Projet MAPS : Croissance de la filière sucre et relance de l’agriculture à Ambilobe

Jacaranda
Grand rebond pour les filières canne à sucre et riz dans la Basse-Mahavavy.
Grand rebond pour les filières canne à sucre et riz dans la Basse-Mahavavy.

Après 30 ans d’activités sans canaux d’irrigation, les agriculteurs de la Basse-Mahavavy, région Diana, vont enfin être approvisionnés en eau, grâce au projet MAPS (Mesures d’accompagnement du Protocole sucre). 50 % des travaux de réhabilitation d’infrastructures sont déjà réalisés, selon les promoteurs du projet.

Les conflits pour avoir plus d’eau étaient arrivés jusqu’à la décapitation entre rivaux à Ambilobe, d’après le témoignage des membres de l’association des bénéficiaires usagers de l’eau (AUE), dans la zone Basse-Mahavavy. En effet, à cause de la dégradation des infrastructures hydro-agricoles, l’eau devenait une source de conflit entre les agriculteurs, depuis déjà quelques décennies. Aujourd’hui, la situation est en train de s’améliorer, grâce à la mise en œuvre du projet MAPS, appuyé à hauteur de 4,685 millions d’Euros par l’Union Européenne, et mis en œuvre par BRL (Bas-Rhône Languedoc) Madagascar et l’ONG EFA (Ezaka Fampandrosoana ny Ambanivohitra). Pour les paysans, la réalisation de ce projet pourrait accroître considérablement leurs productions. Si les actions visent surtout à améliorer la production de canne à sucre, afin de pouvoir approvisionner convenablement l’usine de production de sucre de la SUCOCOMA (Sucrerie Côte-ouest de Complant de Madagascar) à Ambilobe, les riziculteurs y retrouvent également un grand avantage. « Nous ne pouvions auparavant avoir qu’une récolte par an, et parfois, elle est mauvaise à cause du manque d’eau. Mais avec les infrastructures pour l’irrigation, certains d’entre nous arrivent déjà à avoir trois bonnes récoltes par an, même si les travaux de réhabilitation ne sont pas encore complètement achevés », ont indiqué les paysans bénéficiaires.

Partage équitable. Du côté des planteurs de canne à sucre, le rendement n’est aujourd’hui que de 40 à 50 tonnes à l’hectare pour ceux qui ont les mauvais terrains, et de 70 à 75 tonnes pour ceux qui bénéficient quand même d’un peu d’eau. Or, si l’irrigation est convenable, le rendement devrait être de 100 tonnes de canne à sucre à l’hectare, d’après les explications de Tista Fety, président de la Fédération des planteurs de canne à sucre. « Le partage de l’eau n’est pas encore équitable. La plantation de la SUCOCOMA bénéficie suffisamment d’eau, mais pas celle des paysans. Cette société atteint donc les meilleurs rendements du sol, mais pas nous. Une convention indique qu’en période de campagne, la SUCOCOMA dispose de 65 % des ressources en eau, et les paysans 35 %. Et en période de pluie, cette répartition est ajustée à 60 % pour la société et 40 % pour les paysans. Lors de la préparation de cette convention, nous n’avions pas la capacité de négocier, pour diverses raisons. Mais avec le projet MAPS, une nouvelle organisation est déjà prévue pour que tout le monde bénéficie équitablement des ressources en eau, qui devraient être suffisantes. La répartition dépendra désormais des besoins réels. Techniquement, la riziculture nécessite 1,2 litre d’eau par seconde, par hectare ; et la plantation de canne à sucre, 0,5 litre d’eau par seconde, par hectare. Les calculs se feront à partir de ces données », a expliqué le président de la Fédération des planteurs. Bref, avec la réhabilitation des canaux d’irrigation et la nouvelle organisation, l’agriculture dans la Basse-Mahavavy devrait connaître un essor qui sera appuyé par l’amélioration de la productivité, la multiplication du nombre de récoltes par an, et l’extension des zones exploitées.

Antsa R.

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