SAF/FJKM : Appui aux 1 000 ménages sinistrés à Sakaraha


Le projet VOATRA a contribué au changement de comportement de la population cible.
Le projet VOATRA a contribué au changement de comportement de la population cible.

La mise en œuvre du projet VOATRA a réduit l’insécurité à Mahaboboka et Sakaraha. En plus, la production rizicole y s’annonce bonne. Une grande équipe du SAF/FJKM s’est rendue sur place pour constater de visu les réalisations des bénéficiaires.

Un projet intitulé VOATRA (Vonjy ho an’ny Arivo Trano ) est mis en œuvre par le SAF/FJKM, un département pour le développement social et économique au sein de l’église FJKM, dans le district de Sakaraha. Ce projet est financé par World Renew, une organisation chrétienne basée à Canada qui apporte des aides d’urgence aux communautés luttant contre la pauvreté ou en situation de détresse face aux catastrophes naturelles tout en les aidant à trouver des moyens durables pour améliorer leur niveau de vie. « Les communes de Sakaraha et de Mahaboboka dans le district de Sakaraha sont ciblées pour la mise en œuvre de ce projet, et ce, à titre pilote, étant donné que ces zones sont fortement touchées par le cyclone Haruna et l’invasion acridienne dernièrement. Et comme son nom l’indique, le projet VOATRA, étalé sur six mois, appuie 1 000 ménages sinistrés dans ces communes », a expliqué Naivosoa Andriamitandrina, le directeur technique du SAF/ FJKM.

Activités communautaires. Cet appui porte sur la fourniture d’un sac de riz, de trois litres d’huile et de 10 kg de haricots secs à chaque ménage tous les mois car les communautés cibles n’avaient plus de quoi à manger suite à ces catastrophes naturelles. « Les bénéficiaires comptant en tout plus de 6 000 personnes peuvent ensuite se consacrer à leurs activités.  A la différence de l’HIMO habituel, c’est un système dit « Food for work » consistant à aider les familles sinistrées à subvenir à leurs besoins alimentaires tout en renforçant leur capacité à améliorer la production rizicole », a-t-il souligné. En effet, le projet VOATRA fournit en même temps des matériels agricoles comme la herse, la sarcleuse et la bêche, ainsi que des semences améliorées de riz de variété X-265 de 12,5kg par ménage, sans oublier la formation en technique rizicole moderne. En contrepartie, les bénéficiaires se consacrent chaque mois aux activités communautaires tels que la réouverture et le curage des petites infrastructures d’irrigation longues de dizaines de km pendant dix jours et à leur agriculture familiale pendant vingt jours. En outre, « le projet a connu une extension de deux mois en attendant la prochaine récolte prévue en septembre et octobre de cette année, afin de pérenniser les activités des communautés cibles », a-t-il enchaîné.

Nouvelles exploitations. Les retombées économiques positives se font déjà sentir. « Toutes les rizières irriguées sont exploitées. Certains paysans négocient avec des propriétaires fonciers l’exploitation de leurs rizières en partageant de moitié la récolte. Les gens deviennent également solidaires. Travaillant en équipes, ils s’arrangent entre eux pour cultiver les champs des paysans, tour à tour, après avoir terminé les activités communautaires. De nouvelles exploitations sont aussi observées suite à la réouverture et au curage des canaux d’irrigation. En outre, les actes de banditismes ont réduits dans les deux communes concernées », a raconté Mme Mamonjisoa, le chef du projet VOATRA. Au niveau des bénéficiaires, ils maîtrisent pour la première fois le repiquage en ligne et le sarclage, tout en procédant à l’extension de leur riziculture. « Avec l’appui du projet, j’ai pu reprendre la scolarisation de mes enfants cette année, puisque nous n’avons plus rien après le passage du cyclone. L’un d’entre eux étudie à l’université de Fianarantsoa », témoigne Ravololonirina Marie, une épicière, qui plus est, la présidente d’une association féminine à Mahaboboka. Quant à Randriantiana Armand, un chômeur, les gens l’ont aidé à désensabler ses rizières détruites par le cyclone pour les rendre de nouveau exploitables.

Créations des associations. En fait, nombreux se sont reconvertis en riziculteurs, comme les dockers, les collecteurs, les commerçants, les jeunes oisifs voire même les « dahalo ». « Avec ce projet, la plupart des gens en conflit se réconcilient, car on s’entraide pour l’exploitation des rizières de tout un chacun », raconte Firaisana, un bénéficiaire à Sakaraha. La production rizicole s’annonce ainsi bonne pour cette campagne dans ses zones d’intervention du SAF/FJKM. « Les braquages et les attaques des voitures passant à Mahaboboka n’existent plus depuis la mise en œuvre du projet VOATRA. Des associations de paysans viennent entre-temps d’être créées. Elles peuvent désormais présenter leurs projets agricoles au niveau du FRDA », a expliqué le maire de la commune rurale de Mahaboboka. En outre, les paysans sont bien formés en technique culturale. « Ils sont maintenant plus disciplinés et motivés. Nous demandons ainsi l’appui du projet pour les cultures de contre-saison des légumineuses pour assurer la sécurité alimentaire », a conclu Tsiebo Mahasolo, le représentant des agents techniques locaux de Mahaboboka.

Navalona R.

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