Relance de l’iodation du sel dans le Menabe : Amélioration de la nutrition publique et un objectif de production de 11 200 t par an

Jacaranda
Le siège du COSIM à Morondava ville.
Les locaux du service de la Nutrition du ministère de la Santé publique à Tsaralalàna Antananarivo.

L’iodation du sel, lancée en 1995 et mise en stand- by depuis 2005, reprend actuellement dans la région du Menabe. A partir de la mi-mars, l’objectif est de produire, annuellement jusqu’à 11 200 t de sel iodé par an, ce qui représente environ 12% de la production nationale

L’iode recommence à apporter son grain de sel pour une meilleure nutrition et plus de développement inclusif à Madagascar. Les enjeux sont à la fois sociaux et économiques, car l’iode est reconnu mondialement pour améliorer l’alimentation et la santé de ceux qui le consomment. L’iodation concourt donc à la bonne santé et l’épanouissement du capital humain, donc par ricochet à sa productivité, d’où l’enjeu de croissance économique et de développement. Pour information, l’apport de l’iode dans l’alimentation des Malgaches aux fins de lutter contre la malnutrition sévère a été étudié depuis le début des années 1990. L’enjeu était de toucher le maximum de Malgaches en trouvant l’aliment le plus largement consommé. Le riz ? Même s’il constitue l’aliment de base de la population malgache, certains ne peuvent plus se permettre d’en consommer faute de moyens. Le manioc ? Une bonne partie de Malgaches n’en consomme  pas au quotidien, certains n’en consomment même pas du tout. Le choix s’est donc porté sur le sel, car les Malgaches en consomment tous les jours pour la cuisine et puis, les nutritionnistes ont affirmé que le sel iodé permet d’améliorer le développement psychomoteur des enfants en boostant notamment leurs facultés cognitives. Même s’il a été véhiculé dans l’imaginaire collectif que le sel iodé favorise l’hypertension artérielle- un problème de santé publique à part entière dans la Grande Ile- les spécialistes interrogés sont formels. « Non, ce n’est pas le sel iodé qui favorise l’hypertension artérielle, c’est la façon dont nous consommons le sel. Nous en consommons beaucoup et trop souvent. » insiste Mme Blandine Raveloharisoa, Chef du Service de la Nutrition du Ministère de la Santé publique. Par ailleurs, il ne faut pas oublier non plus que la géographie et les opportunités d’affaire ont également joué en faveur du sel dans l’apport de l’iode dans l’alimentation des Malgaches, Madagascar étant une île ensoleillée à longueur d’année. Selon nos interlocuteurs sur place, le stand-by de l’iodation du sel a été motivé par des raisons politiques (volontairement tues lors de la rencontre, pour des raisons de sécurité). Ce que nous ne pouvons ignorer en revanche, c’est que depuis 2005 jusqu’à 2019, l’apparition de maladies ou de symptômes relatifs, de près ou de loin à la consommation de sel est montée en flèche. Citons entre autres le cas des goitres : s’il était peu ou prou de 21% entre 1995 et 2005, ce taux a doublé depuis que l’iodation du sel a cessé.

Les représentants des leaders des producteurs de sel formels du Menabe ont rencontré la presse hier, dans les locaux du COSIM.

Relance. La reprise de l’iodation du sel dans le Menabe est lancée officiellement ce jour. Elle a été rendue possible par le partenariat technique et financier (ptf) scellé entre les principaux (et formels) producteurs de sel dans le Menabe, regroupé au sein du COSIM (Comptoir du sel iodé du Menabe) et les bailleurs de fonds et les « ptf » que sont le Fonds des Nations unies pour l’Enfance (UNICEF), le gouvernement japonais, mais aussi le Ministère de la Santé publique à travers le Service de la Nutrition. Depuis hier, une délégation composée de l’UNICEF, du Ministère de la Santé publique et de leur(s) partenaire(s) sont en effet en mission à Morondava pour jeter les bases de cette relance de l’iodation du sel dans la région. L’UNICEF et le gouvernement japonais ont respectivement offert 850 tonnes d’iodate de potassium au COSIM, la remise officielle va s’effectuer ce jour. Notons que l’achat du matériel nécessaire pour effectuer l’iodation du sel a aussi fait l’objet de facilitations, en faveur du COSIM. Cependant, les représentants de ce comptoir estiment que vu l’objectif de production fortement susceptible d’être revu à la hausse, plus de matériel sera nécessaire pour tenir sur le long terme. Il convient aussi de noter qu’outre les impacts positifs escomptés de l’iodation du sel sur la nutrition et la croissance socio-économique ; d’autres effets, logiques, sont à prévoir, à savoir : la légère augmentation du prix du sel (un sac de 50 kg de sel se vendra à 14 000 Ariary, si le prix était fixé auparavant aux environs de 10 000 Ariary). Toujours dans cette optique économique, notons que le Menabe compte une dizaine de

Morondava a été lourdement affectée par Desmond.

producteurs de sel formels (en règle vis-à-vis de la loi, de la fiscalité et de la protection sociale des employés, etc.). Le président de l’association de ces producteurs, Fazade Hedaraly, a tenu à souligner que l’existence de producteurs de sel travaillant dans l’informel (environ une vingtaine) représente une plaie pour la prospérité du secteur : « Ces producteurs sont non seulement informels au regard de la loi, mais leurs modes de production le sont tout autant. C’est-à-dire qu’elles ne respectent pas les normes de production et d’hygiène requises. Cela revient donc de donner du « sel sale » au public en guise de consommation. Ce n’est ni correct, ni éthique. ».Toujours en termes de conséquences, les récentes intempéries et perturbations climatiques n’ont pas épargné la production de sel dans la région du Menabe, à titre d’exemple : des opérateurs ont perdu près de 25% de leur stock si d’autres ont revu leur production réduite de moitié, due au fait que la pluie et la production saline n’ont jamais fait et ne font pas bon ménage.

Dossier réalisé par Luz Razafimbelo

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4 Comments - Write a Comment

  1. Je me souviens tjrs très bien de ces distributions de nivaquines toutes Les semaines.C’étei vraiment un véritable cauchemar pour moi.Le seul réconfort était que c’etait la seule occasion de pouvoir manger des sucreries en classe.

  2. Je suis d’accord avec Brandon ,neanmoins,il faudrait beaucoup de courage et de persévérance pour sensibiliser la population qui ne demande qu’à se sentir bien.Mais nul ne sait que dans les conditions dans lesquelles elle vit durant ces qqs dernières années,savoir si on a un manque ou pas ,n’est pas le premier de ses soucis(ventre »vide »n’a pas d’oreilles,sans parler des autre difficultés du quotidien.Si l’état se preoccupe vraiment de l’état de santé de sa population,il faudra qu’il mette la main dans la poche et proposer des analyses gratuites et faire tout son possible pour faciliter la realisation de ce projet( déplacements….)

  3. L’oms Et l’occident vous obligent à consommer ce que vous ne considérez pas utile ?
    Non , alors prenez vos responsabilités et arrêtez de rejeter sur autrui vos considérations de nuls qui ne pensez qu’a critiquer , trop facile !

  4. Qui a dit qu’il faut prendre 2 comprimés de nivaquine par semaine à l’Ecole ? L’OMS et l’Occident, bien sûr ! Et on a répondu : oui M’sié. Quand on a vu, plusieurs années après, les graves effets secondaires de la nivaquine prise de cette façon-là, l’OMS a dit : il faut arrêter car on a un problème. On a dit : oui, M’sié.
    Qui a dit que les mères qui viennent d’accoucher ne doivent pas donner le petit lait aux bébés, mais le remplacer par de l’eau sucrée tiède pour la toute première tétée ? Bien sûr , l’OMS et l’Occident où la quasi-totalité des femmes n’allaitent même pas leurs enfants. Et on a répondu : oui, M’sié. Or, les Malagasy ont su depuis la nuit des temps qu’il faut justement donner le ranom-batsy aux nouveaux-nés. Quand les occidentaux ont été convaincus de leur erreur, ils ont « conseillé » de donner le petit lait aux bébés finalement, comme si l’idée venait d’eux. Et on répondu : oui, M’sié.
    Maintenant, qui a dit qu’il faut ioder le sel ? L’OMS et l’Occident, bien sûr ! Et nous, on dit : oui, M’sié. Mais savez-vous que l’iode, à la longue et à très petites doses, est une cause de l’hypertension artérielle ? Demandez aux honnêtes médecins !! Or, la HTA relève actuellement de la Santé publique ; ce qui n’existait pas avant. Des jeunes sont victimes d’AVC. Et le nombre augmente. Les occidentaux accepteraient-ils des traitements préventifs à la con comme cela ? Bien sûr que non, car c’est réservé aux terres d’essai comme nous. Que faire, comme disait Lénine ? Trois solutions s’offrent à nous :
    1- traiter les maladies dues à la carence en iode seulement quand elles se déclarent. Comme on traite maintenant le paludisme quand c’est déclaré.
    2- continuer à donner du sel iodé et fluoré à ceux qui en manquent vraiment. Mais dans ce cas, il faut faire des analyses pour savoir qui sont concernés ou non.
    3- donner à la population le choix d’acheter du sel non iodé ou du sel iodé. C’est son droit le plus élémentaire. En effet, personne n’a le droit d’imposer à une autre personne un traitement qui peut être nuisible à sa propre santé. Donc, il faut ABSOLUMENT que le Ministère de la Santé sorte un Arrêté autorisant la vente de sel non iodé. Il y va de la santé de la population. A moins qu’il attende que l’OMS et l’Occident déclarent que finalement ils étaient dans l’erreur avant de prendre la mesure adéquate !!! Cette fois-ci, nous ne devons plus dire : oui, M’sié. Y en a marre de la colonisation intellectuelle ! Ce n’est pas parce que certains sont médecins qu’ils croient détenir la science infuse.
    Merci de transmettre ce message aux responsables du Ministère.

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