Affaire bois de rose à Singapour : La société importatrice acquittée par la Justice

Jacaranda
Le bois de rose malgache est devenu une ressource pillée.
Le bois de rose malgache est devenu une ressource pillée.

Entre temps, le Secrétariat de la CITES recommande l’embargo de l’exportation  de toutes les espèces faunistiques et floristiques de Madagascar en préparation de la Conférence des Parties en septembre prochain à Johannesburg.

La justice de Singapour a finalement tranché hier sur l’affaire de près de 30 000 rondins de bois de rose importés de Madagascar en novembre 2014. En effet, la société importatrice Wong Wee Keong a été acquittée par cette justice singapourienne. « L’Etat malgache a déclaré qu’il ne veut pas être un  témoin dans cette affaire. D’autant plus qu’il n’a pris aucune responsabilité pour confirmer ou non l’authenticité de l’autorisation d’exportation de ses ressources naturelles. Cela peut constituer ainsi une des causes influençant la décision du tribunal de la Ville-Etat dans cette affaire. Mais en dépit de tout cela, il se pourrait que son Parquet fasse un Appel », a évoqué Ndranto Razakamanarina, le Président du Conseil d’Administration de l’AVG (Alliance Voahary Gasy), qui est une plateforme des organisations de société civile œuvrant pour  l’environnement.

Recommandations. Notons que ce verdict sera prononcé officiellement par la justice de Singapour dans deux ou trois semaines. Mais en attendant, l’AVG maintient sa position que l’importation de ces 30 000 rondins portant une valeur de près de 50 millions USD par cette entreprise chinoise est toujours illégale. L’ancien Premier ministre, Jean Ravelonarivo l’a déjà affirmé. Et ce procès de Singapour aurait dû être un exemple concret exprimant la volonté réelle de l’Etat malgache de respecter les trois recommandations exigées par la CITES. Il s’agit notamment de l’inventaire de tous les stocks de bois de rose, saisis et déclarés par les opérateurs. Pour l’heure, ce n’est que les 28 666 rondins de bois de rose saisis et confisqués qui ont été inventoriés tandis que l’inventaire des 300 000 rondins déclarés par les opérateurs n’a pas été fait jusqu’à présent. Ensuite, l’Etat doit prendre des mesures concrètes pour sanctionner les trafiquants en se référant entre autres au procès de Singapour. Et la troisième recommandation constitue la lutte contre toute exploitation et exportation illicite des bois précieux. Mais, près de 7 000 rondins  de bois de rose ont été saisis à Hong Kong en octobre 2015. Et d’autres embarquements ont eu lieu, il y a quelques mois à Sainte-Marie, d’après le PCA de l’Alliance Voahary Gasy.

Position très forte. Par ailleurs, suite à l’ineptie complaisante et historique de l’Etat malgache par rapport aux recommandations apposées à Genève en janvier 2016, la position du Secrétariat de la CITES concernant le bois de rose malgache, en préparation du prochain Comité Permanent, qui se tiendra à Johannesburg en septembre, vient d’être rendue publique. Dans son site, ce Secrétariat recommande l’interdiction de l’exportation pour toutes les espèces faunistiques et floristiques inscrites aux annexes de la CITES. « C’est une position très forte pour laquelle nous avons plaidé depuis plusieurs mois, dans le dessein de signaler à la communauté internationale le manque de progrès et de volonté du gouvernement malgache sur ce dossier », a soulevé Ndranto Razakamanarina. Et il a rajouté que l’AVG soutient cette position. « Nos prédictions s’avèrent cohérentes. Malgré tout, la plateforme des organisations de la société civile est toujours prête à donner la main pour redresser la situation et l’image de Madagascar. Ceci est vraiment malheureux pour le pays surtout pour les opérateurs légaux créant des milliers d’emplois, qui paient les prix. Les dirigeants doivent en être conscients », a-t-il conclu.

Navalona R.

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  1. Je vous pose quelques questions:

    1) Le bois de rose n’existe t-il pas qu’à Madagascar, puisque je n’ai jamais entendu parlé dans les autres pays que ce soit en Afrique ou ailleurs

    2) S’il a de grande valeur marchande pourquoi ne pas les exploiter et les vendre mais de le laisser tapisser dans la forêt pour être réduit en cendre par les feux de brousse ou volé par les trafiquants

    3) Ou attendre pour quelle génération

    Remarque: J’ai vu dans un interview que des bois de rose déjà coupés gisent au soleil à Tamatave au vu et au su de tout le monde

    Veuillez répondre si vous avez des idées ou solution mais tout simplement de parler de trafiquants

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