Secteur forestier : Manque de vision et incohérence des lois



Jacaranda
Une vision commune sera établie à l’issue de ces assises nationales. (Photo : Yvon Ram)
Une vision commune sera établie à l’issue de ces assises nationales. (Photo : Yvon Ram)

Toutes les parties prenantes lors des assises nationales de la gouvernance forestière vont établir une vision commune de ce secteur.

Madagascar se trouve loin d’une gouvernance forestière idéale. En effet, « on constate un manque de vision claire au niveau du secteur forestier. Les lois et cadres réglementaires le régissant sont également incohérentes et obsolètes, voire même contradictoires. Ce qui rend difficile leurs applications et favorise la corruption », a exposé Andry Andriamanga, le Coordonnateur national de l’Alliance Voahary Gasy lors de l’ouverture des Assises nationales de la gouvernance forestière qui se tiennent depuis hier jusqu’à ce jour à La Résidence à Ankerana.

Pilier. A titre d’illustration, « l’Etat a suspendu la délivrance de permis d’exploitation forestière pour une gestion durable des ressources  alors que l’octroi de permis continue via des arrêtés régionaux, et ce, dans une zone non-autorisée à être exploitée », a-t-il rajouté. Et encore, la Grande Ile est sous-administrée faute de moyens suffisants. « Ce qui explique la faiblesse du mécanisme de contrôle au niveau de ce secteur qui est pourtant un des piliers de développement du pays si le capital forestier est bien valorisé », a-t-il soulevé.

Représentatives. Dans la foulée, des assises régionales se sont tenues à Haute Matsiatra, Atsimo Andrefana et à Boeny pour effectuer l’état des lieux du secteur en matière de gouvernance forestière. « Ce sont des régions représentatives en termes de problématique forestière étant donné que la majorité de leurs exploitations de ressources forestières servant à satisfaire nos besoins en bois et énergie proviennent des forêts naturelles. Leurs problèmes communs se situent au niveau des cadres réglementaires et de la politique forestière », a évoqué le coordonnateur national de l’AVG.

Handicap. Par ailleurs, « on observe un manque de synergie entre les acteurs. Entre autres, des organismes internationaux définissent eux-mêmes leurs zones d’intervention, alors que nous devons avoir une priorité. L’inexistence de base de données sur les besoins en produits forestiers et de la politique d’augmentation forestière constituent aussi un handicap majeur », a expliqué Hanta Rabetaliana, consultante en matière de gouvernance forestière. Et lui de poursuivre que la gestion forestière ne doit plus être la prérogative du ministère de l’Environnement mais de toutes les parties prenantes. Raison de la mise en place d’une vision commune afin que chaque acteur puisse se positionner dans sa prise de décision.

Navalona R.

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