La pollution atmosphérique et ses risques pour la santé : Point focal de la journée mondiale de l’Environnement 2019

Jacaranda
(photo d’archives) Les trafics monstres sévissant à Antananarivo engendrent une pollution atmosphérique qui l’est tout autant, à cause de leurs gaz d’échappement. Adopter ou faire adopter progressivement des moyens de locomotion plus écologiques permet donc à moyen terme de diminuer drastiquement la pollution de l’air.

Hier, la journée mondiale de l’Environnement a été célébrée dans le monde entier. Ce fut l’occasion d’interpeller citoyens, décideurs politiques et leaders économiques sur l’énorme danger que représente la pollution atmosphérique sur la santé publique et toutes les pollutions ainsi que d’autres domaines qui lui sont corollaires : pollution maritime, changement climatique, exploitation à outrance des combustibles fossiles. Il importe également de souligner la responsabilité de chacun, des citoyens comme des leaders, car elle est égale. Le citoyen manquant de civisme-jetant des ordures partout, pratiquant des feux de brousse et la déforestation à outrance, utilisant des moyens de locomotion dont les gaz d’échappement n’ont pas été soumis à contrôle- est tout aussi coupable que les leaders autorisant cette gabegie en plus d’autoriser et de ne pas règlementer l’industrie massive et tous ses déchets, ou encore de limiter progressivement l’exploitation des énergies fossiles, principal facteur de pollution atmosphérique.

Le cas d’Antananarivo : Parmi les villes les plus polluées au monde

Selon une analyse tirée d’un rapport de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS/WHO) sur la pollution atmosphérique, la pollution de l’air à Antananarivo est de 60 μg/m3,, cela est trois fois plus supérieur au taux recommandé par l’OMS et place donc la Ville des Mille  parmi les villes les plus polluées du monde. Ci-dessous un extrait (ayant fait l’objet d’un petit « re-editing ») d’un article paru dans nos colonnes le 31 octobre 2018, en parallèle avec la tenue du premier sommet mondial sur la pollution de l’air ayant eu lieu à Genève au même moment; expliquant plus en détails cela, en plus de rappeler les dangers de la pollution atmosphérique sur la santé mondiale.

La pollution de l’air à Antananarivo se chiffre à 60 μg/m3, ou 60 microgrammes par m3. Ce qui fait que le taux de pollution atmosphérique sur Tanà est trois fois plus supérieur au seuil tolérable fixé par l’OMS qui est de 20 μg/m3. Cette pollution qui sévit dans la Ville des Mille place la capitale malgache juste devant la mégalopole de Shenzhen en République populaire de Chine, 15mégalopole (de plus de 14 millions d’habitants) parmi les plus polluées au monde avec 61 microgrammes par m3. Pire encore, à Antananarivo, cette pollution atmosphérique peut atteindre un pic de 360 μg/mdans la journée. Un chiffre hallucinant qui devance largement la moyenne annuelle de New Delhi, la ville la plus polluée du monde, avec 229 μg/m3 ! Des chiffres alarmants qui ont conscientisé certains leaders politiques et surtout l’OMS sur l’urgence de trouver des solutions et des mesures à prendre pour lutter contre la pollution atmosphérique dont les conséquences sont transversales et désastreuses. Une prise de conscience qui a abouti à l’organisation de ce premier sommet mondial sur la pollution de l’air et la santé, dans la capitale suisse. Le Directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, en s’adressant hier à des collaborateurs de « Climate Tracker » (une fondation qui œuvre dans lutte contre le changement climatique en réalisant des campagnes médiatiques donnant l’opportunité à de jeunes journalistes d’influencer les politiques, pratiques et négociations climatiques dans leur pays) : « Nous sommes ici pour discuter autant des causes et des conséquences de ce problème mondial de santé publique- ( 7.000.000 de personnes meurent chaque année à cause de la pollution atmosphérique)- que des solutions possibles et des mesures à prendre pour la « neutraliser au plus vite “.

 Causes. Cette pollution atmosphérique trop élevée à Antananarivo puise son origine dans de nombreux facteurs contingents, mais les trois plus importants, retenus notamment par des experts nationaux et internationaux sont le problème récurrent de la recrudescence des feux de brousse qui provoque des émissions et de l’intoxication au carbone, l’intoxication au plomb qui est notamment d’origine industrielle et enfin le nombre « astronomique » de voitures constamment embouteillées dans des trafics monstres, avec la pollution directe que provoque leur échappement. Par ailleurs, cette pollution atmosphérique est décuplée par le réchauffement climatique, effet direct du changement climatique, par lequel Madagascar est concerné à cause de la dégradation à grande vitesse de son environnement pourtant unique au monde (déforestation, disparition progressive des mangroves, etc.).

Conséquences. Si ces causes de la pollution de l’air à Antananarivo sont banalisées dans la pratique comme dans la représentation collective, ou encore au niveau politique ; ses conséquences tout aussi graves, sont malheureusement sous-estimées. A Antananarivo comme dans les villes frappées par la pollution de l’air, les enfants sont les premières victimes. A Madagascar, 11% des enfants de  moins de 5 ans sont victimes d’infections respiratoires aiguës (IRA) comme la pneumonie. Lors du premier jour du Sommet mondial sur la pollution de l’air et la santé à Genève, l’OMS a relancé une étude qu’elle a faite sur le sujet et qui annonce que 600 000 enfants meurent prématurément chaque année à cause de la pollution atmosphérique. Les personnes âgées sont également concernées avec une nette corrélation des accidents vasculaires cérébraux, l’hypertension artérielle et la pollution atmosphérique.

Luz Razafimbelo

(Crédit photo Luz Razafimbelo) Ces photos prises samedi dernier à Andohatapenaka II parlent d’elles-mêmes. La pollution, qu’elle soit atmosphérique ou autre, est directement liée à l’activité humaine. Inutile de se voiler la face, la lutte contre la pollution et ses risques sur la santé passe par la prise de conscience et le changement de comportement de tout un chacun.

« Combattre la pollution atmosphérique »: Des pistes de solution

A travers son discours à l’occasion de la célébration de la Journée mondiale de l’Environnement cette année, António Guterres, le Secrétaire général des Nations unies propose des pistes de solution, tout en dressant un tour d’horizon de l’état actuel de la pollution de l’air dans le monde. Voici son discours.

« La Journée mondiale de l’environnement est l’occasion de mettre en lumière combien nous sommes toutes et tous tributaires de la nature et de la santé de notre planète.

La qualité de l’eau que nous buvons, des aliments que nous mangeons et de l’air que nous respirons dépend de la protection du milieu naturel.

Cela étant, l’environnement est plus que jamais mis en péril par l’activité humaine.

Un million d’espèces sont menacées d’extinction, et les océans sont mis à rude épreuve.

La pollution atmosphérique fait 7 millions de victimes chaque année et nuit au développement des enfants, sans compter que de nombreux polluants atmosphériques sont à l’origine du réchauffement climatique.

Les changements climatiques représentent une menace pour notre existence même.

Lors de mon récent déplacement dans le Pacifique Sud, j’ai constaté de mes propres yeux les répercussions de plus en plus graves de la situation d’urgence climatique mondiale.

Il n’y a pas de temps à perdre. C’est le combat que nous devons mener.

Nous devons gagner. Et nous pouvons gagner.

Des solutions existent : taxer la pollution et non les populations ; cesser de subventionner les combustibles fossiles ; arrêter de construire de nouvelles centrales à charbon.

Partout dans le monde, des voix s’élèvent pour exiger des mesures.

En cette Journée mondiale de l’environnement, entendons cet appel. »

António Guterres, le Secrétaire général des Nations unies

Dossier réalisé par Luz Razafimbelo

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3 Comments - Write a Comment

  1. « Il importe également de souligner la responsabilité de chacun, des citoyens comme des leaders, car elle est égale »
    Je ne suis pas d’accord!
    Les leaders, amplement bien payés, ont plus de responsabilité. Ils sont les modèles. Ils anticipent, ils pensent à long termes, ils décident … alors dire que la responsabilité est égale: c’est tout simplement FAUX.
    Bien sûr que les citoyens ont une part de responsabilité. Personne ne peut se soustraire des réponses de ses actes envers notre environnement naturel.

  2. Les feux de brousse étant la première cause de la pollution … en ville?
    Mais c’est de l’affirmation gratuite!
    Y-a-t’il de la brousse à bruler en ville?
    S’il y en a, la brousse se brule une seule fois … avant de pousser et se sécher! donc une émission de CO2 ponctuelle.
    Les voitures, les moteurs, les groupes électrogènes, les usines,… émettent des CO2 et d’autres gaz polluant (combustion incomplète) CONTINUELLEMENT! c’est la première source de pollution de l’air … en ville!
    Il faut dire les choses telles qu’elles sont.
    Les politiques et les industrielles choisiront TOUJOURS les profits économiques (à court termes et pour des minorités) que le sauvegarde de notre environnement (à long termes et pour tout le monde)! c’est tout.

  3. · Edit

    Dossier très bien fourni et bien documenté par Luz Razafimbelo.
    traitant le thème de l’environnement avec toutes ses causes et ses conséquences sur la pollution de l’air, de l’eau, le changement climatique.par le réchauffement de la planète.
    L’appel est lancé, à chacun de prendre ses responsabilités.

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