SIF : « Les investissements réalisés ont peu d’impacts sur les communautés », exprime Eric Raparison, le coordonnateur national

L’attrait des investissements doit être un levier de développement de la nation. Mais pour l’heure, « les investissements réalisés jusqu’ici ont peu d’impacts sur les communautés locales », a exprimé Eric Raparison, le coordonnateur national de la SIF (Solidarité des Intervenants sur le Foncier), lors de l’atelier sur la réforme de la politique foncière hier à l’hôtel Panorama. En effet, « les activités agricoles et d’élevage, qui constituent la principale source de revenu, de la population locale sont perturbées suite à l’implantation des investisseurs. Leurs droits de jouissance non écrits de la terre qu’elle occupe pendant des années servant entre autres de pâturage ne sont plus respectés. Les valeurs culturelles comme le tombeau et le patrimoine ne sont pas non plus respectées comme le cas de la Tribu Anjoaty à Diego puisque leur terrain est maintenant mis en vente sur internet. Cette zone a une forte potentialité touristique», a-t-il soulevé.

Témoignages. En outre, « la loi sur l’environnement qui a été publiée durant la période de la Transition devient biaisée, et ce, au détriment des occupants. A titre d’illustration, ces derniers sont interdits d’exploiter la forêt car c’est une réserve classée selon la loi. Cependant, des permis miniers sont délivrés au profit des investisseurs », a-t-il dénoncé. A Mampikony, un reboisement à grande échelle est réalisé sur un terrain de colons occupé par plusieurs personnes. « Leurs droits fonciers sont bafoués car même leur riziculture a été détruite », a dénoncé Eric Raparison. Des membres des communautés locales étaient présents à cet atelier pour faire des témoignages. Le SIF prône ainsi l’élaboration d’une charte sur les investissements respectant les droits humains et fonciers pour un développement durable à l’issue de cet atelier. Par ailleurs, « la sécurité des investissement est basée sur l’amélioration des conditions de vie de la communauté locale ainsi que la sécurité de leurs biens y compris les terrains », a conclu le coordonnateur national de la SIF.

Navalona R.

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