Gestion des Finances publiques : « La Cour des Comptes a un rôle à jouer » selon le Professeur Robert Hertzog



Jacaranda

Les finances publiques avec l’évolution de la gestion publique sont en mutation. « La gestion des finances publiques se fait maintenant sur des principes et des enjeux essentiellement économiques car les personnes publiques sont des acteurs économiques parmi tant d’autres », a expliqué le Professeur Robert Hertzog de l’IEP Strasbourg lors d’un colloque international hier à l’IEP-Madagascar. La Grande Ile a déjà adopté le budget programme et la loi organique relative à la Loi des Finances. Les programmes définis par ministère avec des objectifs fixés caractérisent les politiques de l’Etat pouvant être compréhensibles par tout le monde.

« Après l’exécution budgétaire, il doit y avoir des évaluations si ces objectifs fixés sont atteints. La Cour des Comptes, qui est indépendante, ou son équivalent y a un rôle à jouer. Son rôle est plutôt de prévention et d’orientation que de contrôle et de sanction pour assurer le perfectionnement de l’utilisation des deniers publics. Son efficacité ne pourrait être ainsi visible que sur le long terme », a-t-il évoqué. Pour le cas de la France, sa Constitution prévoit que ces évaluations de l’exécution budgétaire sont du ressort du Parlement. « Les députés s’investissent plus au moins dans ces tâches. Il y a aussi le pouvoir extérieur comme les banques, le marché financier et les bailleurs de fonds. Mais ils ne font que leurs évaluations », a-t-il enchaîné. La Cour des Comptes s’avère ainsi plus efficace pour effectuer ces tâches tout en informant les citoyens via les médias, entre autres.

Réformes. Pour le cas de Madagascar, « il y a trop d’asymétrie d’informations entre l’Etat et les citoyens concernant la gestion des finances publiques. Par contre, les Parlements ne sont pas en mesure de faire des évaluations ex-anté et ex-post de l’exécution budgétaire », a dénoncé Hugues Rajohnson, professeur à l’IEP-Madagascar. En outre, la loi organique n’est pas appliquée. « Tout cela nécessite ainsi des réformes », dit-il. En fait, la nouvelle gestion publique est focalisée sur la qualité de la production de biens et services publics offerts à la société. « L’administration ne doit pas être moins efficace que les autres acteurs sinon elle prélève des ressources pour produire des services moins utiles que ceux rendus par les organismes privés », a conclu le Pr. Robert Hertzog.

Navalona R.

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