Micro-finance : Un faible taux d’accès entre 5 et 20%


L’agriculture est considérée comme secteur à risque pour les institutions financières. (Photo d’archives)
L’agriculture est considérée comme secteur à risque pour les institutions financières. (Photo d’archives)

Les ménages ruraux ont encore peur de ne pas pouvoir rembourser en raison d’un manque de culture financière.

La majorité des ménages enquêtés par le Réseau des Observatoires Ruraux (ROR) dans les zones d’Antsirabe, Marovoay, Alaotra, Toliara et Fénérive-Est connaissent les Institutions de micro-finance (IMF), soit de bouche-à-oreille, soit via les médias ou d’autres supports de communication. Cependant, un faible taux d’accès aux services financiers est encore observé. Cela varie de 5% pour Antsirabe à 20% pour Toliara. C’est ce qu’on  a appris lors de la matinée d’animation organisée mensuellement par le Plan d’Action pour le Développement Rural (PADR) hier au ministère de l’Economie et du Plan à Anosy.

Culture financière. Le désintéressement vis-à-vis du crédit a été généralement ressenti dans l’ensemble des observatoires, a-t-on exposé. En outre, l’absence d’argent à placer au niveau des IMF semble être une contrainte à Fénérive-Est. Dans les autres régions, les ménages ruraux ont tous peur de ne pas pouvoir rembourser les crédits en raison du manque de culture financière. Dans la majorité des cas, les emprunteurs contractent un micro-crédit pour leurs activités économiques.  Certains d’entre eux ont recours aux IMF pour ouvrir un compte épargne. Il a été soulevé aussi que le stockage de production pour une revente à un meilleur prix dans le cadre du système de Grenier Communautaire Villageois, constitue une offre intéressante mais non utilisée par les ménages surtout à Alaotra et à Antsirabe.  Par contre, les conditions de remboursement sont pratiquement respectées sauf pour Toliara, car le crédit obtenu n’est pas investi au projet ou  celui-ci a échoué.

Bonification du taux. Par ailleurs, le problème de garantie et le taux d’intérêt élevé appliqué par les IMF constituent d’autres obstacles à l’accès aux services financiers. Le représentant de la BOA a évoqué entre autres que le certificat foncier n’a pas encore de valeur de garantie pour demander un crédit. Du côté des IMF, leur taux d’intérêt est basé sur plusieurs paramètres dont le coût de refinancement auprès des autres institutions financières. « Pour pouvoir améliorer le taux d’accès à la micro-finance, l’Etat étudiera avec la BOA dans le cadre de l’élaboration de la nouvelle politique foncière, les autres  critères pour que le certificat foncier ait une valeur de garantie. La bonification du taux d’intérêt par l’Etat s’avère également important pour développer les activités agricoles. Ou bien, les financements d’un projet doivent être reversés dans les IMF afin que les bénéficiaires puissent accéder aux crédits à taux inférieur. Ce qui permet en même temps de développer la culture financière », a conclu Harison Randriarimanana, le Secrétaire permanent du PADR.

Navalona R.

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