Toliara : Débat sur la gouvernance foncière

Un débat public sur l’appropriation foncière a été organisé vendredi 11 juillet après midi dans la grande salle de l’ex-faritany.

Le processus d’appropriation foncière est un thème très prisé par le public si bien que la salle s’est avérée exiguë. Les responsables du domaine et de la topographie ont expliqué : l’Etat est propriétaire de toutes les terres à Madagascar. Les gens ont tendance à ignorer l’Etat une fois qu’ils ont déboursé de l’argent à un occupant d’un terrain domanial. Alors qu’en réalité, le domaine de l’Etat ne peut être vendu par un particulier « vous n’êtes propriétaire qu’avec un titre foncier délivré par le service des domaines après un long processus d’appropriation » éclaire Andréa Rahobimanjakaharivelo, la responsable du service régional des domaines de Toliara.

Renforcement de capacité. L’assistance a posé d’innombrables questions sur la servitude de passage, le bornage, la prescription acquisitive après 20 ans d’occupation, comment procéder à la mutation suite au décès d’un parent, l’acte de notoriété… En un mot, un véritable cours de renforcement de capacité, pour les journalistes et les organisations de la société civile qui devaient assister et prendre part au débat. Les terrains abandonnés par d’anciens colons sont encore régis par des textes réglementaires et ne peuvent être squattés à tort et à travers, selon les responsables des domaines et de la topographie. C’est ainsi que naissent les malheureux problèmes d’expulsions.

Bidonville. Le problème de construction de bâtiments privés dans l’enceinte de l’université de Maninday a été évoqué. En fait, il s’agit d’un terrain d’une ancienne société dénommée Sedefita. La dite société a racheté toutes les terres d’anciens colons, donc une propriété privée, titrée, bornée, et possédant une superficie de 350ha dont 29 ha a été délimitée et allouée à l’université à la demande d’un recteur de 1982. Donc le reste pouvait être vendu en toute légalité par le liquidateur de Sedefita, feu Belaza Pascal. « Il ne suffit pas d’occuper un terrain alloué, il faut procéder à la régularisation et à la mise à jour » selon toujours le service des domaines. Ce qui sous entend que l’université de Toliara n’est pas en règle vis-à-vis de la réglementation foncière. Alors que dire de simples gens qui ont construit à Tsenengea, Mahavatse, Ampasikibo et un peu partout à Toliara, formant ainsi un immense bidonville, absolument inextricable pour les autorités domaniales et communales ?

Un organisme non étatique essaie de mettre de l’ordre dans ce mélimélo, Habitat for Humanity, et tente de résoudre le problème des constructions entamées mais qui ne finissent pas. Cet organisme achète le ciment, la peinture, les tôles pour la finition et se fait rembourser petit à petit. La tâche est grande et presque incommensurable. .

Adriana Raza

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