Conjoncture : Les opérateurs à la recherche d’une vraie sécurité des investissements


Le délestage face auquel le régime actuel reste impuissant est un facteur qui aggrave l’insécurité.
Le délestage face auquel le régime actuel reste impuissant est un facteur qui aggrave l’insécurité.

Malgré les promesses de mise en place d’un climat des affaires adéquat, Madagascar reste encore dans le rang des pays à risque pour les investissements.

La ville de Toamasina aura bientôt droit à une centrale hydroélectrique de 90 Mw. Les discussions sont en cours avec les autorités étatiques responsables et le groupe d’investisseurs espagnoles concernés par ce projet. L’on rappelle en effet qu’une délégation d’investisseurs ibériques a effectué une mission de travail à Madagascar en début octobre. Ils ont notamment annoncé la possibilité pour Madagascar de bénéficier des subventions du Fonds espagnol pour les énergies renouvelables, principale extension des investissements espagnols en Afrique subsaharienne, à hauteur de 40 à 50 millions d’euros sur deux ans. Mais la réalisation de ce projet devrait passer par la signature d’un accord de promotion et de protection des investissements (APPI) entre Madagascar et l’Espagne.

Incapacité. L’exigence d’un tel accord met en tout cas en évidence le grand souci des investisseurs de disposer d’une sécurité de leurs investissements. Notamment dans les pays comme Madagascar où  l’insécurité est encore monnaie courante. En effet, même si le gouvernement actuel a mis en place un dispositif de lutte contre l’insécurité comme l’opération coup de poing, les actes de banditismes font encore des ravages aussi bien en ville qu’en zone rurale. Parmi les opérateurs privés qui font l’économie du pays, les Karana sont les cibles privilégiées des kidnappeurs. Et parfois, les faits laissent transparaître une certaine incapacité des forces de l’ordre à faire convenablement face à ces cas de kidnapping. On peut notamment citer le cas de l’enlèvement du jeune Alek Owne disparu depuis des mois mais dont on ne  connaît jusqu’à présent son  sort. Sans compter les autres attaques à main armée, traumatisant quotidiennement les citoyens qui ne savent plus à quel saint se vouer.

Manque de confiance. Et c’est dans ce climat d’insécurité et d’incapacité des responsables à y apporter des solutions efficaces que les opérateurs économiques se demandent comment ils vont pouvoir travailler en toute sérénité. En somme il y a encore un certain manque de confiance des porteurs d’investissements directs étrangers vis-à-vis de Madagascar, qui reste encore dans les rangs des pays à risque selon les organismes de notation comme la Coface. Hery Rajaonarimampianina a rappelé lors de sa récente visite dans le Vakinankaratra qu’il mise sur le développement industriel pour relancer l’économie. Mais sans une véritable sécurité des investissements, cet objectif ne sera pas atteint. La balle est dans le camp des hautes autorités qui ont promis beaucoup de choses à la population sans  la convaincre jusqu’à maintenant.

R.Edmond

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