Filière aurifère : Plus de 800kg d’or déclarés à l’exportation


Jacaranda

Le ministre auprès de la Présidence en charge des Mines et du Pétrole, Zafilahy Ying Vah, présentant le diagnostic du secteur aurifère. (Photo : Yvon Ram)

Toutes les parties prenantes sont consultées afin d’élaborer une stratégie de gouvernance de ce secteur dans une démarche inclusive et participative.

Durant la période coloniale, l’exportation officielle de l’or de Madagascar a atteint 3 tonnes, plus précisément en 1918. Depuis l’indépendance, la quantité d’exportation déclarée ne cesse de diminuer au fil des ans. En 1995 et en 2008, les exportations aurifères officielles se chiffraient respectivement à 39kg et à 50kg. Par contre, seuls quelques grammes d’or exportés ont été déclarés pour les autres années. « C’est honteux, mais c’est la réalité. Et depuis la mise en place de l’Agence Nationale de la filière Or (ANOR), en 2015, la quantité d’or exportée et déclarée était de 580kg l’an dernier. C’est la plus grande quantité enregistrée depuis l’indépendance. Et les résultats des efforts entrepris depuis ces derniers temps ont été encourageants. En effet, plus de 800kg d’or ont été déclarés à l’exportation lors de ces trois premiers mois de l’année », a annoncé le ministre auprès de la Présidence en charge des Mines et du Pétrole, Zafilahy Ying Vah, lors de l’ouverture de l’atelier national d’élaboration d’une stratégie de gouvernance de la filière or hier à l’hôtel Panorama.

500 000 orpailleurs.  « Il est fort propable que l’exportation aurifère officielle de Madagascar dépassera plus d’une tonne cette année. Et ce sera la première fois depuis l’indépendance. Mais en dépit de tout cela, les retombées économiques de l’exploitation de ce produit aurifère  aussi bien pour les Collectivités Territoriales Décentralisées que pour l’Etat restent encore faibles voire dérisoires. En plus, ce secteur stratégique demeure dominé par des trafics et des exploitations illicites, qui plus est caractérisé par des phénomènes de ruées », a-t-il poursuivi. Face à cet état de fait, le ministère auprès de la Présidence, en charge des Mines et du Pétrole, via l’ANOR a entrepris des actions visant à formaliser les orpailleurs qui sont estimés à plus de 500 000 personnes dans tout Madagascar. « Toutefois, ce n’est qu’une étape. L’objectif ultime consiste à assurer des retombées tangibles pour l’Etat, les Collectivités Territoriales Décentralisées et la population en général. Et cela ne peut être atteint sans la maîtrise de la traçabilité de l’or depuis l’exploitation en passant par la collecte et la commercialisation jusqu’à son exportation », a soulevé Tiavina Ranoroarisoa, le Directeur général par intérim de l’ANOR. Notons que plus de 38 000 cartes d’orpailleurs ont été délivrées, mais seulement 1/10 de ces cartes ont été distribuées par les communes concernées, et ce, par manque de volonté ou de sensibilisation de ces dernières.

Démarche inclusive. Par ailleurs, le ministre Zafilahy Ying Vah a effectué un diagnostic du secteur expliquant les raisons des faibles retombées de l’exploitation aurifère pour le pays lors de cet atelier. Il s’agit entre autres, de l’existence des acteurs informels, de l’insuffisance de suivi et contrôle du système déclaratif de la production des orpailleurs, de la lourdeur administrative, de l’incohérence et de l’obsolescence des textes et du vide juridique, de l’évasion parafiscale et le blanchiment de la production dans les communes non productives. En outre, « des dispositions légales stipulent que les orpailleurs ne peuvent pas utiliser des équipements matériels et motorisés. C’est appliqué depuis l’ère coloniale jusqu’à maintenant alors qu’on est au XXIe siècle. Et la difficulté de la maîtrise des frontières facilite les exportations illicites de l’or. Des solutions ont été avancées, mais dans le cadre de cet atelier, toutes les parties prenantes dont entre autres, les ministères concernés par ce secteur transversal, les CTD, les élus, les opérateurs, la société civile, la Chambre des Mines de Madagascar, le Comité National des Mines ainsi que d’autres entités comme la Banque Centrale, sont consultées afin d’élaborer une stratégie de gouvernance du secteur, et ce, dans une démarche inclusive et participative », a-t-il conclu.  

Navalona R.

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