Vanille : Un risque de flambée des prix à l’exportation


Jacaranda
La vanille malgache garde malgré tout sa réputation de bonne qualité.
La vanille malgache garde malgré tout sa réputation de bonne qualité.

Si les entités concernées ne prennent pas rapidement les mesures qui s’imposent, la filière vanille risque de revivre la crise de 2003.

La campagne vanille entame actuellement sa deuxième phase. La collecte de la vanille verte qui a débuté au mois de juin prend fin et les préparateurs procèdent actuellement à la préparation  en vue de la production de la vanille préparée exportable.  Mais les professionnels de la filière craignent déjà le pire en raison de la baisse de production qui va probablement provoquer une flambée des prix aussi bien sur le plan national qu’international.

Prix record. Au mieux,  la production sera, cette année de 1 400 tonnes de vanille exportable. « Certains observateurs estiment cette production de 1 400 tonnes, mais personnellement je pense qu’on atteindra à peine les 1 000 tonnes » déclare  un exportateur. Et ce, en tablant sur le fait que la floraison a diminué de 50 % cette année, par rapport à l’année dernière où la production nationale était de 2 000 tonnes de vanille exportable. La baisse de production s’est déjà faite sentir lors de la première partie de la campagne où les prix de la vanille verte sont passés de 28 000 ariary au début à 60 000 ariary, et même 70 000 ariary actuellement. Une situation qui n’augure rien de bon puisque, à ce rythme, la vanille préparée, atteindra un prix record de 360 000 ariary le kilo. En effet, pour produire un kilo de vanille exportable, il faut au moins 6 kilos de vanille verte. Un prix qui risque tout simplement de tuer la filière puisque les prix à l’exportation pourraient, une fois de plus atteindre un niveau extrême. Avec ce que cela suppose de conséquences désastreuses, car si les prix de la vanille naturelle flambent sur le marché international, les clients internationaux opteront tout simplement pour la vanilline de synthèse.

Sécurité. En tout cas, cette nouvelle crise  trouve surtout son origine dans cette flambée des prix de la vanille verte.  Une flambée des prix qui a elle-même provoqué la recrudescence des vols de vanille sur pied. Et face à ces vols, des producteurs n’ont eu comme seule solution que de collecter de la vanille immature. Une collecte immature qui n’est pas sans conséquence sur la qualité de la production, puisque les  collecteurs et les préparateurs  sont obligés de pratiquer la  mise sous vide de leur vanille. Or, ce genre de pratique fait baisser le taux de vanilline. Du coup, les professionnels en appellent à la prise de responsabilité de l’administration. « La première chose à faire, c’est d’assurer la sécurité dans les zones de production », explique un opérateur de la vanille. La production des biens et des personnes est d’autant plus devenue une nécessité absolue dans la mesure où les bruits commencent actuellement à circuler dans la SAVA  sur la préparation d’attaques en série, par des bandes organisées au niveau des opérateurs de la filière vanille.  En somme, la situation explosive qui pourrait survenir dans  les zones de production de la vanille sera l’occasion pour le gouvernement de  montrer sa capacité d’anticipation et de réaction face à une crise.

R.Edmond.

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3 Comments - Write a Comment

  1. Exactement, pourquoi vouloir breder notre richesse?

  2. la hausse de prix provoque le problème de recruté, le filière poivre aussi rencontre le même problème ici Analalava, premier district producteur de poivre dans l’ex province de Majunga

  3. Le prix de vente au détail en France… 1 € la gousse…ce n’est pas le pays exportateur qui doit se soucier d’une hausse de prix..la vanilline ne concurrence pas la noblesse du produit vanille… Madagascar choisit souvent de brader ses richesses ….pourquoi ?

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