Violence économique : Prédominance dans les Violences Basées sur le Genre (VBG)

Jacaranda
La lutte contre les VBG constitue un facteur de développement socio-économique non négligeable.

Selon la TAZ (Trano Aro Zo), clinique juridique sise à Andohatapenaka et traitant des cas de VBG et de la protection de l’enfance, la majorité des plaintes déposées en matière de VBG relève de la violence économique. Sans pour autant éclipser les cas de violences physiques ou psychologiques, celle-ci se fait donc de plus en plus pressante.

 Cela résulterait en partie de la conjoncture socio-économique actuelle faisant des questions pécuniaires, un motif de lobbying très efficace. Pour faire pression sur ces dames, ces messieurs choisiraient donc de se soustraire délibérément au paiement de leur obligation alimentaire vis-à-vis de leur progéniture. Réciproquement, ces dames sont nombreuses à réclamer des compensations financières pour les préjudices qu’elles ont subis…

Loi 2007/022/20.05.07. Bien que le non-paiement de l’obligation alimentaire constitue d’un réel préjudice, en réclamer le paiement ne se fait pas au mot. Il s’agit d’une procédure administrative régie par une loi. La loi du 2007/022/20.05.07, qui stipule que le paiement d’une obligation alimentaire est soumis à plusieurs conditions. D’abord, il faut que le père de l’enfant l’ait reconnu officiellement, il s’agit de la condition sine qua non. Ensuite, il faut que celui-ci soit dans la faculté de s’acquitter de cette obligation financière, c’est-à-dire qu’il ait un emploi formel, une fiche de paie, etc. Enfin, la mère et par extension, son enfant devraient être dans le besoin.

Faculté. A bien des égards, ces deux dernières conditions s’avèrent problématiques. Tout d’abord en ce qui concerne la seconde, il n’est pas rare, voire courant, qu’un père œuvrant dans l’informel n’ait aucune fiche de paie, donc pas de travail déclaré, tout en étant millionnaire, donc en pleine faculté de s’acquitter de ses obligations financières. Ainsi dans un tel cas de père « mahitahita » ou « mpanao afera », la réclamation risque fort de tomber à l’eau…Raison pour laquelle, certains optent pour un arrangement à l’amiable, sans passer par la case administration, selon le dicton « Le linge sale se lave en famille ».

Dans le besoin. Il est peu accommodant qu’une mère soit obligée d’être dans le besoin pour réclamer l’obligation alimentaire du père de son enfant, vu qu’il s’agit d’un devoir pour celui-ci. Que la femme soit nantie ou pas, cela n’enlève en rien le droit des enfants à être pris en charge ne serait-ce que partiellement par leur géniteur. D’autant plus que d’après nos interlocuteurs, les VBG, qu’elles soient économiques, physiques, ou psychologiques concernent également les classes aisées, voire bourgeoises. Les femmes commencent petit à petit à s’enquérir de leurs droits et des procédures à suivre pour leur application, ce qui relève en partie de la mission principale des cliniques juridiques, comme celle qui nous a reçue.

Luz R.R

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