Aire protégée marine : Plus de 580 000 ha gérés par une centaine de villages



Jacaranda
La gestion des aires protégées marines permet aux communautés locales impliquées d’accroître considérablement leurs captures de pêche. (Photo d’archives)
La gestion des aires protégées marines permet aux communautés locales impliquées d’accroître considérablement leurs captures de pêche. (Photo d’archives)

Un 2e Forum  national du réseau des aires protégées marines sera organisé du 09 au 11 avril prochain à Antsiranana. Plus de 150 acteurs y vont participer.

La première aire protégée marine qui est gérée par les communautés locales a été créée en 2004. L’objectif consiste à gérer d’une manière rationnelle les ressources marines et côtières en vue d’améliorer leur niveau de vie car la pêche constitue leur principale source de revenu. Actuellement, la protection des aires protégées marines couvrant une superficie totale de plus de 580 000 ha implique une centaine de villages et une population de 50 000 personnes regroupées au sein de 36 communautés. Ils sont éparpillés dans cinq régions, à savoir Atsimo Andrefana, Melaky, Menabe, DIANA et Analanjirofo. C’est ce qu’on a appris lors du « Brownbag » organisé mensuellement par la Conservation Internationale au Centre de Presse Malagasy hier à Antsakaviro. Le thème choisi a porté sur « L’approche pour la protection des aires marines à Madagascar ».

Système de DINA. « La gestion des aires marines par les communautés locales a connu un succès. A preuve, leurs captures n’ont cessé d’augmenter au fil des ans. A titre d’illustration, la production de poulpes a triplé, passant de 610 kg à 1 800 kg en deux heures de pêche auprès de l’aire marine à Ambodivahibe, dans la région de DIANA », a expliqué Ando Rabearisoa, coordinateur du programme marin au sein de Conservation International. En fait, les communautés locales ont accepté de respecter la période de fermeture de pêche pendant un à deux mois pour qu’il y ait une régénération des ressources halieutiques. En effet, elles ont constaté la baisse considérable de leurs captures en l’espace d’une génération.  « Cette période de fermeture de pêche correspond notamment à la période de ponte et de reproduction des animaux marins. A part l’application du système de DINA qui est plus ou moins uniforme dans toutes les régions, la CI a doté les communautés locales des vedettes motorisées leur permettant d’effectuer des patrouilles, à part le renforcement de leurs capacité et l’appui à la création des activités génératrices de revenu comme alternative à la pêche. Ces communautés locales ont également une mission de suivi écologique », a-t-elle soulevé.

Réseau. Par ailleurs, un groupe des ONG marines dont Blue Ventures a initié la mise en réseau des communautés gestionnaires des aires marines de ces cinq régions par le biais de l’organisation d’un premier forum en juin 2011. « Ce forum constitue une plate-forme de collaboration réunissant les acteurs impliqués dans la gestion communautaire des ressources marines et côtières tels que les représentants des communautés locales et les organismes de soutien », a fait savoir Ando Rabearisoa. C’est une occasion de partager et d’échanger des expériences entre ces acteurs concernés. Le 2e Forum national du réseau des aires protégées marines sera organisé du  9 au 11 avril prochain à Antsiranana. Plus de 150 personnes représentant  toutes les régions de l’île y vont participer dans le dessein de renforcer ce réseau et d’accroître leur visibilité à toutes les échelles.

Navalona R.

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