Jirama : L’Argent du délestage

Jacaranda

Durant l’année 2013 le DG du Trésor s’était arraché les cheveux pour trouver de l’argent à injecter dans la caisse de la société nationale d’Electricité et d’eau. Il a à plusieurs reprises interpellé l’opinion sur la situation financière catastrophique de la Jirama qu’il a qualifiée de « gouffre  financière ».

D’après une investigation sur le secteur et sur les tenants et aboutissants de la gestion de cette société, il s’est avéré que les délestages génèrent des profits astronomiques à un groupe de personnes gravitant dans l’électricité, à savoir des opérateurs, des responsables de premier plan de cette société et même des hauts responsables étatiques touchant de près ou de loin à la fourniture d’électricité.

Récemment, le DG de la Jirama a multiplié des conférences de presse relatives aux efforts de la Jirama pour faire face aux délestages. De même, la société prestataire de service de la Jirama a récemment fait étalage de ses aides à la Jirama en octroyant « gracieusement » ici et là des groupes électrogènes. Il a été mentionné de 20 groupes électrogènes qui sont en cours de livraison.

Mais d’après les investigations, la réalité est tout autre. En effet, cette société a fourni des groupes électrogènes mais pas du tout à titre gracieux, car le DG de la JIRAMA a signé la dernière semaine des contrats de location en bonne et due forme sur ces matériels, dont la qualité relève plutôt de la ferraille car ce sont des groupes d’occasion en très forte dégradation dont la Jirama assurera les révisions et le remplacement des éléments manquants. Mais cela, on ne le dit pas.

Cette  société loue à la Jirama des centrales thermiques à Mahajanga, Toamasina, et à Antsiranana. En fait, le coût de l’électricité à payer par la Jirama se fait suivant la quantité fournie. Mais dans la pratique, même si ce prestataire n’arrive pas à atteindre la quantité d’électricité à fournir, le coût de location à payer par la Jirama reste forfaitaire. Il n’y a aucune forme de défalcation des produits non fournis. Et personne ne s’offusque de cette injustice flagrante dans toutes les instances, à commencer par la Jirama jusqu’au ministère et le Conseil d’Administration présidé par Haja Resampa qui était pourtant en même temps SGP. C’est toujours les consommateurs qui en pâtissent. Et ce n’est pas près de finir car cette situation constitue un business bien juteux. A Toamasina, le poumon économique du pays, le délestage a fait rage depuis plusieurs mois, le prestataire de service de cette société ne parvient même pas à fournir la moitié de la quantité d’électricité mais le coût forfaitaire à payer mensuellement reste entier.

D’après nos investigations, les centrales de Toamasina, Antsiranana et Mahajanga coûtent à la Jirama et donc aux contribuables la bagatelle d’au moins deux milliards d’Ariary chaque mois. Il faut noter que c’est la Jirama aussi qui prend en charge les carburants de ces centrales en location.

Outre les locations de centrale, la Jirama a aussi effectué depuis 2011 des locations et des achats d’une trentaine de  groupes électrogènes à moindre gabarit de cette société. Lesdits groupes ont été achetés ou loués avec des éléments manquants et dans un état de grande dégradation, mais c’est toujours la Jirama qui effectue les réparations avant l’utilisation de ces groupes. Toutes ces opérations  se font de gré à gré sans autre forme d’appel d’offres selon la loi en vigueur.

Lutte contre le délestage ? Oui, mais pas dans ces conditions ni à ce prix. Au final, les actions contre le délestage n’est que de la poudre aux yeux mais enrichit un groupe de personnes dont certains achètent à tour de bras des voitures 4×4 dernier cri et des bijoux se chiffrant à des millions d’Ariary et il n’y a pas de raison que cela ne dure pas pour ce réseau mafieux.

Ces investigations permettent de lever un pan de voile sur le « gouffre » Jirama et apporte quelques éléments de réponse à la cause d’insomnie du DGT.

Mamiah

Telma Fibre Vibe

Share This Post