Famine : D’espoir et d’eau fraîche dans le sud malgache

Une femme en chaise roulante et son enfant, dans un des fokotany de la commune d’Andranohinaly.

La famine qui frappe le sud de Madagascar est en train de faire braquer le regard du monde entier vers le présent et l’avenir de milliers de personnes affamées depuis les environs de Toliara, jusqu’à Amboasary, Ampanihy, etc. Des décès et des centaines de déplacés sont comptés depuis plusieurs semaines.

« Seulement de l’eau », cette phrase s’entend dans la bouche de toutes les personnes à qui on demande quelle est la meilleure solution pour combattre le « kere », la famine. Cette période d’extrême disette, qui frappe de sud depuis des lustres. Connu aussi sous le nom d’« arikatoke », à partir du mois d’octobre, plutôt cette année, des centaines de personnes se déplacent vers des terres et des localités plus généreuses. Quand les pluies arrivent, ils reviennent chez eux. Ensuite, tout le monde accourt. L’Etat, les diverses organismes internationaux, les associations de tous bords, les particuliers au grand cœur… mais l’aspiration de ceux qui viennent du sud reste la même depuis des lustres, « seulement de l’eau ».

Un puits peut sauver un village, « seulement de l’eau ».

Face à la sécheresse, cause de la famine récurrente,  qui sévit sans aucune forme de pitié, plusieurs questions méritent maintenant d’être posées et d’en trouver des premières pistes de réponse. Si les régions comme l’Androy ou l’Atsimo-Andrefana attirent des milliers de touristes, n’est-il pas venu le temps de se demander : « quels sont profits entraînés par le tourisme ? ». Selon les chiffres, la part de cette partie de Madagascar représenterait plus de 38 % de la demande touristique. Un part de marché conséquent, dont les probables retombées, aurait déjà pu inspirer à pouvoir commencer un effort de développement dans ces confins sans eau ni nourriture.

La deuxième question est de savoir « quelle est l’importance de l’aide internationale ? ». Depuis les gouvernements successifs, le Sud est, qu’on le veuille ou non, un aimant à aides. Qu’il faut aussi faire la distinction entre les aides aide d’urgence (produits de consommation, vivres, etc.) et aide destinée à des investissements techniques, etc. Il faut remonter à plusieurs décennies pour pouvoir faire le calcul exact des montants déjà alloués à cette partie de la Grande Île. Mais, le constat est dur. Des morts, la famine chronique, la sécheresse, les terres arides… restent le lot annuel d’Ambovombe, d’Amboasary, d’Ejeda, d’Ampanihy et d’autres régions sévèrement affamées.

Il est aussi temps de se tourner vers le ciel : la météo. Si jamais, le réchauffement climatique pourrait aggraver encore plus la pluviométrie. Selon des spécialistes, le nombre des enfants touchés par la famine atteindrait les 35 000. ces statistiques pourraient augmenter face aux changements environnementaux. Un avenir qui s’éloigne en rapprochant l’obscurité. Cependant, au contact de ses mères, de ses hommes, de ses enfants toujours souriants, que la fin n’éreinte en rien la dignité… l’espoir semble toujours être de mise. Comme un sniper fou, le « kere » abat un à un les plus vulnérables, ou bien laisse des blessures à vie : la résignation chez les proches des décédés.

Maminirina Rado

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