Développement Humain : Madagascar passe de 154e au 158e rang en deux ans!



Jacaranda
La pauvreté ambiante montre que le développement humain est encore loin d’être atteint pour Madagascar.

Selon le Rapport mondial sur le Développement Humain (RMDH) 2016, Madagascar est classé parmi les pays à développement humain faible et se trouve au 158e rang sur 188 pays. Le pays a ainsi sorti cette année 2018, son rapport national sur le développement humain ou RNDH. Le premier depuis l’adoption de l’Agenda 2030 du développement durable par les Etats membres des Nations unies en 2015.

Le rapport national sur le développement humain 2018 de Madagascar a été publié sous le thème du « Développement humain et mobilisation des ressources intérieures ». En ce sens, il  met l’accent sur les marges internes de financement du développement de Madagascar.

D’après ce rapport, « la performance de Madagascar en termes de développement reste faible par rapport à celle de l’ensemble des pays en développement ». Le RMDH  2016 indique qu’en 2015, le niveau de l’Indice de Développement Humain ou IDH de Madagascar était de 0,512 contre 0,523 pour l’Afrique subsaharienne, et 0,717 pour le Monde. Ce qui explique pourquoi la Grande Île se place en 158e position. Néanmoins, toujours d’après ce RNDH 2018 de Madagascar, l’espérance de vie à la naissance à Madagascar est plus importante comparée à l’Afrique subsaharienne : 65,5 ans contre 58,9 ans. De même pour les performances de l’éducation malgache avec un niveau d’instruction des adultes de 6,1 années contre 5,4 ans en Afrique subsaharienne. Et le niveau attendu de l’éducation est de 10,3 ans contre 9,7 ans en Afrique.

Selon ce rapport, «ce sont les performances de l’économie malgache qui plombent le niveau d’IDH». En effet, pour Madagascar, le revenu par tête exprimé en parité de pouvoir d’achat est  de 1 320 USD en 2015 contre une moyenne de 3 383 USD pour l’Afrique subsaharienne.

Le revenu par tête par jour a été de 1200 USD en 2015 selon le rapport national sur le développement humain.

Ne laisser personne pour compte.

Notons que le développement humain est un concept qui, selon le Programme des Nations unies pour le Développement (PNUD), «représente avant tout les libertés des êtres humains: la liberté de réaliser le plein potentiel de chaque vie humaine et non pas seulement de quelques-unes, ni de la majorité, mais de toutes les vies, partout dans le monde, aujourd’hui comme demain». Ce qui concorde parfaitement avec le principe fondamental de l’Agenda 2030 pour le développement durable auquel Madagascar a adhéré et qui est « de ne laisser personne pour compte». Le développement humain pour tous exige ainsi « d’aller au-delà de la simple identification de la nature et des causes des privations subies par les laissés- pour- compte ».

De fortes disparités régionales.

On est encore loin du développement humain pour tous à Madagascar. Le niveau de développement humain étant faible pour la plupart des régions de l’île. En effet, d’après le RNDH 2018, la désagrégation de l’IDH au niveau régional montre «une forte hétérogénéité». Certaines régions font mieux que la moyenne des pays d’Afrique subsaharienne et d’autres se trouvent au niveau de la République de Centrafrique laquelle est la 188e sur les 188 pays.

En guise d’exemple, la région Analamanga, où se trouve la capitale, Antananarivo, a le meilleur niveau de développement humain avec 0,583 d’IDH. S’ensuivent trois autres régions avec un développement humain catégorisé comme étant moyen, à savoir avec un IDH supérieur ou égal à 0,550. Il s’agit des régions Itasy, SAVA et DIANA avec respectivement 0,573, 0,568 et 0,565 d’IDH. Les 18 régions restantes sont alors classées parmi les régions à développement humain faible, avec un IDH inférieur à 0,550. Ce plus faible IDH régional est ainsi observé à Ihorombe avec une valeur de 0,363.

Le niveau de développement humain est le meilleur dans la région Analamanga par opposition à ceux  des   autres régions du pays.

Comment financer le développement?

Le thème du RNDH 2018 de Madagascar «Développement humain et mobilisation des ressources intérieures» se trouve au cœur même de la problématique du financement du développement.

Le financement du développement à Madagascar est en effet caractérisé par «une dépendance vis-à-vis des financements externes», «des aides publiques au développement ou APD sensibles à la stabilité politique, davantage tournées vers les secteurs sociaux et dont la répartition géographique affiche un grand déséquilibre».  Il est également constaté au niveau des ménages, «une faiblesse de l’épargne domestique et une faiblesse du crédit domestique au secteur privé». Sans oublier le fait que «la plupart des Malgaches gèrent leur vie financière hors du système financier». Malgré cela, selon le rapport national, «les recettes fiscales ont enregistré un accroissement significatif depuis ces dernières années en raison de la mise en œuvre de mesures de grandes réformes fiscales». En effet, «les deux principales composantes  de la structure fiscale malgache, notamment la fiscalité domestique et la fiscalité de porte, ont connu chacune une augmentation en valeur ».

La jeunesse est une des ressources internes dont le pays dispose pour améliorer son niveau de développement humain.

Mobilisation des ressources internes.

Le RNDH montre l’étendue de l’espace fiscal que Madagascar devrait explorer pour mieux soutenir le financement de son développement à travers les ressources nationales. Le niveau de pression fiscale de Madagascar qui est de 11% en moyenne, est cependant loin des taux réalisés en Afrique subsaharienne, 17% en moyenne. «D’importantes marges de progression demeurent dans le recouvrement de l’impôt, la fiscalité locale, la taxation de l’exploitation des ressources naturelles, l’efficience des dépenses publiques, ou encore des dépenses fiscales». Aussi le rapport préconise-t-il de mettre en exergue des mesures qui permettront de dégager un espace fiscal qui pourrait être alloué au financement du développement humain et à la poursuite des Objectifs du développement durable (ODD).

Il s’agit entre autres de «réduire au minimum le nombre et le montant des dépenses fiscales, élargir l’assiette fiscale pour accroître les recettes fiscales, réformer la TVA, réévaluer la mobilisation des recettes non-fiscales, réformer la collecte des impôts locaux, promouvoir le civisme fiscal et le consentement à l’impôt, renforcer la politique de réformes de l’administration fiscale, accroître le financement du développement humain et mieux articuler le budget aux programmes de développement».

Dossier réalisé par José Belalahy

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