Exportation : « De nombreuses filières en danger », dénonce Faly Rasamimanana, DG de Faly Export

Jacaranda
Faly Rasamimanana, le DG de Faly Export expliquant les pratiques de RSE lors du forum agri-business en Turquie.

Une approche inclusive s’impose en renforçant le dialogue public-privé avec la participation des bailleurs de fonds dans l’élaboration des projets de développement des filières.

Le Directeur général de la société  Faly Export, Faly Rasamimanana, opérant dans des filières d’exportation, tire la sonnette d’alarme. En effet, nombreuses sont les filières en danger  en raison des problèmes sociaux et environnementaux. La qualité des produits destinés à l’exportation laisse à désirer. Et une perte de compétitivité de ces produits n’est pas en reste sur le marché international. « Les séances de sensibilisation et les formations techniques des producteurs ne suffisent plus. Il faut faire un état des lieux tout en identifiant l’origine de ces problèmes en impliquant le secteur privé dans des activités de RSE», a-t-il évoqué.

Survie. Pour la filière vanille faisant la renommée de Madagascar, le taux de vanilline a connu une forte baisse à cause de la recrudescence des vols de la vanille verte sur pied. « Des producteurs sont complètement découragés. Malgré l’existence des vindictes populaires, les voleurs de vanille risquent encore leur vie, car il s’agit d’une question de survie », a-t-il poursuivi. Pour la filière pois du cap, le prix a flambé étant donné la diminution du volume de production. Du coup, certains consommateurs des pays de l’Océan Indien commencent à changer leur habitude alimentaire. « C’est également un danger pour Madagascar », a enchaîné Faly Rasamimanana. Et parlant de la filière haricot de Miandrivazo, plusieurs familles de producteurs souffrent d’une maladie de bilharziose. « Ils ont tout dépensé pour acheter des médicaments. Ils n’ont plus rien pour se procurer des semences améliorées et payer le coût de la main d’oeuvre. Ce qui entraîne la baisse tant en quantité qu’en qualité de la production », a-t-il dénoncé. Au niveau de la filière arachide, les paysans ont hâte de cueillir les produits immatures afin de régler leurs dettes au quotidien. « En conséquence, les arachides deviennent toxiques à cause du taux élevé de l’aflatoxine. Pour la filière black eyes, une baisse de la production est aussi constatée puisque c’est infesté par des insectes. En effet, les paysans n’ont plus les moyens d’acheter des produits phytosanitaires servant à les éliminer », a fait savoir le directeur général de Faly Export. Et lui de rajouter que les pays concurrents ne cessent d’améliorer leurs offres en investissant, entre autres, dans les recherches alors qu’à Madagascar c’est plutôt l’inverse.

Approche inclusive. Face à cet état de fait, cet opérateur suggère de revoir en priorité les problèmes sociaux des producteurs tout en se souciant des problèmes environnementaux sinon le pays risque de perdre sa part de marché sur le plan international. « Une approche inclusive s’impose ainsi en renforçant le dialogue public-privé avec la participation des bailleurs de fonds et les autres entités concernées dans l’élaboration des projets de développement des filières, entre autres. Aujourd’hui, l’on prône que Madagascar soit le grenier de l’Océan Indien, mais il faut d’abord mettre en place des mesures d’accompagnement pour éviter les mauvaises pratiques environnementales telles que les feux de brousse et les cultures sur brûlis sinon on risque d’avoir un problème de sécurité alimentaire grave avec d’autres effets néfastes. On a déjà soulevé le cas d’Andekaleka, il y a sept ans, lors d’une réunion des opérateurs au Club Nautique de Toamasina, mais le délestage sans précédent est survenu faute de prise de responsabilité sur la question environnementale », a-t-il conclu.   

Navalona R.

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