Dépreciation : L’Euro s’approche de la barre de 17 000 Fmg

La monnaie nationale subit une forte dépréciation par rapport aux devises de référence, l’Euro et le dollar. « Cela va continuer de manière progressive. L’Euro s’approche ainsi de la barre de 17 000 Fmg ou 3 400 Ariary », a évoqué un cambiste. Sur le Marché Interbancaire de Devises (MID), l’Euro s’échangeait hier contre 3 218 Ariary tandis que le dollar valait 2 355 Ariary. « Appliquer le taux de change réel suivant la loi de l’offre et de la demande sur le marché est l’une des conditionnalités imposées par le Fonds Monétaire International pour le déblocage des financements pour Madagascar. D’où, la chute de la valeur del’Ariary », a-t-il soulevé.

Hausse des prix. Comparée à 2013, pour une même période, l’Euro était à 2 855 Ariary tandis que le dollar s’affichait à 2 187 Ariary, soit une perte de valeur respective à raison de 363 Ariary et de 168 Ariary. Durant la période de Transition, le cours de change appliqué était artificiel. Raison pour laquelle, ces devises étrangères, notamment l’Euro se stabilisaient autour de 2 800 Ariary. Par contre, cette devise de référence, valait en moyenne 2 500 Ariary avant la crise de 2009, d’après les statistiques de la Banque Centrale de Madagascar. Les importations sont déjà pénalisées à cause de cette dépréciation de la monnaie nationale. En effet, Madagascar importe en grande partie les produits de première nécessité tels que le riz, la farine, l’huile et le sucre ainsi que des articles indispensables dans la vie quotidienne de la population, comme les médicaments, les articles pour bébé et les pièces automobiles. La hausse des prix de ces produits se fait déjà sentir.

Impacts néfastes. D’après les économistes, cette dépréciation de l’Ariary pourrait contribuer à la relance économique du pays en boostant les exportations du pays. Mais il faut savoir que la Grande Ile exporte notamment des produits miniers exploités par des compagnies étrangères. L’huile lourde de Tsimiroro sera également exportée d’ici peu. Les entreprises franches pourront également être compétitives avec la reprise de l’AGOA. Par ailleurs, cette conditionnalité imposée par les bailleurs de fonds aura des impacts néfastes pour les ménages, puisque leur pouvoir d’achat va se dégrader considérablement. « Pour l’heure, ces aides internationales n’auront pas de retombées économiques positives pour nous qui vivons en milieu urbain », témoigne un chef de famille.

Navalona R.

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