Riz : « Il faut stopper les importations sauvages ! »



Jacaranda
Les importations sauvages de riz entraînent une concurrence déloyale sur le marché local. (Photo d’archives)
Les importations sauvages de riz entraînent une concurrence déloyale sur le marché local. (Photo d’archives)

Madagascar a tous les atouts pour booster sa production rizicole. La concertation de tous les acteurs opérant dans la filière est indispensable pour ce faire.

En 2013, Madagascar a importé environ 400 000 tonnes de riz, soit presque le double du volume d’importation réalisée l’année précédente. C’est également un record dans les annales du pays. « C’est la quantité déclarée auprès du ministère de Commerce compte tenu du nombre d’autorisation d’importation. Mais il y a également des opérateurs qui profitent des mesures de détaxation sur l’importation de riz pour effectuer des fausses déclarations sur les produits qu’ils introduisent dans le pays », a expliqué Andry Rakotovao, le président de la Plate-forme de Concertation sur la filière riz. Néanmoins, « il faut stopper les importations sauvages de riz car cela va détruire au fil du temps la filière rizicole en amont jusqu’en aval », a-t-il interpellé.

Concurrence déloyale. Force est de reconnaître que des importateurs de produits de première nécessité notamment le riz, qui seraient d’origine indo-pakistanaise, sont venus débarquer leurs produits au port de Toamasina. « Ils ne disposent ni de structure légale, ni de magasin de dépôt mais ils arrivent avec quelques containers voire deux containers de riz et séjournent pendant quelques jours dans la ville de Betsimisaraka pour les écouler tout en tirant seulement de bénéfice. Ces importateurs illicites ne se soucient même pas de l’organisation de la filière dans le pays. Du coup, cela entraîne une concurrence déloyale envers les importateurs formels. Entre temps, les paysans sont démotivés à produire davantage étant donné que le prix du riz sur le marché n’est plus incitatif », a-t-il expliqué.

Protectionnisme. Afin de limiter ces importations sauvages, le président de la Plate-forme de Concertation sur la filière Riz sollicite la concertation entre toutes les parties prenantes, dont entre autres, l’Etat, le secteur privé et les producteurs. L’objectif est de booster la production rizicole afin que Madagascar devienne un grand exportateur de riz comme d’antan au niveau de l’Océan Indien et de l’Afrique sub-Saharienne. « La mise en œuvre d’une politique de protectionnisme s’impose également. Il s’agit notamment de n’exporter que le surplus de production. C’est l’une des clés de réussite des pays grands exportateurs de riz comme l’Inde et la Thaïlande à part la révolution verte », a-t-il conclu.

Navalona R.

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