SAMIFIN : Blanchiment d’argent de 120 milliards d’Ariary via mobile banking

Faute de cadre réglementaire, les criminels peuvent utiliser facilement le mobile banking pour un blanchiment de capitaux. (Photo d’archives)
Faute de cadre réglementaire, les criminels peuvent utiliser facilement le mobile banking pour un blanchiment de capitaux. (Photo d’archives)

L’an dernier, les opérations de transfert d’argent via un téléphone portable au nombre de 3 892 n’ont pas été justifiées au niveau d’une banque primaire.

Le service de mobile banking devient un moyen de paiement adopté dans le quotidien des Malagasy depuis ces quatre dernières années. En effet, divers services sont offerts aux utilisateurs via leur téléphone portable. On peut citer, entre autres, le transfert d’argent, le paiement de factures et les opérations d’achats dans les grandes surfaces ou boutiques éparpillées dans toute l’île. Trois opérateurs de téléphonie mobile offrent ces types de service en collaborant respectivement avec trois établissements bancaires à Madagascar. Mais le SAMIFIN ou Service de Renseignements Financiers a détecté des opérations de blanchiment d’argent portant une valeur de plus de 120 milliards d’Ariary via des opérations cash effectuées avec un téléphone portable au cours de l’année 2013.

3 892 opérations cash. Le SAMIFIN évoque que Madagascar ne dispose pas encore de cadre législatif régissant le commerce en ligne dont le paiement via le mobile banking. Cependant, ce nouveau système de paiement constitue un moyen facilement accessible aux criminels pour le blanchiment des capitaux. Les irrégularités signalées par un établissement bancaire au SAMIFIN illustrent la gravité de ce risque de blanchiment d’argent via le paiement mobile. Il faut savoir qu’un opérateur de téléphonie mobile travaillant en collaboration avec une banque primaire à Madagascar possède actuellement un dispositif de vigilance contre le blanchiment d’argent via le mobile banking. Ils ont imposé un seuil réglementaire autorisé pour une opération cash via le téléphone portable, portant une valeur de 10 millions d’Ariary. Au delà de ce seuil, un formulaire doit être établi par le titulaire du compte pour justifier l’origine des fonds. L’an dernier, 3 892 opérations cash n’ont pas été justifiées au niveau de la banque primaire concernée alors que le volume de chaque opération dépasse ce seuil réglementaire de 10 millions d’Ariary, d’après les explications du SAMIFIN. Ce qui revient au montant total des opérations suspectes de blanchiment de capitaux de plus de 120 milliards d’Ariary.

Multiplication d’envois. Notons que d’autres opérateurs n’ont pas ce dispositif de vigilance servant à prévenir les risques de blanchiment de capitaux. Il se peut ainsi que les criminels effectuent des opérations de transfert d’argent d’un gros montant important mais en dessous d’un seuil qui n’éveille pas les soupçons des entités concernées. Par contre, ils multiplient le nombre d’envois par le biais de leur téléphone portable, a-t-on évoqué. Il s’avère ainsi opportun de mettre en place un cadre règlementaire régissant ce système de paiement en mobile banking.

Navalona R.

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