Produits contrefaits : Un danger réel pour la santé et l’économie

Jacaranda
La contrefaçon touche aussi bien les produits importés que fabriqués localement. (Photo : Nary Ravonjy)
La contrefaçon touche aussi bien les produits importés que fabriqués localement. (Photo : Nary Ravonjy)

L’Etat doit appliquer effectivement les lois en vigueur pour assainir le marché local.

D’aucuns ne savent que les produits contrefaits envahissent le marché aussi bien dans la Capitale que dans les régions. Tous les produits alimentaires, les effets vestimentaires, les téléphones portables, les cigarettes, les produits cosmétiques et les articles pour bébé sont, entre autres, victimes d’une contrefaçon. Et même les produits fabriqués localement sont également imités. Cependant cela constitue un danger réel pour la santé des consommateurs et l’économie nationale. Des importateurs de produits authentiques ou distributeurs exclusifs des produits à Madagascar se plaignent car cela entraîne une baisse considérable de leurs ventes. Ils réclament à tout prix à ce que l’Etat priorise l’application effective de la législation sur le contrôle des fraudes et la falsification des produits.

Cancérigènes. Au niveau des consommateurs, « les composantes de produits contrefaits peuvent être cancérigènes pour ne citer que les pâtes de dentifrice. Cependant, le ministère du Commerce ne dispose que d’un laboratoire de chimie et de microbiologie sis à Nanisana, qui est accrédité pour détecter la contrefaçon. En plus, sa capacité est limitée en raison de l’insuffisance des équipements nécessaires. Nous demandons ainsi l’appui des bailleurs de fonds », a expliqué Rakotomahefasoa Herivelomalala Henriot, le directeur général de la Consommation et de la Concurrence, lors d’une entrevue avec la presse hier. Du côté du ministère de la Santé, une agence de contrôle de la sécurité sanitaire et de la qualité des denrées alimentaires est déjà opérationnelle. « Mais tous les produits mis en vente sur le marché ne sont pas soumis à ce contrôle », a-t-il enchaîné. Notons que les agents du ministère du Commerce ne ménagent pas leurs efforts pour lutter contre l’envahissement des produits contrefaits en effectuant des descentes inopinées sur le marché. Le distributeur exclusif de « Bic », faisant parmi les opérateurs victimes de la contrefaçon, a déjà porté plainte.

Etiquettes. Même si l’on a procédé à la saisie des produits falsifiés, le ministère de tutelle n’arrive pas à stopper l’inondation des produits contrefaits sur tous les marchés, que ce soit dans les épiceries, dans les grandes surfaces qu’au niveau des commerçants ambulants, sans l’implication de toutes les parties prenantes. Un numéro vert 034 30 812 34 est déjà mis en place pour sensibiliser et solliciter les consommateurs à dénoncer. Par ailleurs, la loi en vigueur stipule que tous les produits étalés sur le marché doit avoir obligatoirement des étiquettes mentionnant leurs compositions, les dates de production et de péremption. Mais la majorité des produits mis en vente sur le marché ne comportent que des étiquettes écrites en langues inconnues par les consommateurs.

Coordination. Face à cette situation alarmante, « le ministère du Commerce et le ministère des Finances et du Budget prévoient bientôt un protocole d’accord pour éviter l’envahissement des produits contrefaits en provenance notamment de la Chine au niveau de la Douane », a souligné le directeur général de la Consommation et de la Concurrence. En effet, il faut reconnaître que tous les ports de Madagascar constituent une porte d’entrée facile de ces produits falsifiés. Une coordination des actions de contrôle entre ces deux parties s’impose ainsi.  Par ailleurs, « la loi sur la consommation a été déjà concoctée depuis 1995 mais son adoption n’est pas encore à l’ordre du jour des Parlements jusqu’à maintenant », a-t-il conclu.

Navalona R.

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