Développement rural : La grande performance dans la région Bongolava

Jacaranda
Les participants à la démarche Seikatsu Kaizen présentent deux fois par an, leurs meilleures innovations.
Les participants à la démarche Seikatsu Kaizen présentent deux fois par an, leurs meilleures innovations.

Une population pauvre dans un pays très riche en ressources naturelles ! Ce paradoxe reste un vrai casse-tête pour les économistes malgaches. Mais une solution efficiente est déjà en œuvre dans la région Bongolava. Le développement humain y connait une évolution impressionnante, suite à une nouvelle approche qui fait tache d’huile.

Améliorer le niveau de vie à partir des ressources localement disponibles : tel est le principe de l’approche Seikatsu Kaizen, lancé dans la région Bongolava, depuis 2009, par la JICA (Agence japonaise de coopération internationale). En effet, il s’agit de la clé de la réussite du Japon qui a connu une pauvreté pire que celle de Madagascar, après la seconde guerre mondiale. « Seikatsu Kaizen est une approche qui vise un changement de comportement et de mentalité d’une personne, pour qu’elle devienne créative dans la recherche de solution à tout problème identifié dans sa vie quotidienne et sociale », explique Johary Lala Andrianasolo, consultant de la JICA. D’après les promoteurs de cette approche, le lancement de Seikatsu Kaizen était un vrai défi au départ, mais la réussite des uns a attiré l’attention des autres. Aujourd’hui, les habitants de 20 Communes parmi les 26 dans la région Bongolava appliquent déjà la méthode de travail Seikatsu Kaizen. Pour les bénéficiaires, il s’agit d’identifier les problèmes qu’ils soient importants ou insignifiants. C’est après qu’ils recherchent les solutions par groupe, avec l’appui technique de la JICA. Du côté de cette Agence de coopération, l’idée est d’apprendre la population à exploiter les ressources disponibles localement, pour pouvoir ensuite bénéficier pleinement des projets de développement et des appuis matériels ou financiers extérieurs.

Echecs répétitifs. Plusieurs centaines de millions d’USD ont déjà été mobilisés à Madagascar pour des projets de développement rural. Mais seulement de piètres résultats ont été obtenus de ces actions. « La plupart des projets de développement a échoué car les bénéficiaires n’étaient même pas prêts aux changements prévus. Dans le Fokontany Anosy, la mise en place de bornes fontaines pour l’accès à l’eau potable a été financée par un bailleur. Mais le système ne fonctionnait qu’un mois et a été abimé, car la population n’en avait même pas besoin. Mais lorsqu’il s’agit de leur besoin, même la participation des bénéficiaires et la pérennisation des solutions sont automatiques », a affirmé le consultant de la JICA dans la mise en œuvre de Seikatsu Kaizen. Bref, la population de Bongolava apprend déjà à définir ses besoins et à rechercher les solutions par elle-même. « Ces participants à la démarche Seikatsu Kaizen ont déjà réalisé des avancées considérables. Leurs initiatives et leurs innovations sont impressionnantes. Ils ont travaillé avec les moyens localement disponibles. Mais plus tard, il faut croire que les propositions d’appuis par les bailleurs s’ajouteront à ces ressources disponibles », a avancé le représentant résident de la JICA à Madagascar, Nishimoto Akira, lors d’une visite dans la région Bongolava, la semaine dernière. Il faut croire que la démarche Seikatsu Kaizen apprend à ses pratiquants à faire une utilisation optimale des ressources disponibles. Il s’agit d’un atout qui peut engendrer un essor économique sans précédent, pour un pays riche en ressources naturelles, comme Madagascar.

Antsa R.

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