Lutte anti-acridienne : 7 millions USD à trouver impérativement avant mi- février 2015

Le Représentant de la FAO et le Secrétaire Général du ministère de l’Agriculture lors de la signature de l’accord de financement.
Le Représentant de la FAO et le Secrétaire Général du ministère de l’Agriculture lors de la signature de l’accord de financement.

Madagascar se trouve actuellement dans une situation alarmante.  Le programme triennal en réponse à l’invasion acridienne risque de s’arrêter, faute de financement.

Un risque d’invasion de criquets pouvant couvrir tout le territoire national est à craindre. En effet, la FAO (Organisation des Nations Unies pour la Nutrition et l’Agriculture) menace d’arrêter la lutte anti-acridienne par voie aérienne si l’on ne trouve pas un financement de l’ordre de 7 millions USD avant mi-Février 2015. « Le fonds disponible ne suffit plus pour couvrir l’ensemble des activités de la seconde campagne car il faut, rappelons-le, un programme de trois ans pour atteindre la situation acridienne de rémission ». Le Secrétaire général du ministère de l’Agriculture et du Développement Rural, Randrianaritiana Pierrot Serge, l’a expliqué lors de la signature de l’accord de financement entre le FIDA (Fonds International pour le Développement Agricole) et la FAO hier.

600 000 ha à traiter. Il s’agit d’un financement de 600 000 USD via le programme FORMAPROD financé par le FIDA, destiné pour le renforcement de capacité de l’expertise nationale, le système de veille et l’achat de pesticide. Mais le ministère de tutelle fait encore appel à tous les bailleurs de fonds à se positionner pour mener à bien la 2e campagne qui dure jusqu’en septembre 2015. « Les efforts entamés depuis la première campagne et qui ont eu des résultats efficaces seraient en vain et les investissements réalisés seront réduits à néant si l’on interrompt le programme triennal en réponse à l’invasion acridienne », a-t-il précisé. Notons que près de 1 200 000ha de superficie infestée par les criquets ont été traités lors de la première année de campagne.  A la 2e année, il faudrait encore traiter une superficie entre 500 000 et 600 000ha.

Famine. « Mais les luttes terrestres menées par le CNA (Centre National Anti-acridien) dans la partie sud de l’île, ainsi que la CALAT (Cellule d’Appui à la Lutte Anti-acridienne Terrestre) dans dix zones, ne suffisent pas à contenir l’invasion à terme. Il y a des zones infestées inaccessibles par voie terrestre. Si l’on ne trouve pas à temps ce déficit de 7 millions USD, un retour à une situation similaire à 2012, avec une extension de l’invasion vers d’autres régions, est à craindre. Ce qui pourrait engendrer une menace pour la sécurité alimentaire, voire même la famine dans tout Madagascar », a fait savoir le Secrétaire général du ministère de l’Agriculture et du Développement Rural.  Rappelons que la partie sud de l’île et les régions de Bongolava et Miandrivazo sont en ce moment infestées par les criquets. Si le programme s’interrompt, cette infestation de criquets pourra toucher les régions de Marovoay, de la SOFIA, de l’Alaotra jusqu’à Atsinanana, qui sont toutes des zones productrices. Parlant de l’utilisation et de la gestion du financement du programme triennal, « le ministère de tutelle intervient désormais en fixant les priorités pour mener à bien la lutte anti-acridienne si auparavant on a donné carte blanche à la FAO », a-t-il conclu.

Navalona R.

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