Perspectives économiques 2017 : Indicateurs favorables pour Madagascar, selon la BAD

Jacaranda
Madagascar participe aux assemblées annuelles de la BAD, qui se tient en Inde, depuis hier.

L’édition 2017 du rapport sur les Perspectives en Afrique a été présentée hier, dans le cadre des 52es Assemblées Annuelles de la Banque Africaine de Développement (BAD), qui se tient à Ahmedabad en Inde.

« Les Gouvernements africains doivent miser davantage sur les entrepreneurs africains, pour industrialiser leur économies ». Ce sont les grandes lignes du rapport phare « Perspectives économiques en Afrique », publié hier par le Groupe de la BAD. En effet, 54 pays ont été notés dans ce rapport. Pour Madagascar, les perspectives sont bonnes, dans l’hypothèse où l’environnement politique est stable, et la mise en œuvre des réformes structurelles se poursuivent. En effet, après cinq années de faible croissance, l’économie malgache a progressé de 4% en 2016 et devrait s’élever à 4,5% en 2017. Pour l’ensemble des pays d’Afrique, la croissance économique a affiché une moyenne de 2,2% en 2016. D’après les explications, cette faible performance a été engendrée par le recul des cours mondiaux de matières premières, de la faiblesse de la reprise mondiale et de conditions climatiques défavorables, qui ont affecté la production agricole dans certaines régions. Cependant, ce taux de croissance africain devrait rebondir à 3,4% en 2017 et à 4,3% en 2018, si l’évolution des cours de matières premières et la reprise de l’économie mondiale, ainsi que les réformes macroéconomiques nationales se confirment.

Conditions. D’après le rapport, pour rattraper son retard en matière d’industrialisation et favoriser une croissance inclusive, Madagascar doit mener à bien sa stratégie de développement des zones économiques spéciales (ZES), tout en aidant les très petites entreprises à se transformer avec l’aide d’un secteur financier adapté aux besoins des « jeunes pousses ». En outre, la performance de l’économie dépendra, à terme, des efforts de stabilisation du cadre macroéconomique, d’une amélioration de l’environnement des affaires pour attirer l’investissement privé, et du renforcement de la gouvernance, notamment de Jirama. Toujours d’après le rapport, les perspectives économiques sont également subordonnées à la capacité des autorités et des acteurs à promouvoir un environnement politique apaisé favorisant la stabilité. « Les autres risques à moyen terme sont les chocs climatiques récurrents (sécheresse au sud de l’île, inondations au nord). L’inflation devrait se maintenir à 7.0 % en moyenne annuelle à condition que les cours pétroliers se maintiennent sur le marché international et que le nouveau statut de la Banque centrale lui permette de renforcer son indépendance en matière de politique monétaire et d’orientation financière », ont indiqué les techniciens de la BAD.
Développement humain. Par ailleurs, le contexte social reste marqué par la pauvreté, la malnutrition et les inégalités croissantes, elles-mêmes attisées par une croissance démographique de 2.8 % par an. La population est relativement jeune, avec 76.2 % de moins de 35 ans. Selon le rapport, le marché du travail est dominé par le sous-emploi et la précarité de l’emploi. Quatre travailleurs sur cinq ont un emploi fragile (faiblement rémunéré, ou/et précaire), alors que 400 000 jeunes arrivent chaque année sur le marché du travail.
Industrialisation. Avec une part de 14.8 % dans le PIB, l’industrie malgache est très en retard par rapport à de nombreux pays africains. Cependant, le pays regorge d’entreprises de très petite taille, dont la majorité évolue dans le secteur informel. D’après les Perspectives économiques 2017, pour répondre aux défis d’une transformation structurelle de l’économie propice à une croissance économique plus inclusive, le pays a besoin de combiner sa politique de développement avec une politique de promotion de l’entrepreneuriat, notamment auprès des jeunes. « Une telle approche suppose un cadre institutionnel et réglementaire propice au développement des entreprises de très petite taille, et, d’autre part, la mise en place d’un éventail d’incitations susceptibles d’améliorer leur productivité. Parmi ces incitations, il paraît crucial d’instaurer des services financiers accessibles et adaptés. Et pour intégrer les synergies entre entrepreneuriat et industrialisation, il faudra accentuer les politiques de soutien à l’innovation, notamment en créant des services financiers adaptés aux besoins des jeunes pousses ou start-up », indique le rapport.

Antsa R.

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