Secteur industriel : Les conditions préalables pour son développement discutées

Madagascar doit se concentrer sur le développement de ses industries de textile, selon Lindsay Whitfield, Associate Professor de l’Université de Roskilde.
Madagascar doit se concentrer sur le développement de ses industries de textile, selon Lindsay Whitfield, Associate Professor de l’Université de Roskilde.

Tous les acteurs concernés comme le SIM, le ministère de l’Industrie et bien d’autres entités se sont réunis afin d’entamer un processus visant à doter Madagascar d’une politique industrielle efficace, et ce, en collaboration avec la FES.  

« Politique de politique industrielle en Afrique. Quels facteurs expliquent le développement industriel ? Et Madagascar ». Tel a été le thème débattu lors d’une conférence organisée par la Fondation Friedrich Ebert Stiftung vendredi dernier à l’hôtel Le Louvres à Antaninarenina. Lindsay Whitfield, Associate Professor de l’Université de Roskilde au Danemark, de nationalité américaine étant le principal intervenant à cette conférence suivie de discussion entre tous les acteurs concernés au développement industriel à Madagascar. Elle est parmi les chercheurs les plus renommés en matière de politique industrielle en Afrique et co-auteur du livre intitulé « The Politics of African Industrial Policy : a comparative perspective ».

Politique industrielle. L’objectif de cette conférence est de discuter des conditions préalables pour un développement industriel réussi en Afrique en général, et à Madagascar en particulier. Lors de son intervention, Lindsay Whitfield a évoqué les facteurs bloquant  au développement des industries à Madagascar. Il s’agit entre autres, de manques d’infrastructures, de faible productivité, de l’énergie, d’une formation adaptée pour les besoins des industries et de problème de compétitivité ainsi que de la difficulté d’accès au financement et du manque de fournisseurs d’intrants. « C’est la raison pour laquelle, une politique industrielle s’avère nécessaire. Et cela doit être spécifique à chaque secteur. En outre, la volonté politique du gouvernement à soutenir les industries locales s’impose. », a-t-elle soulevé.

Transformation économique. D’aucuns reconnaissent en fait que l’industrialisation est la base de développement d’un pays. On devrait ainsi avancer vers la transformation économique et non pas se cantonner à la réduction de la pauvreté. Pour ce faire, « cette transformation économique implique un ensemble de processus inter-connectés tels que l’augmentation de la productivité agricole, la diversification des exportations ainsi que la remise à niveau et le renforcement de capacité des industries locales afin de créer plus de valeur ajoutée. L’attrait des Investissements Directs Etrangers permettra d’apporter des avancées technologiques pour entreprises dans les pays en développement. Mais une économie fondée sur les capacités technologiques des firmes étrangères est souvent fragile. En effet, ces entreprises étrangères peuvent partir à tout moment suivant les décisions des maisons-mères lorsque les conditions économiques changent. Par contre, les industries locales sont obligées de mettre à niveau ou de s’orienter vers de nouvelles activités économiques », a exposé cet expert international.

Industries de textile. Par ailleurs, Lindsay Whitfield a expliqué que Madagascar doit se concentrer sur le développement de ses industries de textile étant donné qu’il y a une forte potentialité comparée au cas du secteur de textile de l’Ethiopie. Mais cela nécessite une volonté politique de l’Etat via la mise en œuvre d’une politique industrielle adéquate. En effet, « il faut soutenir ces industries à renforcer leurs capacités tout en répondant à leurs contraintes surtout en matière de compétitivité. Le constat, c’est que ces entreprises franches ont pu se développer en dépit de l’appui du gouvernement. Leurs avantages ont été également grignotés. Il faut entre autres, résoudre le problème de remboursement de la TVA tout en cherchant un système plus approprié », a-t-elle conclu.

Fonds de garantie. Pour le Syndicat des Industries de Madagascar, il soutient le projet de loi sur le développement de l’industrie à Madagascar tout en réclamant la mise en place effective du Fonds National au Développement de l’Industrie. Cela devrait être un système de financement comme le KFW qui constitue un fonds de garantie national permettant aux industries d’accéder au crédit avec des taux bonifiés. Mais force est de reconnaître que les conflits d’intérêts constituent un autre facteur bloquant au développement industriel dans le pays.

Navalona R.

 

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