Régions Atsimo-Andrefana, Anosy et Androy : Des réalités troublantes sur les effets des changements climatiques

Jacaranda
Les effets des changements climatiques sont palpables dans les régions Atsimo-Andrefana, Anosy et Androy

Les effets des changements climatiques sont palpables et inquiétantes pour les régions Atsimo-Andrefana, Anosy et Androy. Les situations changent d’une région à l’autre. Des points communs existent toutefois et les conséquences sont néfastes pour le développement socio-économique desdites régions.

Madagascar fait actuellement partie des sept pays qui souffrent le plus des effets des changements climatiques. Un paradoxe si l’on compare le pays aux nombreux pays industriels qualifiés de pollueurs. Le pays participe, certes, à la destruction de l’environnement (dans le sens mondial du terme) mais comparée aux dégâts causés ailleurs et les ressources dont le pays continue de disposer, la situation est assez préoccupante. Les zones côtières sont les premières concernées. Montée des eaux, défrichement des sols, érosions marines, destruction des mangroves, quelques exemples des manifestations des effets des changements climatiques souvent cités par les acteurs et organismes œuvrant dans le domaine. Des manifestations qui sont les plus terre-à-terre également et dont les conséquences sont désastreuses pour les ressources du pays d’un côté. Mais également, pour les Malagasy de l’autre. L’élaboration du Plan Nationale d’Adaptation (PNA) et du Plan d’Action Nationale de Lutte Contre les Changements Climatiques (PANLCCC) entend changer la donne. Faisant partie des directives à entreprendre par les Parties à la Convention Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques (CNUCC), ladite élaboration se fait par l’intermédiaire d’ateliers interrégionales de concertations. Organisées par le Ministère de l’Environnement, et du Développement Durable (MEDD) à travers le Bureau National de Coordination des Changements Climatiques (BNCCC), en partenariat avec la Coopération Allemande, la GIZ, les ateliers interrégionales (6 en tout et pour tout) sont financés par l’Union Européenne. Entrant dans le cadre du Projet de renforcement des conditions et capacités d’adaptation durable au changement climatique (PRCCC) du Programme d’Appui à la Gestion de l’Environnement (PAGE), lesdites consultations constituent des plateformes d’échanges et de partages des parties prenantes. Un espace où les plans d’actions, les réalités et les aspirations des parties prenantes sont puisées afin de constituer les documents des PNA et du PANLCCC. Pour ce qui est des réalités, la consultation interrégionale dernièrement organisée à Toliara interpelle sur les réalités dans les régions Atsimo-Andrefana, Anosy et Androy.

La ville de Toliary est sous les eaux après les précipitations .

Perturbation du niveau des précipitations à Toliara Ville. Les effets des changements climatiques sont des raisons de plus qui empêchent de trouver le sommeil pour les quelques 400 000 habitants de la ville qui ne dorment jamais. Les propos de l’adjoint au maire de Toliara Ville confirment la situation. “Le niveau des précipitations ont changé avec le temps. De fortes pluies surviennent dans un laps de temps assez court. Ce qui n’était pas le cas il y a des années de cela“, a-t-il fait savoir. Et lui de préciser toutefois que “la ville se distingue par la rareté des précipitations“. “Dès que la pluie tombe, c’est la panique dans la ville de Toliara. L’eau monte à un certain niveau et pendant une durée assez courte. Ce qui inquiète la population étant donné les perturbations des saisons des pluies en générale“, a        noté notre interlocuteur. Ce dernier n’ayant pas pu garder une de ses inquiétudes pour lui nous a interpellés. “Imaginez une seconde que de fortes pluies durent pendant des journées entières. Qu’en serait-il de la population tout en sachant que la ville se situe en deçà du niveau de la mer et qu’elle ne dispose pas d’infrastructures d’évacuation d’eau“. L’entretien avec l’adjoint au maire de la ville de Toliara a également permis de savoir que “la route nationale numéro sept – de Toliara à Sakaraha – était couverte de forêt à un certain temps de l’histoire du pays”. Ce qui n’est plus actuellement qu’un souvenir…Un mélange de bon et de regret pour l’adjoint au maire.

L’exploitation sauvage de saphir met en danger les ressources du parc Sakaraha.

L’exploitation de Saphir, un fléau qui mine le Parc Sakaraha. L’explosion démographique est assez caractéristique des zones entourant le parc Sakaraha. Géré par Madagascar National Park, la réserve serait actuellement en danger à cause de l’exploitation sauvage de saphir opérée par des migrants. “Des personnes migrent vers le parc pour y exploiter le Saphir. Ils viennent à Sakaraha dans l’espoir de trouver des saphirs qu’ils pourraient ensuite vendre. La situation n’est toutefois pas évidente. Beaucoup n’arrivent pas à en trouver. Une reconversion vers d’autres activités s’opère alors. D’où la hausse de l’insécurité, l’exploitation des ressources naturelles du parc ou encore la déforestation pour cause agricole”, a expliqué Guillaume Rajaonarisoa, directeur du parc Sakaraha. Ce dernier de noter que “ la migration trouve son origine des effets des changements climatiques et de l’extrême pauvreté dans le sud du pays“. Une situation qui incite les gens à trouver mieux ailleurs quitte à détruire les forêts et les ressources qui s’y trouvent. Les cas de braconnages des Varika, de trafic de tortues ou encore d’exploitation des bois à des fins lucratifs n’en sont que quelques exemples.

Devant être un grenier à riz du Sud, Betroka fait actuellement face aux effets des changements climatiques

Hausse progressive de la Température pour Anosy. “Toutes les zones de la région Anosy sont actuellement impactées par les effets des changements climatiques. Et les populations en sont conscientes sans pour autant avoir les moyens nécessaires pour y faire face”. C’est en ces termes que Safidy Nomenjanahary Ravelompanantenana, chef de service environnement auprès de la Direction régionale de l’Environnement et du Développement Durable Anosy a résumé la situation en matière de changement climatique dans sa région. Une situation vécue au quotidien par la population de l’Anosy et qui aurait des impacts négatifs sur leurs secteurs d’activité. Ces derniers tournant autour de l’élevage et de l’agriculture sont, en effet, tributaire du bon vouloir du climat. Ainsi, les changements climatiques se manifestent par un changement palpable du rythme des précipitations pour les zones côtières. “Pour le cas de Tolagnaro en particulier, les précipitations sont de plus en plus fortes. Les durées sont de plus en plus courtes et les saisons des pluies s’en trouvent perturbées“, a expliqué Safidy Nomenjanahary Ravelompanantenana. Par ailleurs, la hausse continuelle de la température serait observée dans les zones situées à l’intérieur des terres. La chef de service auprès de la direction régionale de l’environnement et du développement durable de l’Anosy de prendre l’exemple de Betroka et d’Amboasary pour expliquer la situation. “La température augmente considérablement à Betroka. Ce qui a des conséquences inquiétantes sur le secteur de l’élevage dont dépend l’économie du district“. Le déplacement et la modification des dunes sont quant à elles observées à Amboasary. Des faits causés par l’amplification du “tsiokatsimo” et dont les effets sont la sècheresse des sols et l’érosion éolienne.

Dossier réalisé par José Belalahy

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6 Comments - Write a Comment

  1. Je suis tout à fait d’accord avec Réfléchis. Il faut recoustruire du sol au plafond c est a dire déjà obligation d’aller à l’école jusqu’à 16ans au moins. Formation , travail jusqu’à la retraite.lois qui protège les employés et les travailleurs.Avoir le moyen d aller se soigner qu’on est malade. Si on se respecte et de se protéger entre nous …on va se rendre compte automatique l environnement, développement et protection de la nature que c est très important. Même ça peu mètre la fin de bandits et de vendict populaire . Ho paradisa i Madagascar

  2. adala be ny mpanao vaovao ny Madagasikara

  3. @ Vrignaud,
    Hormis vos remarques justes sur l’absence d’infrastructures et l’explosion démographique dans ce pays, mais vos écrits parlent un peu de tout.
    Ne voyez-vous pas que l’intitulé de l’article parle du changement climatique responsable des sécheresses et des fortes pluies provoquant à son passage des ruissellement des eaux boueuses et des éboulements de terres puis ravageant toutes cultures.
    L’urgence est avant tout de penser sérieusement au respect de l’environnement et de l’écologie, d’ailleurs vos remarques sur l’exploitation des terres rares et les déchets générés par la fabrication des batteries et autres tombent à pic sur la gestion rationnelle de l’écologie.
    Bcp d’efforts à faire pour essayer de sauver ce qui peut l’être.

  4. La première et la principale cause problèmes de Madagascar, c’est sa démographie exponentielle et la gestion faîte en dépit du bon sens par ses dirigeants. Car expliquez moi en quoi le réchauffement climatique est responsable de l.absence d.infrastructure des eaux pluviales dans une ville, de la déforestation,de la destruction des mangroves etc.. Tout comme la montée de l’océan Indien qui ne monte pas aux Indes. A force de crier à la fin du monde uniquement par le réchauffement climatique cela décrédibilise tout et donne comme résultats les gilets jaunes en France, la Chine et les pays d’Asie du sud-est qui se moquent de nos peurs de pays nanti et en profitent pour nous vendre a prix d’or les terres rares que l’on ne sait pas recycler pour nos batteries automobiles pollution garantie dans 10 ans ou des panneaux solaires etc….

  5. Dossier bien nourri par José Belalahy et révélateur des effets palpables du déréglement climatique.
    Faute d’avoir agi au moment opportun par insouciance/irresponsabilité/ignorance ou tout ça à la fois.
    Maintenant, ce sont aux élus, aux responsables et à toutes les communautés d’en prendre conscience et d’agir en faveur de l’écologie.

  6. Ne cherchez pas trop d’excuses, qui certes ont leurs influences, ..MAIS CE SONTSUTROUT LES MALAGASY EUX-MÊMES QUI DETRUISENT LEUR PAYS….. , il faut les éduquer et leur donner du travail, si on veut que tout ceci s’améliore un jour… sinon, la descente aux enfers continuera..
    C’EST L’AFFAIRE DE TOUS… à commencer par les “MANANA NY FAHEFANA”..

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