MID : La dépréciation de l’ariary se poursuit



Jacaranda
L’ariary perd de plus en plus de la valeur  par rapport aux devises pivots.
L’ariary perd de plus en plus de la valeur par rapport aux devises pivots.

Certains analystes estiment que les autorités financières doivent intervenir pour stopper la chute libre de l’ariary

« Cela fait une semaine que nous avons passé commande auprès de notre banque, mais nous n’avons pas encore eu de réponses ». Cet opérateur économique qui, comme bon nombre d’entreprises sont obligées d’importer certains de leurs intrants, commence vraiment à s’inquiéter et se demande s’il arrivera à temps à se procurer des devises nécessaires à son approvisionnement en matériaux importés pour le bon fonctionnement de sa société. Apparemment, les devises se font de plus en plus rares alors que les demandes ne cessent d’augmenter.

Barre fatidique. Et c’est ce qui explique, d’ailleurs cette dépréciation de l’ariary qui se poursuit encore et toujours. Hier, l’euro était à 3 204,96 ariary et le dollar à 2 315,14 ariary sur le MID. Et sur le marché parallèle l’euro a depuis longtemps dépassé la barre fatidique des 3 200 ariary (16 000 Fmg) , un cours qui pénalise évidemment ceux qui pour des raisons professionnelles ou familiales sont obligés de voyager à l’extérieur du pays. En tout cas, cette dévaluation de l’ariary commence sérieusement à inquiéter  le milieu économique qui s’attend à une inflation de très haut niveau dans les semaines qui viennent. En tout cas, les économistes expliquent cette dépréciation de la monnaie nationale non seulement par la forte demande de devises, mais également par l’arrivée des échéances des marchés à termes sur les importations de produits essentiels comme le carburant et les biens d’équipement. Les besoins de plus en plus en pressants en devises font diminuer les réserves de la Banque Centrale. Ce qui rend cette dernière incapable d’intervenir pour stopper cette dégringolade de l’ariary.

Exportations.  Cependant, si à court terme, cette dévaluation de l’ariary s’avère dangereuse dans la mesure où elle va faire monter les prix, à moyen et long terme, elle peut être bénéfique pour le pays qui tôt ou tard doit miser sur les exportations pour son développement économique. D’ailleurs, les groupements d’entreprises exportatrices (voir article par ailleurs) commencent actuellement à bouger pour développer les exportations. Car au final, la dépréciation d’une monnaie nationale devrait booster les exportations. Par ailleurs, la dépréciation de l’ariary peut être favorable au tourisme, un secteur sur lequel le régime actuel mise beaucoup. En tout cas ce sont ces avantages économiques à moyen terme qui incitent notamment le FMI à exiger l’ajustement de l’ariary à l’état réel de l’économie. Mais d’un autre côté, le gouvernement doit prendre les mesures nécessaires pour éviter une forte inflation qui pourrait être source d’une explosion sociale. Ce dont le pays n’a vraiment pas besoin surtout en ce moment où sur le plan politique, le retour à l’ordre constitutionnel et la volonté de l’actuel Président de redresser le pays avec le retour à l’état de droit laissent entrevoir un avenir meilleur.

R.Edmond


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