Développement territorial : Restructuration territoriale indispensable, pour une relance économique



Jacaranda
Les villes doivent jouer leurs fonctions économiques pour développer l’économie.
Les villes doivent jouer leurs fonctions économiques pour développer l’économie.

Avec ses partenaires techniques et financiers, Madagascar s’est toujours concentré sur le développement rural. Cette démarche n’a jamais réussi, car les objectifs escomptés n’ont pas été atteints. Il faut reconnaître que des imperfections doivent être corrigées dans la structure territoriale de l’économie nationale.

Plusieurs raisons ont été citées comme cause de la défaillance des stratégies de développement, qui, a priori, semblaient toutes prometteuses. Mais la structure territoriale est évoquée rarement, alors qu’il s’agit, pour les spécialistes d’un paramètre déterminant. Dans la Grande Ile, même les villes sont des éléments du territoire encore mal connus et mal valorisés. Même les statistiques sont insuffisantes, dans la détermination des villes, dans l’optique administrative. En effet, 79 Communes ont aujourd’hui le statut de Commune urbaine. Mais les études réalisées dans l’élaboration du SNAT (Schéma national d’aménagement du territoire) réalisé l’année dernière, ainsi que dans l’Atlas urbain à l’occasion du 1er Forum national Urbain de mars 2013 ont indiqué 150 centres urbains à Madagascar.

Inadéquate. Les stratégies de développement proposées par les dirigeants qui se sont succédé depuis l’indépendance ont leurs points communs. Des ressemblances qui traduisent certainement une rationalité de leurs concepteurs. Mais pourquoi ces politiques n’ont pas fonctionné comme prévu ? Pour le directeur général de l’Aménagement du Territoire (DGAT), Tiana Randrianasoloarimina, c’est parce que le pays a toujours gardé la structure coloniale dans l’armature urbaine nationale. Cette structure a pourtant été conçue pour servir les intérêts des colons. A plus d’un demi-siècle d’indépendance, cette structure n’a pas encore changé et on réclame toujours la refondation du pays, après plusieurs crises. « A l’aube de l’indépendance, chaque pays remodèle sa structure économique pour l’intérêt du pays. Pour Madagascar, cette étape a perduré depuis plus de 54 ans. Il faut régler une bonne fois pour toute cette restructuration », a soutenu le DGAT.

Démographiques. Durant la colonisation, les produits de Madagascar étaient exportés à l’état brut, pour être valorisés en Europe. Aujourd’hui, presque tous nos produits d’exportation ne contiennent toujours pas de valeur ajoutée. En effet, les productions dans les zones rurales se poursuivent, mais la défaillance se situe surtout dans  le secteur secondaire et tertiaire. Les activités de transformation et de services qui sont génératrices de valeurs ajoutées sont plus florissantes dans les villes, si l’on se réfère aux pays développés. C’est d’ailleurs ces activités qui font d’une zone, une ville. Malheureusement, les villes malgaches sont, avant tout, des agglomérations démographiques avec un niveau d’équipement faible, et des fonctions banales sans rapport avec la masse de la population. De plus, le dynamisme est souvent basé sur des activités urbaines traditionnelles comme l’administration, la fonction portuaire pour le cas des villes côtières, le commerce élémentaire qui n’induit aucune création de valeur, etc. La majorité de cette population qui travaille dans le secteur privé opère dans l’informel.

Corrélation. Avec le bilan de ces cinq décennies, on peut dire qu’une corrélation existe entre les échecs récurrents du développement rural et les faibles épanouissements des centres urbains, et vice versa. Le problème territorial du pays est un problème structurel ou conjoncturel ? Il est bien manifeste qu’il s’agit d’un problème conjoncturel, ainsi la réponse devrait être structurelle. « Il serait judicieux de développer notre territoire national, régional en misant un effort particulier sur nos villes. Donnons aux villes les moyens qu’il faut pour qu’elles puissent nous servir comme pôle structurant. Investir dans une partie des finances dans les villes devrait permettre un accroissement du PIB », a affirmé le DGAT. Bref, la négligence de certains secteurs comme le secteur urbain a handicapé la croissance de l’économie malgache. Cette imperfection doit être corrigée pour être plus efficient dans les stratégies à venir. Nous en reparlerons…

Antsa R.

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