Loi des Finances Rectificative : Des mesures anti-économiques pour les éleveurs

Jacaranda
L’application de la TVA de 20% sur l’importation du poussin d’un jour entraîne des effets néfastes sur toutes les chaînes de valeur dans le secteur de l’élevage. (Photo d’archives)
L’application de la TVA de 20% sur l’importation du poussin d’un jour entraîne des effets néfastes sur toutes les chaînes de valeur dans le secteur de l’élevage. (Photo d’archives)

Apparemment, les députés ne se soucient pas vraiment de l’intérêt général de la population issue de leurs circonscriptions respectives lors de son adoption.

Une grande déception ! Les éleveurs professionnels dans le secteur considéré comme un des leviers de développement de l’économie nationale en ont ressenti après l’adoption de la Loi des Finances Rectificative par les parlements avant-hier. En effet, la retaxation de la TVA sur l’importation de poussin d’un jour de l’ordre de 20% constitue des mesures anti-économique et anti-développement, d’après leurs dires. « Lors de l’ouverture officielle de la Foire de l’Elevage et de la Production Animale dans sa 8e édition qui s’est tenue le 28 mars dernier, le Président de la République, Hery Rajaonarimampianina, nous a promis qu’il veillera sur l’exonération des droits et taxes sur les intrants et équipements nécessaires pour le secteur de l’Elevage. Nous attendions ainsi que cette mesure incitative touchera les autres matières premières nécessaires pour le développement de nos activités. Mais c’est tout à fait le contraire qui survient », ont déploré des éleveurs lors de leur rencontre avec la presse hier.

Abandon. En effet, les impacts de l’application de cette TVA de 20% seront néfastes. « Notre coût de revient suivra ce rythme ascendant avec une hausse de plus de 25% au minimum alors que nous ne pouvons pas le répercuter sur les prix de vente aux consommateurs étant donné que leur pouvoir d’achat ne cesse de se dégrader. A titre d’illustration, nous n’arrivons pas à vendre des œufs quand le prix de l’unité est fixé à 350 Ariary en un certain temps. Le prix d’une poule reproductrice, prête à pondre s’affiche actuellement à 21 000 Ariary mais cela va être majoré de 20%. Cette mesure fiscale ne fait ainsi que pénaliser les éleveurs car nos produits à écouler sur le marché sont limités. Le nombre des éleveurs qui risquent d’abandonner leurs activités va aussi s’accroître », ont-ils expliqué. Notons que les prix des matières premières ont grimpé depuis ces derniers temps pour ne citer que le prix du maïs qui s’élève actuellement à 800 Ariary le kilo. Les éleveurs ne disposent pas pour autant de trésorerie suffisante pour effectuer un stock.

Hausse généralisée. Il faut savoir également que l’élevage à cycle court constitue un moyen de survie pour la population surtout les chômeurs de la zone franche durant la crise. Plus de 75% de la population en pratiquent sur tout le territoire national. Les éleveurs réclament ainsi la suppression de cette TVA de 20% sur l’importation de poussin d’un jour car cela va entrainer une hausse généralisée sur tous les produits à base d’œufs comme la pâtisserie, la production des biscuits et des friandises ainsi que sur les activités de restauration. D’aucuns se posent la question, pourquoi, l’Etat applique une telle taxation pour un secteur à forte potentialité mais encore à faible performance en cette période de crise économique alors qu’un abattement à la base du droit d’accise sur des cigarettes locales et une baisse du taux de droit d’accises sur le rhum et le tafia sont accordés dans cette Loi des Finances Rectificative. Les députés jouent-ils vraiment leur rôle en tant que porte-parole de la population issue de leur circonscription et en défendant leurs intérêts communs ?

Navalona R.

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