Invasion de criquets : Plus de 300 000ha encore infestés



Jacaranda

Selon les enquêtes menées par les techniciens du ministère et des experts de la FAO, il faut encore trois années de campagne pour lutter contre cette calamité nationale.

La lutte anti-acridienne n’a pas été menée régulièrement entre 2009 et 2012 faute de financements extérieurs. Ce retard d’intervention a ainsi engendré une invasion de criquets dans le pays. C’est pourquoi, le ministère de l’Agriculture a déclaré la calamité nationale l’an dernier tout en convaincant les bailleurs de fons tels le FIDA, la Banque Mondiale, l’Union Européenne et la BAD de soutenir le pays. « L’invasion acridienne est à peu près la même observée en 1996. La partie Ouest de la Grande île est la plus infestée. Depuis septembre 2013 jusqu’au 5 avril 2014, près de 500 000 ha ont été déjà traités mais les techniciens nationaux et étrangers au sein de la FAO ont encore identifié entre 300 000 ha et 400 000ha de superficie infestée qu’il faut traiter jusqu’à la fin juin 2014 », a expliqué le ministre de l’Agriculture, Roland Ravatomanga lors d’un point de presse hier.

Pic de l’invasion. Notons que les essaims de criquets dits « Locusta migratoria » ont déjà envahi le district d’Antananarivo Atsimondrano comme Iavoloha, Ankadivoribe et Ampitatafika Sud et Fenoarivo Alakamisy depuis hier. « Compte tenu de l’ampleur de l’invasion de criquets, les acridologues nationaux et étrangers ont estimé qu’il faut une campagne de lutte étalée sur 3 ans pour atteindre la rémission. Pour cette première année de campagne 2013-2014, on atteint le pic de l’invasion », a-t-il fait savoir. En outre, le ministre Roland Ravatomanga a raconté que les bailleurs de fons ont alloué un financement de 21 millions USD puis 5 millions USD supplémentaire pour la première année de campagne. Il faut encore 30 millions USD pour les deux autres années de campagne de lutte anti-acridienne. « Mais ces bailleurs ont imposé des conditions. Le financement sera géré par la FAO qui est expérimentée en matière de lutte anti-acridienne depuis 30 ans en Afrique. J’ordonne ainsi aux techniciens de la FAO d’établir un rapport technique détaillé sur le bilan de la lutte anti-acridienne », tient-il à préciser.

Interventions aériennes. Néanmoins, les DRDR du ministère de l’Agriculture sont à pied d’œuvre pour effectuer le traitement terrestre des superficies infestées. Les insecticides sont bien suffisants sans parler des trois hélicoptères et d’un avion léger mobilisés. « Mais il faut être prudent concernant les  interventions aériennes car cela peut causer des dégâts sur la santé humaine et animale surtout les abeilles et les vers à soie en cas de surdosage. On ne peut pas non plus les appliquer sur les rizières, les plantations et les lacs ainsi que sur les zones à forte concentration de population », a-t-il conclu.

Navalona R.

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