Filière girofle : Amélioration de la qualité de la production malgache

L’exportation de girofle peut être améliorée avec la professionnalisation de tous les opérateurs concernés.
L’exportation de girofle peut être améliorée avec la professionnalisation de tous les opérateurs concernés.

Une relance de la filière girofle est concoctée par le ministère du Commerce et de la Consommation. Madagascar est actuellement le deuxième exportateur de ce produit, mais le professionnalisme laisse encore à désirer.

Avec sa production de plus de 12 000 tonnes par an, Madagascar est le deuxième exportateur de girofle dans le monde, après l’Indonésie qui offre 50 000 tonnes. Mais des lacunes sont constatées au niveau de cette filière, d’après le ministère du Commerce et de la Consommation. En effet, beaucoup de compagnies maritimes refusent l’embarquement du produit, de peur de voir leurs containers abîmés par le girofle humide. Source du problème, des opérateurs non professionnels se sont lancés dans la filière, en louant des emplacements non conformes, à l’exemple d’une villa, pour traiter le girofle. Mais la mauvaise pratique ne se limite pas à cette ignorance. Ces apprentis ne rapatrient pas les devises et font de la sous-facturation, etc. Bref, il s’agit d’opportunistes, d’après les descriptions. Par ailleurs, la plupart des importateurs attendent l’arrivée des marchandises à destination avant de payer, ce qui handicape la faculté d’export des opérateurs malgaches. D’après ces derniers, l’exportation du girofle nécessite environ 100 000 USD par container.

Protection. Des réglementations sont récemment mises en place, pour pérenniser la filière. Dans ce cadre, le ministère prône l’équilibre entre l’inclusivité et l’ouverture. « Il est impératif de lutter contre les opportunistes qui ne se soucient guère de la viabilité de la filière, en sacrifiant la fragile réputation de notre produit pour de petits profits. Les règlementations mises en place concernent principalement les infrastructures, le rapatriement de devises, et la non sous-facturation », ont indiqué les responsables auprès de ce département. Des audits périodiques sont effectués par les agents du ministère, suivant une grille d’évaluation des ateliers de traitements de girofles et produits dérivés. Certaines caractéristiques sont spécifiées obligatoires ; d’autres sont juste recommandées, et le reste est encore classé dans la catégorie des exigences mineures.

Professionnels. Les plus importantes exigences sont liées directement à la qualité du produit, d’après les explications. Celles qui sont obligatoires concernent la clôture en dur pour l’atelier et tous les compartiments ; l’extincteur contrôlé chaque année, l’approvisionnement continue en eau et électricité ; l’existence de vestiaire, douches et sanitaire en nombre suffisant et en bon état pour les employés. A ces critères s’ajoutent le bon état des bâtiments et équipements pour la garantie de la qualité du girofle. Ce qui sous-entend un sol facilement lavable, l’inexistence de point d’infiltration d’eau sur les murs, l’évacuation correcte de l’eau, la protection des lampes. En outre, au niveau des techniques de traitement du girofle, il est impératif de mettre en place un système d’autocontrôle des produits au cours de tout le processus depuis la réception à l’exportation. Le matériel utilisé doit être de qualité et réglementaire, les employés doivent avoir une tenue de travail appropriée. Toutes ces exigences obligatoires, ainsi que les exigences recommandées (liées au cadre de travail) et les exigences mineures (qui concernent la logistique environnante) sont consultables au Poste de Contrôle du Conditionnement de Toamasina, à la Direction Régionale du Commerce et de la Consommation Atsinanana, a informé le ministère. Jusqu’ici, 66 entreprises se sont inscrites dans les temps dans le GEGM ou Groupement des Exportateurs de Girofle de Madagascar. Leurs agréments sont en cours de finalisation.

Antsa R.

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