Mines : Un secteur à perte à Madagascar

« Il s’avère très difficile de justifier les investissements à Madagascar lorsque vous tenez compte de ce qui est arrivé au cours des cinq dernières années ». La déclaration est de Scott Reid, Directeur Général d’Austral Ressources, dans un entretien qu’il a eu avec Reuters. Dans un article publié par Reuters, hier, le secteur minier malgache est, une fois de plus mis à nu par les analystes. Un secteur qui fait perdre de l’argent aux investisseurs comme Austral Ressources. « Au lieu d’être récompensé, l’investissement de 3,5 millions de dollars de la compagnie dans les forages et explorations de mine à forte teneur en minerai a tourné court. Le permis d’Austral pour l’extraction du zircon, utilisé dans les céramiques, a expiré et le projet est loin de la production. La chute des prix des matières premières mondiales a entravé la compagnie australienne mais selon Reid, les principales sources de frustration sont la bureaucratie et l’incapacité du gouvernement à renouveler son permis qui languit au sein du Ministère des Mines avec 4 000 autres permis ».

Facteurs de blocage. Reuters évoque notamment les facteurs de blocage qui minent le développement économique en général et le secteur minier, en particulier « Avec ses liaisons aériennes miséreuses, handicapant le secteur du tourisme, et les pannes d’électricité qui freinent l’industrie textile, la relance de l’économie de cette ancienne colonie française repose sur la relance de son secteur minier. Mais sans les permis, la plupart des compagnies minières ne peuvent pas lever des fonds sur les marchés boursiers ou obtenir des prêts pour maintenir leur projet en vie. Les bouleversements politiques récents, y compris les tentatives de renversement du gouvernement par les législateurs, ont également érodé l’attrait de Madagascar pour les investisseurs ». En tout cas, Madagascar est considéré comme étant parmi les pays « les plus risqués »

Risque malgache. Et Sherrit figure parmi les victimes du risque malgache. « Il est très difficile de faire passer de nouveaux investissements avec les prix actuels», a déclaré David Pathe, Président de Sherritt International, à Reuters. « Sherritt exploite et possède 40% des 7 milliards de dollars investis à la mine d’Ambatovy, le plus grand investissement direct étranger à Madagascar et l’une des plus grandes usines de nickel et de cobalt du monde. Les autres actionnaires d’Ambatovy sont la maison de commerce japonaise Sumitomo Corp et Korea Resources ». La corruption et une nouvelle incertitude politique ont aggravé la situation, ont déclaré les dirigeants de la compagnie minière ».

« Entre-temps, la mine phare d’Ambatovy a été touchée par des grèves et le Président de Sherritt, David Pathe, a déclaré qu’il est encore plus difficile de trouver la stabilité avec un prix du nickel à 5 dollars par livre. En juin, Sherritt a réduit son personnel à Ambatovy en mettant 1 100 personnes au chômage technique. On ne prévoit plus de réduction mais les analystes estiment que Sherritt pourrait être contraint de le faire si les prix du nickel continuent à baisser ». Bref, la solution est loin de s’améliorer pour le secteur minier à Madagascar et l’absence de prévisibilité et de stabilité constitue un grand facteur de blocage.

Recueillis par R.Edmond

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