Conjoncture : 2015, une année de la relance économique pour Madagascar

Les exportations de nickel d’Ambatovy ont sauvé en partie l’économie malgache de la dérive.
Les exportations de nickel d’Ambatovy ont sauvé en partie l’économie malgache de la dérive.

Après une année 2014 relativement décevante, 2015 s’annonce être celle de la relance économique après crise, mais la persistance de l’inflation fera encore des victimes parmi la population.

En réussissant à réunir autour d’une table, les 4 anciens chefs d’Etat, le Président de la République Hery Rajaonarimampianina a réalisé un grand pas vers la réconciliation nationale considérée comme un passage obligé pour une stabilité politique garante d’une véritable relance économique. La grande majorité de l’opinion mise actuellement sur le bon aboutissement du processus de réconciliation dont la prochaine étape sera la deuxième rencontre au sommet, prévue le 13 janvier prochain.

Chemin de la croissance. « Les quatre anciens chefs d’Etat doivent mettre de côté leur amour propre et penser uniquement au retour à la stabilité politique pour permettre aux autorités la relance économique, et les aider même dans leurs actions » soutient un observateur. Une manière de dire que toute tentative de provoquer des troubles de la part des dirigeants politiques fera énormément du mal au pays. En effet, le retour sur le chemin de la croissance est bien là et tous les actes de déstabilisation ne feront que bloquer la route vers la relance. Une relance prévue d’ailleurs dans la loi de finances 2015 qui bénéficie de l’appui des bailleurs des fonds et des partenaires pour le développement. L’objectif étant de parvenir à la réalisation de la vision « Madagascar nation moderne et prospère » inscrite dans la politique générale de l’Etat et soutenue dans le Plan National de Développement.

Projets miniers. Sur le papier, l’objectif de croissance économique est de 5% pour 2015. Et une fois de plus, les grands projets miniers seront en tête des principaux précurseurs de la relance. On peut citer, entre autres Ambatovy, dont les exportations de nickel et de cobalt en 2014, ont permis au pays de maintenir un équilibre de la balance commerciale et de préserver les réserves en devises. Cette année, Ambatovy continuera de jouer un rôle clé dans les échanges commerciaux avec l’extérieur. L’exportation d’ilménite de QMM sera également un élément essentiel du retour à la relance économique, censée être tournée vers les produits et services pourvoyeurs de devises. Et sur ce point justement, le tourisme constitue un autre secteur d’activités sur lequel l’Etat mise pour la relance économique. Les actions de promotion réalisées dans de nombreux pays par l’Office National du Tourisme de Madagascar ont redoré le blason de la destination Madagascar. Les autorités responsables multiplient les efforts pour l’instauration de la sécurité alors que les responsables sanitaires ont mis le paquet pour éviter la propagation de la peste. Bref, Madagascar redevient progressivement une destination sûre et fiable pour les touristes internationaux. Ce d’autant plus que grâce aux mesures correctives apportées par la compagnie aérienne nationale Air Madagascar et l’Aviation Civile de Madagascar, le secteur aérien effectue un retour aux normes de l’OACI et une sortie de Madagascar de l’annexe B de l’Union européenne est prévue, cette année. L’autre facteur important de la relance économique sera évidemment le secteur agricole, qui, cette année, croîtra de 2% alors que l’élevage et la pêche afficheront une croissance de 1,5%.

Inflation. Bref, théoriquement la relance économique débutera cette année. Une relance qui ne sera pour autant pas ressentie concrètement dans le quotidien de la majorité des citoyens malgaches. Et ce, tout simplement parce qu’une inflation de 7% est encore attendue cette année. La hausse des prix à la pompe des carburants appliquée en fin d’année 2014 était le début d’une série de hausses des prix des autres produits de consommation courante. En tout cas, plus d’un souhaite que la vérité des prix soit également appliquée dans l’autre sens. En l’occurrence, l’Etat doit aussi penser à la baisse des prix à la pompe si la chute des cours du brut se poursuit sur le marché pétrolier mondial.

Recettes publiques. Si les prévisions de la loi de finances 2015 se  confirment, la relance se retrouvera également sur le terrain des recettes publiques. En effet, l’Etat entend opérer cette année des efforts de mobilisation des recettes fiscales et douanières. « Les recettes fiscales internes et externes contribueront au redressement économique suite aux efforts de renflouement de la caisse de l’Etat à travers la sécurisation des recettes. On verra également un élargissement de l’assiette fiscale intérieure basée sur l’instauration d’un régime fiscal des sociétés mères-filiales, la généralisation de l’impôt sur les revenus intermittents ; la  nouvelle détermination de la base de l’impôt sur les plus-values immobilières (IPVI) par application d’un abattement forfaitaire de 75% ; l’uniformisation des taux de droit d’enregistrement à 5% en matière de  meubles. Des réformes qui contribueront évidemment au renflouement des caisses de l’Etat mais qui feront malheureusement des  victimes au niveau des entreprises et des consommateurs. Au niveau de la douane, par exemple, certains tarifs devront subir des hausses comme pour quelques produits de première nécessité dont le sucre et la farine.

R.Edmond.

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