Conférence pour le climat : La COP25 de Madrid en 10 points      

LégendesPhoto 3Le lieu où se déroule la COP25Photo 4Les chefs d’Etat ou de gouvernement présente à l’ouverture de la Conférence.

Le 2 décembre 2019 a débuté à Madrid la 25ème conférence de l’ONU pour le climat, sur une note plutôt pessimiste eu égard des défis majeurs à relever pour parvenir à faire respecter les accords de Paris de 2015, notamment sur la révision des engagements climatiques des plus grands pollueurs. Sur les 196 pays représentés à Madrid, à peine 40 le sont par leur chef d’Etat ou de gouvernement. Les experts sont sceptiques quant à une avancée appréciable.

  1. Présidence chilienne et site madrilène. La COP25 se tient actuellement à Madrid, au centre de conférence IFEMA. Cette conférence des Parties devait initialement se tenir au Brésil, mais avant même que la COP24 ne débute en 2018, le Brésil a manifesté son désistement. Officiellement pour cause de moyens financiers, mais l’élection du président brésilien Jair Bolsonaro, issu de l’extrême droite, qui n’est pas moins un climato-sceptique assumé, n’est pas étrangère à cette volte-face du Brésil, annoncée en novembre 2018. Le Chili s’est alors proposé mais fin octobre, suite à la crise sociale qui persiste dans le pays, le Chili annonce ne plus être en mesure d’accueillir la conférence pour le climat. Le lendemain, l’Espagne s’est proposée d’héberger la COP25. Proposition aussitôt accepté dès le surlendemain. L’Espagne a alors dû organiser cette conférence au sommet en seulement un mois et a dû débourser 60 millions de dollars. En dépit de la délocalisation de la conférence, la 25e Conférence des Parties reste sous présidence chilienne.

 

  1. Participants
    196 pays, dont Madagascar, sont représentés à Madrid. Moins du quart sont représentés par leurs dirigeants. Ces pays représentés à la COP25 sont des signataires de la Convention-Cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC), qui tiennent une Conférence annuelle depuis 1995. Les pays peuvent être représentés par le chef d’Etat ou de gouvernement, des ministres ou des négociateurs. Outre les délégations officielles de chaque pays et les experts, des ONG, des représentants de villes, ainsi que des journalistes sont également présents. A Madrid, quelques 25 .000 personnes sont accréditées au total.
  2. Thème et slogan
    La présidence chilienne a choisi les océans et leurs rôles dans la lutte contre le changement climatique comme thème principal de la COP25. La Conférence a ainsi été nommée « COP bleue ». Le slogan retenu est « Time for action » : il est temps d’agir.
  3. Un des sujets « chauds » : les NDC

Les contributions déterminées au niveau national ou NDC fait partie des sujets qui fâchent. Selon l’accord de Paris, les pays doivent présenter d’ici 2020 et avant la COP26 à Glasgow leur plan national pour réduire leurs émissions de GES (gaz à effet de serre). L’objectif global fixé par l’Accord de Paris consistent en des réductions permettant de rester à +1,5°C en termes de réchauffement climatique. Pour le moment, les efforts sont insuffisants. Seuls 68 pays ont rejoint l’« Alliance ambition climatique » lancée par le Chili lors du sommet de l’ONU pour le climat en septembre 2019. Cet organisme regroupe les pays qui acceptent de relever leurs ambitions pour 2020 afin d’atteindre la neutralité carbone en 2050.

  1. Les chefs d’Etat ou de gouvernement présente à l’ouverture de la Conférence.

    Point de non retour

Selon le dernier rapport du GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat), si l’humanité ne réduit pas suffisamment ses émissions de GES, le réchauffement risque de dépasser 3 °C avec des conséquences irréversibles. La planète s’approche actuellement du point de non retour.

  1. Pertes et préjudices
    Lors de la COP19 en 2013, le Mécanisme International de Varsovie pour les pertes et préjudices a été créé. Ce mécanisme est censé assurer une entraide face aux « incidences des changements climatiques » mais il n’est pour l’heure pas financé et ne produit que des travaux de réflexion. C’est un point crucial pour les pays en développement, plus vulnérables face aux impacts du changement climatique, en majeur partie causé par les pays industrialisés. La question du financement de ce mécanisme est de nouveau sur la table, ainsi que celle de sa gouvernance.
  2. Le marché carbone

Il s’agit du mécanisme d’échange d’émissions de CO2 : ceux qui polluent moins peuvent « vendre » leur excédent à ceux qui polluent plus. Le sujet est sensible et épineux, ayant valu d’intenses bras de fer lors de la COP24. Les discussions n’ont, d’ailleurs, pas été achevées. D’où la suite qui se tient à Madrid. Il s’agit du dernier volet des règles d’application de l’Accord de Paris.

  1. Le financement

Les pays industrialisés s’étaient engagés à verser 100 milliards de dollars par an pour aider les pays en développement à partir de 2020 face aux impacts du réchauffement climatique. Nous sommes loin du compte. Selon le rapport de l’OCDE, le montant total, le maximum atteint, est de 71,2 milliards de dollars en 2017.

Les pays du Sud réclament par ailleurs davantage de financements pour le Fonds Vert pour le climat. Créé il y a 10 ans lors de la COP15 et officiellement lancé en 2011 lors de la COP17 de Durban, ce fonds est devenu depuis la COP21 le véritable organe de financement de l’Accord de Paris. Il devait être pourvu de 10 milliards de dollars. Les pays membres, réunis en octobre 2019, ont promis d’y contribuer à hauteur de 9,8 milliards de dollars pour la période 2020-2023.

  1. Les attentes de l’Afrique

L’Afrique est confrontée à des impacts importants du changement climatique : sécheresses, inondations et autres catastrophes que sa population subit de plein fouet, avec des conséquences considérables sur l’économie des pays d’Afrique. Ces derniers attendent des réponses à long terme.

  1. Les Etats-Unis se retirent

Les Etats-Unis ont déjà annoncé leur retrait de l’Accord de Paris. Ce retrait ne sera, cependant, effectif que le 4 novembre 2020. A la COP25, les Etats-Unis sont toujours représentées par une délégation conduite par Marcia Bernicat, chef du bureau pour les Océans et les Affaires scientifiques et environnementales internationales. Avec elle, des responsables d’organismes gouvernementaux américains impliqués dans les questions climatiques. Par ailleurs, la présidente démocrate de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, a également fait le déplacement à Madrid avec une quinzaine d’élus américains.

Dossier réalisé par Hanitra RAMAHATRA

Source : unclimatesummit.org

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