Relance : « Il faut s’appuyer sur les villes pour développer le pays », soutient le DGAT



Jacaranda
Les villes sont les pôles de développement économique, affirme le DGAT Tiana Randrianasoloarimin.
Les villes sont les pôles de développement économique, affirme le DGAT Tiana Randrianasoloarimin.

Qu’est-ce qu’une ville ? Un économiste répondra tout de suite que c’est un moteur de croissance économique. Le commun des mortels donnera aussi des réponses similaires, en disant que la ville est un lieu du progrès, elle concentre des activités et des services. Elle offre des opportunités de travail et de promotion sociale.

La ville est avant tout une zone de concentration de la population, qui représente non seulement de la main d’œuvre mais aussi des consommateurs pour les entreprises. Mais sans oublier qu’elle regorge également de nombreux avantages comparatifs et réunit ainsi les conditions fondamentales au développement des affaires.  Cette façon de percevoir la ville dans son aspect économique est en fait incontournable, même dans un pays comme Madagascar, un pays en voie de développement, a affirmé Tiana Randrianasoloarimina DG de l’Aménagement du Territoire (DGAT). En 2011, le secteur primaire constitue 30% du Produit Intérieur Brut (PIB) de Madagascar, contre 14% du PIB pour le secteur secondaire et 56 % du PIB pour le secteur tertiaire. Cette statistique révèle une toute autre réalité, parfois occultée, celle du rôle économique des villes. Avec seulement le tiers de la population totale, les villes contribuent à plus de 70% au PIB de Madagascar, dont près de 40% pour l’agglomération d’Antananarivo. Autrement dit, l’agglomération d’Antananarivo, à elle seule, génère plus de PIB que le secteur primaire.

Dominance économique. En 2011 encore, et même avec les impacts de la crise, la concentration spatiale des entreprises des secteurs secondaires et tertiaires fait pencher la balance en faveur des villes. Sur près de 64 000 entreprises des deux secteurs confondus, 45% sont implantées dans la Région Analamanga, à Antananarivo, et 30% dans les Régions de Vakinankaratra et d’Atsinanana, plus précisément à Antsirabe et à Toamasina. Autant d’exemples dans d’autres branches d’activités montrent clairement que la géographie économique du pays est dominée par une dizaine de villes, à savoir Antananarivo, Toamasina, Antsirabe, Majunga, Diégo, Fianarantsoa, Tuléar, Nosy Be, Sainte Marie, Ambatondrazaka, Moramanga, Manakara et Fort Dauphin. Mais, la concentration des entreprises autour du corridor Antsirabe-Antananarivo-Toamasina s’explique par la densité plus élevée des infrastructures et réseaux divers ainsi que la disponibilité de la main d’œuvre citée plus haut. Par conséquent, cette concentration crée ce qu’on appelle des « économies d’agglomération » qui se traduisent par l’amélioration de la productivité des agents économiques. D’après le rapport de la Banque Mondiale, les filières – textile et NTIC, qui sont des secteurs localisés autour d’Antananarivo, profitent déjà de ces économies d’agglomération, tandis que pour les autres filières, elles doivent encore être stimulées, a expliqué le DGAT.

Délaissées. Ainsi, l’axe Antsirabe-Antananarivo-Toamasina constitue sans conteste un corridor économique majeur. Le Schéma National d’Aménagement du Territoire le classe parmi les Espaces de croissance à promouvoir en priorité. En tant que corridor, ces espaces sont appelés à fonctionner de façon synergique. Les villes ont assuré et assureront toujours un rôle capital, quelle que soit la politique économique adoptée par le pays, de la politique d’industrialisation à la politique d’exportation et d’intégration régionale, ou les deux à la fois.  C’est pourquoi les villes méritent autant d’attention que les autres secteurs de développement. Hélas, le milieu urbain malgache actuel n’est pas seulement un cadre de services médiocres à la population et aux entreprises, mais aussi un cadre pénalisant leurs activités économiques. Complémentaires. Cette situation est en relation directe avec la faiblesse des investissements publics dans le secteur urbain. L’on apprend que sur la base d’un stock de capital public de 100 USD par habitant et d’un taux de croissance urbaine de 4% par an, 4 USD par habitant par an devraient être investis, pour seulement maintenir le niveau de services moyen actuel. Ce qui est loin d’être le cas si l’on se réfère à la répartition sectorielle et spatiale des investissements publics et des aides publiques au développement. L’absence de la question urbaine dans les programmes nationaux de développement apparaît dans ces conditions comme une anomalie, qui est de nature à mettre en péril les efforts entrepris. En bref, pour le DGAT, Tiana Randrianasoloarimina, le développement rural seul est insuffisant, le développement urbain seul est boiteux. Le développement rural combiné au développement des villes est la voie sûre pour sortir le pays de la pauvreté et pour aller vers le développement tant espéré.

Recueilli par Antsa R.

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