OMD : Objectifs non atteints, mais bonne performance dans certains domaines



Jacaranda
Le progrès de Madagascar, par rapport aux Objectifs du millénaire pour le développement a été présenté hier à l’Hôtel de Ville Analakely.
Le progrès de Madagascar, par rapport aux Objectifs du millénaire pour le développement a été présenté hier à l’Hôtel de Ville Analakely.

Seulement 40 % des malgaches se sentent pauvres d’après une grande enquête réalisée par l’INSTAT. Mais par rapport au seuil international qui fixe un revenu journalier de 2USD par tête, 91 % de la population de la Grande-île vivent dans la pauvreté. Et si on se réfère au seuil national, 71,5 % des malgaches sont pauvres.

19000 ménages composés au total de 18000 femmes et de 9000 hommes ont été questionnées dans le cadre de l’Enquête nationale sur le suivi des Objectifs du millénaire pour le développement (ENSOMD). En effet, sur les huit objectifs fixés pour 2015, sept ont fait l’objet d’une enquête réalisée par l’Institut national de la statistique (INSTAT), auprès des ménages. Les résultats de cette enquête ont été présentés hier à l’hôtel de Ville Analakely. Certes, Madagascar n’atteindra pas tous les objectifs fixés pour 2015, mais certains volets ont connu des évolutions positives, malgré la crise ballonnée par l’incompétence du chef de la Transition et de la majorité de son équipe. Certains domaines ont connu d’importants reculs, comme l’éducation primaire pour tous, l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes, etc. Mais pour le reste, la situation n’est pas si mauvaise que l’affirment les bailleurs de fonds étrangers. En effet, 37,6 % des femmes sont en 2012, des salariées, alors que ce taux était encore à 10,9 % en 2005. Le taux de mortalité infantile est passé de 159 pour 1 000 en 1997 à 62 pour 1000 en 2012, si l’objectif est d’atteindre 53 pour 1 000 en 2015. Pour la lutte contre le VIH SIDA, paludisme, etc. les indicateurs traduisent également des progrès. Ces chiffres concernent toute la Grande-île, mais si on considère les cas par région, les progrès sur les huit objectifs fixés pour 2015 sont très visibles dans quelques zones comme les hautes terres, la partie nord, est et nord-est de Madagascar. Cependant, les difficultés ont surtout été rencontrées sur le littoral ouest et la partie sud du pays.

Dramatisé. La paupérisation a frappé fort durant la Transition. La déclaration de la Banque Mondiale selon laquelle, plus de 92 % de la population malgache sont pauvres, a fait comprendre à tous que la situation est très critique. D’après les données de l’INSTAT, 91 % de la population malgache gagnent chacun moins de 2 USD par jour, en 2012, soit 976 794 Ariary par personne, par an, si l’on prend en compte la parité du pouvoir d’achat (PPA). Ce seuil international est très différent du seuil national. Pour les économistes, la situation est dramatisée par les bailleurs, pour inciter le pays à contracter des dettes.  En effet, si on se réfère au seuil national de la pauvreté qui est de 535 603 Ariary par personne, par an, le pourcentage de malgaches considérés comme pauvre en fin 2012 est réduit à 71,5 %, contre 76,5 % en 2010. « Ce taux dépend toujours des seuils fixés. Pour la Banque Mondiale, 92 % des malgaches sont pauvres. D’après le seuil national, le chiffre descend à 71,5 %. Mais lors de notre étude, nous avons également demandé aux enquêtés s’ils se sentent pauvres. Seulement 40 % ont déclaré être pauvre », a informé le directeur général de l’INSTAT, Gérard Ravelomanantsoa. Bref, ceux qui arrivent à satisfaire leurs besoins essentiels ne se sentent pas encore pauvres. Néanmoins, peu importe la situation actuelle, l’important est de réduire la pauvreté et d’accroître le revenu par habitant, maintenant que l’on se dirige vers une amélioration de l’environnement politique et économique.

Antsa R.

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