conquête et l’exercice du pouvoir. C’est donc une organisation au service d’une idée. Cet objectif explique pourquoi des associations se transforment en parti politique. Dans son ouvrage « Sociologie Politique », Roger Gérard Schwarzenberg, un éminent juriste, souligne qu’un groupe ne mérite l’appellation – parti politique – que s’il survit à la disparition ou à la démission de son fondateur. Si l’on s’en tient à cela, bien peu peuvent se targuer d’être des partis politiques. Il y aurait l’AREMA, le Monima ,l’AKFM (Fanavoazana), le MFM , le Leader Fanilo… Bref, des restes de partis ayant connu un passé et un semblant de présence aujourd’hui.

Quels sont les droits et les obligations des partis politiques ?

L’ordonnance n° 90-001 du 09 mars 1990 a permis une profusion de partis politiques nuisant aux fonctions qui leur sont normalement dévolues, c’est-à-dire l’éducation citoyenne, l’encadrement de ses membres et l’élaboration de programmes entre autres. C’est ainsi que la loi n°2011- 012 relative aux partis politiques du 18 août 2011, a voulu mettre un terme aux créations opportunistes. Et de permettre « une professionnalisation de la politique », dans le sens où les partis légalement constitués doivent se consacrer pleinement aux activités politiques axées autour d’un programme ou d’un idéal, d’agir selon des règles d’ethique et de déontologie, de mettre en œuvre les règles d’alternance démocratique et de concourir aux actions de développement de la nation. Cette loi n’a fait que reprendre dans les grandes lignes celles de la
loi n° 2009 – 002 relative aux partis politiques du 15 janvier 2009 signée dans les derniers jours de la  IIIe  République.

Intérêts communs. Les partis politiques peuvent jouer le rôle que la société attend d’eux dans le processus de consolidation de la démocratie. A Madagascar, les partis politqiues sont confrontés à des défis de professionalisation, de modernisation et de démocratisation, défis exarcébés par d’autres problèmes complexes d’ordre politique, financier et socioculturel. Un programme s’avère ainsi nécessaire, celui d’offrir aux jeunes engagés dans des partis politiques des modules de formation et de renforcement de capacité, afin qu’ils puissent se développer, s’intégrer dans les réseaux, pénétrer dans les instances de prise de décision, et contribuer en tant que leaders politqiues au développement de leurs partis.

Les partis politiques se modernisent, se professionnalisent et peuvent jouer le rôle que la société attend d’eux dans le processus de consolidation de la démocratie. Ces rôles sont, entre autres, l’agréation des intérêts particuliers, la recherche d’intérêts communs pour la société toute entière, l’élaboration et la présentation de propositions de visions, de projets de société et de politiques concurrentes, la préparation, le recrutement,
la présentation de candidats aux élections et la mise en œuvre de politiques dans le sens de l’intérêt commun, l’éducation politique dans le sens de la culture démocratique et du changement de comportement des citoyens.

Page réalisée par Dominique R.

Share This Post

One Comment - Write a Comment

  1. Le système politique actuel est pourri. La définition de la politique est une mascarade pour berner le peuple. « Le pouvoir appartient au peuple », et tous les tralala… c’est du grand n’importe quoi… sur le papier.
    Ce pluripartisme est une gouffre creusée, exprès, par la France. C’est la fameuse « Diviser pour régner »… que la France prône … mais qui n’est pas inclue dans sa constitution « République unique et indivisible »… comme par hasard.
    Les politiciens et hommes d’état successifs ont seulement essayé de s’adapter et d’adapter cette politique au cours de l’histoire de Madagascar… mais personne n’a songé à la redéfinir … en tenant tête face à la France.
    En tout cas, j’attends la personne qui saurait le faire… Puisque c’est la vrais personne qui puisse libérer Madagascar de l’emprise de France… et ainsi de sortir de la pauvreté!

Post Comment

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.