PABRA/ECABREN : Appui de Madagascar à la réorganisation de la filière lingot blanc



Jacaranda
Madagascar accueille cette année la 18e réunion du comité directeur du PABRA. (Photo : Yvon Ram)
Madagascar accueille cette année la 18e réunion du comité directeur du PABRA. (Photo : Yvon Ram)

Lors de la 18e réunion du Comité directeur du PABRA, les perspectives d’action sur le plan quinquennal 2014-2018 sont à l’étude après la présentation du bilan positif de Madagascar.

Le PABRA ou l’Alliance Panafricaine pour la recherche sur le haricot, aide plusieurs pays d’Afrique à améliorer la production, la nutrition et la santé par le développement et la diffusion des variétés de semences de haricot performantes résistantes à la sécheresse, aux maladies et aux ravageurs. Cette Alliance regroupe trois réseaux de recherche régionaux œuvrant dans 24 pays d’Afrique. Madagascar bénéficie de son appui pour réorganiser la filière lingot blanc grâce à son adhésion au réseau régional  ECABREN par le biais du FOFIFA.  Et les objectifs ont été atteints à 100 %. C’est ce qu’on a appris lors de la session d’ouverture de la 18e réunion du Comité directeur du PABRA accueillie par Madagascar du 7 au 9 avril 2014 à l’hôtel Ibis à Ankorondrano.

Chute de la production. « Avec l’appui du PABRA, nous avons pu développer les recherches de variétés plus performantes de semences de haricot au nombre d’une douzaine. Les nouvelles variétés récemment produites par FOFIFA sont le « Ranjonomby », le « Vangamena » et l’ « Ikinemba » qui sont très prisées sur le marché international. Le centre a pu en même temps améliorer sa production de semences de base allant de 250 kg à 2 100 kg entre 2012 et 2013, en collaboration avec nos partenaires », a expliqué Herimihamina Andriamazaoro, coordinateur national du programme Légumineuses au sein du FOFIFA. Notons que Madagascar produisait 140 000 tonnes de haricot dans les années 60 et 80. Mais de 1881 à 1990, cette production a chuté considérablement et se chiffrait à 36 000 tonnes. Une reprise assez significative a été ensuite constatée et la production se stabilise autour de 80 000 tonnes en 2010. L’exportation de haricot de la Grande île vers l’Europe a suivi ce rythme descendant. « La désorganisation de la production semencière constitue la principale cause », a-t-il évoqué.

Reprise de la confiance. Lors de cette réunion du Comité directeur du PABRA, les réalisations du plan d’action quinquennal de Madagascar qui est achevé en 2013 ont été présentées. « Au niveau des producteurs, la qualité de leur production de haricot s’est améliorée car ils utilisent les semences de haricot performantes. La confiance des importateurs comme les pays arabes et les autres îles de l’Océan Indien, en particulier La Réunion reprend. A preuve, ce dernier a déjà importé 5 000 tonnes de haricot de Madagascar et prévoit déjà une 2e commande de même quantité », a fait savoir le Pr Razafinjara Aimé Lala, le directeur général du Fofifa. Il a poursuivi que leur production est également normalisée, soit de même calibre, sans teint et de couleur unie. En outre, le haricot est un élément riche en élément nutritifs. Moins cher que la viande mais riches en protéines et en potassium. « Le FOFIFA a contribué à l’amélioration de la nutrition par la promotion de la consommation de variétés de haricot à haute valeur nutritive. La farine fortifiée de haricot en nutrition scolaire a été produite grâce à une collaboration entre le FOFIFA et l’ONN », a annoncé le directeur général du FOFIFA.

3e phase. Par ailleurs, Madagascar a mis en place des plates-formes régionales du Haricot dans les régions de Vakinankaratra, d’Itasy et dans le Haut Plateau Sud. L’objectif consiste à réunir tous les acteurs de la chaîne de valeurs pour réorganiser la filière lingot blanc. « Madagascar est très avancé sur le partenariat entre ces acteurs. C’est l’un des rares pays où les plates-formes d’innovation sont très actives. On assiste même au festival du Haricot organisé par les différents acteurs à Miandrivazo. Ces plates-formes sont importantes pour pérenniser le programme d’appui à la réorganisation de la filière tout en jouant un rôle important sur l’aspect commercialisation car cela permet de mettre en liaison les producteurs et les acheteurs », a évoqué Mathew Abang, le coordonnateur du PABRA. Force est de reconnaître que le niveau de vie des producteurs de haricot s’est amélioré suite à l’appui du PABRA à la réorganisation de la filière via le développement de la recherche de variétés de semences améliorées par le FOFIFA. « Les perspectives d’action pour la 3e phase du nouveau plan quinquennal de 2014 -2018  seront axées sur les aspects nutrition et commercialisation, notamment la recherche tournée vers les marchés, les études de marché dans les régions productrices », a-t-il conclu.

Navalona R.

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