Croissance économique : L’agriculture et le secteur minier, toujours en tête


: La réhabilitation totale du marché de Bazar Be figure parmi les retombées socioéconomique du  plus grand investissement minier qu’est ambatovy.
: La réhabilitation totale du marché de Bazar Be figure parmi les retombées socioéconomique du plus grand investissement minier qu’est ambatovy.

La victoire contre la pauvreté n’est pas encore pour demain, et malheureusement la grande majorité des Malgaches vivront encore dans la pauvreté absolue pour le restant de cette année 2014.

La loi de finances rectificative 2014, votée hier sans grande surprise par les députés traduit encore et toujours l’état de pauvreté extrême dans laquelle vit la population malgache. Et ce ne sera pas le petit taux de croissance de 3% qui permettra de renverser la tendance pour que la vision d’un Madagascar moderne et prospère prévue dans la Politique Générale de l’Etat devienne une réalité.

Piètre performance. En 2013 dernière année d’un régime issu d’un coup d’Etat, Andry Rajoelina et l’ensemble des dirigeants du pays ont démontré leur incapacité manifeste de diriger correctement le pays. En effet, pour une prévision de taux de croissance de 2,8%, l’année 2013 s’est achevé sur une petite croissance économique  de 2,4%. En somme Andry Rajoelina a conclu ses 5 années de règne sur une piètre performance économique. Son successeur qui n’est autre que son ancien ministre des Finances et du Budget ne semble pas être capable de faire mieux. En effet, à voir la loi de finances rectificative pour 2014, Hery Rajaonarimampianina débute son mandat encore sous le signe du marasme économique. Dans un contexte de dépréciation de la monnaie et d’inflation, le nouveau régime ne peut mieux faire que son petit taux de croissance de 3 %.

Ambatovy. Cette croissance trouve son origine dans la bonne performance de l’agriculture  du secteur minier, ainsi que du tourisme.  « Bien que le taux de croissance n’ait pas varié, les hypothèses par branches d’activités ont subi des modifications avec l’évolution de la conjoncture nationale et internationale. Cette croissance proviendra essentiellement de la bonne tenue de la branche agriculture, du dynamisme des projets miniers et de l’essor du secteur tourisme » lit-on notamment dans l’exposé des motifs de la loi de finances rectificative.  Pour le secteur minier notamment, le régime mise sur les  exportations de nickel et de cobalt d’Ambatovy. D’ailleurs, aussi bien le Président de la République Hery Rajaonarimampianina que son ministre chargé des Ressources Stratégiques Valérien Lalarisaina Joeli ont reconnu dernièrement les performances d’Ambatovy. C’était notamment lors de l’inauguration du Bazar Be de Toamasina financée par Ambatovy dans le cadre de ses engagements sociaux et la visite ministérielle réalisée dans les sites d’extraction de   Moramanga et de transformation de Toamasina.

Perte. A propos justement d’Ambatovy,  les dernières nouvelles démontrent que contrairement à ce que croient beaucoup de gens ou à ce qu’ont tendance à faire croire certains politiciens, l’extraction minière n’est pas une filière où les patrons de l’entreprise  ramassent très  facilement des milliards et des  milliards d’ariary en exploitant la richesse nationale. La preuve, selon les derniers rapports, Sherrit,  la maison mère d’Ambatovy  accuse actuellement une perte.  Selon ce rapport qui fait apparaître les résultats du deuxième trimestre 2014,  Ambatovy est toujours engagé à assurer la mon tée en cadence de sa production. La production de nickel et de cobalt à Ambatovy au deuxième trimestre a été légèrement meilleure que pour le premier trimestre. Au cours du second trimestre de 2014, plus de 9 000 tonnes de nickel ont été produites à Ambatovy, ce qui représente une augmentation de 26% par rapport à la même période de l’année précédente, et 712 tonnes de cobalt, ce qui représente une augmentation de 14% comparé à la même période de l’année dernière.  Mais malgré cette croissance de la production qui profite d’ailleurs à l’Etat puisque les recettes que ce dernier tire de l’exploitation augmentent en fonction du volume de production (30 millions de dollars en 2013),  Sherrit n’est pas au meilleur de sa forme.  « Sherritt accuse une perte nette de 30,1 millions de dollars pour le trimestre qui a pris fin le 30 juin 2014, principalement à cause de la part des pertes de la Société imputée à Ambatovy, incluant essentiellement des frais considérables engagés qui sont excessifs par rapport aux recettes (épuisement), de la dépréciation et de l’amortissement ».  En somme ; quelque part Ambatovy est victime de sa volonté de contribuer au développement du pays à travers les actions sociales et les infrastructures publiques qui entraînent des dépenses énormes.

R.Edmond

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