Trafic de bois de rose : Près de 70 000 rondins exportés illicitement cette année

Lors de la célébration du 5e anniversaire de l’AVG. (Photo : Kelly R.)
Lors de la célébration du 5e anniversaire de l’AVG. (Photo : Kelly R.)

L’Alliance Voahary Gasy a pu réduire l’exportation illicite de nos ressources forestières et faunistiques depuis ces cinq ans d’existence.

L’organisation internationale TRAFFIC (le réseau de surveillance du commerce de la faune) dénonce. Plus de 70 000 rondins de bois de rose ont été exportés illicitement par Madagascar cette année, et ce, malgré la déclaration de l’Etat de lutter réellement contre les trafics de bois de rose. Parmi lesquels, à peu près 20 000 rondins de ces bois précieux ont été blanchis dans les pays d’Afrique comme le Mozambique et la Tanzanie. C’est ce qu’on a appris dans le cadre de la célébration du 5e anniversaire de l’Alliance Voahary Gasy, une plate-forme des organisations de la société civile œuvrant pour l’environnement, qui s’est tenue au parvis de l’Hôtel de Ville samedi dernier.

Gouvernance. Le volume de cette exportation illicite dépasse largement la quantité de stocks de bois de rose saisis et déclarée par l’Etat. Depuis ses cinq ans d’existence, l’AVG comportant 28 organisations membres dont l’Association des Journalistes de l’Environnement (AJE) a pu réduire les trafics de nos ressources forestières et faunistiques. « Mais de nombreux efforts doivent être encore déployés surtout en matière de gouvernance en interpellant notamment l’Etat à appliquer les lois en vigueur », a soulevé Andry Andriamanga, le coordonnateur national de l’Alliance Voahary Gasy, lors de cet événement. A titre d’illustration, une liste comportant les noms d’une centaine de trafiquants ont été remis par l’ancien Premier ministre Omer Beriziky au gouvernement actuel, mais ce dossier est classé sans suite.

Transparence. En outre, treize camions transportant de bois de rose ont été saisis par la gendarmerie à Sambava, mais quelques jours plus tard, on a laissé partir neuf camions remplis de bois de rose. « L’enquête menée jusqu’à maintenant n’aboutit à aucun résultat. Et la semaine dernière, une personne a été arrêtée pour corruption d’une valeur de 120 millions d’Ariary en vue d’une tentative d’exportation illicite de bois de rose à Mananara Nord. Après enquête, cette personne corrompue a été transférée à Maroantsetra. L’affaire est également sans suite. Cependant, tout cela mérite d’être révélé au grand public pour qu’il y ait vraiment une transparence dans la lutte contre les trafics de bois précieux, car il s’agit maintenant d’une affaire d’Etat », tient à préciser le coordonnateur national de l’Alliance Voahary Gasy. Le contrôle et la surveillance au niveau national s’avèrent insuffisants. C’est pourquoi, cette plate-forme veut mobiliser tout un chacun à préserver nos ressources naturelles.

Plan d’audit. Par ailleurs, « nous interpellons toujours l’Etat, afin qu’il puisse jouer efficacement son rôle régalien. En effet, la Justice, la Gendarmerie et la décentralisation figurent parmi les cinq premiers corrompus dans le pays, d’après les publications de Transparency International », a évoqué Ndranto Razakamanarina, le PCA de l’AVG. Il a également soulevé que la CITES et l’IUCN ont donné jusqu’à la fin de ce mois pour que l’Etat présente son plan d’audit et son plan d’utilisation de stocks de bois de rose saisis. Mais jusqu’à maintenant, l’inventaire de ces stocks n’a pu être réalisé. Au contraire, cela ne cesse de s’amenuiser sur place.

Navalona R.

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