Société SOMIA : 372 paysans réclament la reprise de ses activités

Jacaranda
Les paysans voulant travailler avec la société SOMIA ne veulent plus que le calendrier cultural soit perturbé par les squatters minoritaires. (Photo d’archives)
Les paysans voulant travailler avec la société SOMIA ne veulent plus que le calendrier cultural soit perturbé par les squatters minoritaires. (Photo d’archives)

Ils reconnaissent les retombées économiques positives pour la commune rurale de Mangabe depuis l’installation de cette entreprise de droit « malagasy ». 

 

Un consensus a été trouvé entre la société de droit « malagasy » SOMIA (Société Malgache d’Industrie Agricole) exploitant une superficie totale de 650 ha dans la commune rurale de Mangabe, district de Maevatanàna ainsi qu’un groupe de paysans squatterisant ce terrain depuis 2013. Cette entreprise dirigée par des nationaux est maintenant en phase de préparation de la prochaine campagne de production rizicole, suite à la décision du tribunal de première instance de Maevatanàna l’autorisant à expulser ces squatters. D’autant plus, 372 paysans issus de cette commune rurale réclament la reprise de ses activités en faisant une pétition afin qu’ils puissent avoir des revenus, selon leurs dires.

 

Décision du tribunal. Rappelons que les activités de SOMIA ont été mises en veille en 2013. Elle a ainsi décidé de louer ses deux lots de parcelles de terrain sis à Mangabe et à Ambinanikely à la population locale et ce, sur un contrat bien défini. Ce contrat bipartite touche à son terme, mais des exploitants contractants ont refusé de céder le terrain à son propriétaire qui dispose en bonne et due forme d’un titre foncier. L’affaire a été portée devant la justice. Et la société SOMIA a eu gain de cause. Le Chef de région de Betsiboka accompagné par le Préfet et les forces de l’ordre ont ordonné les squatters de quitter les lieux, car il s’agit d’un terrain titré et borné. La majorité d’entre eux ont accepté d’exécuter cette décision du tribunal tandis que quelques dizaines de squatters refusent de le faire, car ils seraient soutenus par certains politiciens, a-t-on appris de source locale. Mais dans le cadre de ce consensus, la société SOMIA a également alloué un tiers de ses parcelles au profit des squatters pour cette campagne de production rizicole.

 

Développement socio-économique. Pour les 372 paysans qui revendiquent la reprise des activités de SOMIA, ils en témoignent que cette entreprise a beaucoup contribué au développement socio-économique de la commune depuis son installation il y a des années à Mangabe. A titre d’illustration, la société y a construit des églises et des infrastructures de base comme une école tout en réalisant une adduction en eau potable pour la population locale. En cas de maladie, « ses véhicules ou ses tracteurs ont été mobilisés pour transporter les patients à Maevatanàna », a raconté Razakatiana Innocent, représentant la population de Mangabe. Quant à Rasoanindrina Louisette, une mère de famille, elle en témoigne que le pouvoir d’achat des ménages n’a cessé de se dégrader depuis la suspension des activités de la société faute d’emploi. La jeune Ranivotiana Hoby Minah a également rajouté que la vie des jeunes s’est dégradée en raison de la recrudescence de la délinquance, de la consommation de drogue et des grossesses précoces. « Les paysans ayant exploité légalement le terrain de SOMIA sous un contrat et regroupés au sein d’une association, ont accepté de restituer son bien, car nous reconnaissons les opportunités offertes par cette société pour ne citer que la création d’emplois », a soulevé Liaraike Tovontsoa Charles, le président de l’association.

 

200 emplois. En fait, SOMIA projette de créer 200 emplois au minimum dans le cadre de ses activités rizicoles. La construction des infrastructures de base comme les routes et les écoles et le centre de santé, ne sont pas en reste, à part l’électrification de ses zones d’intervention. Elle appuie également les forces de l’ordre dans la lutte contre l’insécurité. Son projet étant de produire au minimum 5 tonnes de riz/ha. Si tous les 650ha sont exploités, la prévision de production sera de 3 250 000kg. Ce qui permet à la commune rurale de Mangabe d’encaisser une ristourne de 20 Ar/kg, soit une valeur totale de 65 millions d’Ariary. Raison pour laquelle, « nous soutenons tous la reprise des activités de la société SOMIA compte tenu de ce développement socio-économique de la commune, voire de la région », a évoqué Ratsimbazafy Jean Magloire, Assistant parlementaire du député Rasoarimalala Georgette. La société est maintenant en phase de préparation de la campagne culturale. Et les paysans bénéficiaires ne veulent plus que le calendrier cultural soit perturbé par des squatters minoritaires.      

Navalona R.

Telma Fibre Vibe

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