Filière riz : 80% de pertes de production à combler par les importations

Réunion du Ministère du Commerce et de la Consommation, avec les opérateurs de la filière riz, hier à la Chambre de Commerce et de l’Industrie.

La sécheresse a de graves impacts sur l’agriculture. La filière riz en paie le prix fort, comme beaucoup d’autres d’ailleurs.

 

Rizières sèches, prix à la hausse, insuffisance de l’offre de PPN (Produits de première nécessité)… ont été observés dans la Capitale, depuis quelques semaines. Hier, le ministre du Commerce et de la Consommation, Tazafy Armand a annoncé officiellement une distorsion sur le marché du riz. Une flagrante baisse de la production a été observée pour cette saison, d’après ses dires. « On n’a pu récolter que 20% de la production à cause du manque d’eau. L’importation est la seule solution pour satisfaire la demande », a-t-il affirmé, hier, lors d’une rencontre avec le secteur privé, dans les locaux de la Chambre de Commerce et d’Industrie d’Antananarivo, à Analakely. Ce problème d’eau a fortement affecté la production rizicole, alors que c’est le premier PPN que les malgaches consomment. De ce fait, Madagascar doit importer les 80% de production manquante, en plus de ce que l’on importe habituellement. D’après le ministre Tazafy Armand, du riz importé est déjà attendu pour constituer les provisions qui, normalement, devraient suffire pour 6 à 7 semaines de consommation.

Baisse de l’offre. Certes, la production locale est loin de pouvoir satisfaire la demande. Des importations venant d’Inde, Pakistan, Thaïlande, Singapour sont déjà prévues. Mais le ministère du Commerce et de la Consommation a également évoqué la possibilité d’importer de Vietnam, suite à un mémorandum établi. En ce qui concerne les rumeurs sur le riz plastique, le ministre a bien souligné que ces importations suivront toutes les analyses et procédures obligatoires. La mise en vente ne peut se faire qu’après obtention de certificat de consommabilité, d’après les explications. « Les producteurs commencent à mettre de côté leurs productions par crainte de pénurie. Ces réserves seront, au fil du temps, mises en vente avec de légères hausses de prix », nous a confié un des opérateurs présents à la rencontre d’hier.  Ce phénomène a entraîné récemment une hausse de prix sur le marché.  De son côté, le ministre a précisé que les prix seront fixés par la loi de marché. « Le Gouvernement n’imposera aucun prix pour les produits importés. C’est aux opérateurs de déterminer leurs prix. Mais une collaboration avec le secteur privé serait l’idéale, le gouvernement ne sera qu’un intermédiaire concernant le prix. Il devrait y avoir un terrain d’entente entre les fournisseurs et les consommateurs pour fixer ce prix ».

Manque de visibilité. Une plateforme sur le riz est déjà en place pour les informations concernant cette filière. Pour certains opérateurs, ces informations sont encore floues. « Dans la filière riz, les opérateurs traditionnels ne représentent plus que 5% de l’ensemble à Madagascar. Le prix CAF du riz est de 350 USD la tonne. Si l’on se réfère aux coûts, le prix de revient au Port de Toamasina devrait être de 65 000 Ariary, pour un sac de 50 kilos. Et pourtant, le prix du marché est entre 59 000 et 61 000 Ariary. Cette ambigüité engendre des hésitations chez les opérateurs traditionnels », a évoqué l’un d’eux. En réponse à cette intervention, le Ministre a ainsi affirmé que la cartographie des besoins est déjà disponible.

Koloina H. (Stagiaire)

 

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